France : Les «difficultés financières» feront du budget 2026 «un cauchemar», anticipe la porte-parole du gouvernement
«Tout le monde sera mis à contribution» pour tenir l’objectif de réduction du déficit, a prévenu Sophie Primas.
Après avoir adopté le budget 2025 en retard et dans la douleur, l’exécutif s’attend à de nouveaux travaux difficiles cette année. Le budget 2026 va être «un cauchemar» à préparer, a anticipé la porte-parole du gouvernement Sophie Primas sur Public Sénat ce mercredi 26 mars. Une expression sans pincettes que Bercy a tempérée. «C’est une tournure qui a un côté un peu illustré pour rendre le propos accessible. Mais, ce qu’il faut retenir, c’est que d’un cauchemar on peut se réveiller», commente un conseiller. «Il faut que tout le monde comprenne la difficulté de la situation».
«C’est un budget très difficile, a, en effet souligné la porte-parole. Faire passer le déficit de l’État de 5,4 à 4,6% du PIB, plus faire face aujourd’hui aux nouveaux challenges qui sont des challenges de réarmement et d’investissement dans notre industrie de la défense, ce sont des difficultés qui s’additionnent.»
Cible de déficit
En réalité, la cible de 4,6% du PIB de déficit en 2024 évoquée par la porte-parole correspond à celle actuellement inscrite dans la dernière trajectoire budgétaire envoyée à Bruxelles par le précédent gouvernement, fin octobre.
Or, ce document prévoyait également de ramener le déficit de cette année à 5% ce qui n’est plus l’ambition du gouvernement actuel, qui vise plutôt 5,4%. Bercy travaille d’ailleurs à envoyer une nouvelle trajectoire à Bruxelles dans les prochaines semaines. Dans ces nouveaux engagements budgétaires « la cible de déficit 2026 pourrait bouger ou ne pas bouger», y indique-t-on prudemment même si la dégradation des prévisions de croissance pour cette année et la révision à la hausse de l’objectif pour 2025 rendent plus crédible la première option. Début février, le ministère indiquait d’ailleurs que la cible de déficit pour 2026 serait probablement moins ambitieuse tout en restant sous les 5%.
Quel que soit l’objectif de réduction de déficit in fine, «chacun sera mis à contribution», prévient Sophie Primas sans rentrer dans les détails des économies ou efforts envisagés. «Il va y avoir une grande conférence sur les finances publiques en avril qui va associer tout le monde, car le premier ministre veut absolument aujourd'hui que ce budget 2026, qui va être un cauchemar tant les difficultés financières sont importantes, soit partagé», a-t-elle précisé.