"Emmanuel ne comprend jamais rien" : la relation houleuse Macron-Trump en 10 phrases
"Volontairement ou pas, Emmanuel ne comprend jamais rien." Après son départ anticipé du G7(nouvelle fenêtre), lundi 16 juin au soir, Donald Trump a reproché à Emmanuel Macron de n'avoir "rien compris" à ses intentions(nouvelle fenêtre) dans la guerre israélo-iranien. "Pour se faire de la publicité, il a dit par erreur que j'avais quitté le sommet du G7 au Canada pour retourner à Washington pour travailler à un 'cessez-le-feu' entre Israël et l'Iran. Faux !", a-t-il tempêté sur son réseau Truth Social(nouvelle fenêtre).
"Il n'a aucune idée de la raison pour laquelle je suis maintenant en route pour Washington, mais cela n'a certainement rien à voir avec un cessez-le-feu", a assené le président des États-Unis, peu après avoir quitté le rassemblement dans les Rocheuses canadiennes, un jour plus tôt que prévu(nouvelle fenêtre). "C'est beaucoup plus gros que ça."
Cette nouvelle diatribe du locataire de la Maison Blanche à l'encontre de son homologue français est le énième épisode de la relation particulière qu'ils entretiennent. Une complicité surjouée, faite de gestes virils et d'attaques caustiques, qui symbolise de profonds désaccords.
Macron détourne le slogan de Trump
1ᵉʳ juin 2017. Débutée dans un climat cordial, après un premier tête-à-tête amical fin mai, leur entente connaît son premier soubresaut. En réaction à l'annonce de Trump de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, qu'il qualifie de "faute pour l'avenir de notre planète", Emmanuel Macron prononce un discours en anglais à l'adresse des citoyens américains. Une prise de parole qu'il conclut par un "Make Our Planet Great Again" ("Rendez sa grandeur à notre planète"). Un détournement volontaire du slogan de campagne "Make America Great Again" ("Rendez sa grandeur à l'Amérique") de son homologue.
Trump retire "les pellicules" de Macron
24 avril 2018. Premier dirigeant étranger à effectuer une visite d'État à Washington lors du premier mandat de Trump, le président français reçoit une attention pour la moins surprenante de son hôte. Dans le Bureau ovale, devant les caméras du monde entier, le milliardaire républicain époussète le costume de son homologue. "Nous avons une relation très privilégiée... D'ailleurs, je vais retirer ces quelques pellicules", sourit-il, face à un Macron quelque peu gêné. "Nous devons le rendre parfait ! Il est parfait !"
Macron critique "America First"
11 novembre 2018. Sur fond de guerre commerciale, Emmanuel Macron convie Donald Trump aux commémorations du centenaire de l'Armistice. Dans un discours sous l'Arc de Triomphe, face à lui, le locataire de l'Élysée fustige l'isolationnisme américain. "Le patriotisme est l'exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est la trahison", tonne-t-il. "En disant 'nos intérêts d'abord et qu'importent les autres !', on gomme ce qu'une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre : ses valeurs morales."
Vexé par ce qu'il vit comme une insulte, le président des États-Unis ne décolère. Deux jours plus tard, dans une pluie de tweets agressifs(nouvelle fenêtre), il critique l'impopularité de son homologue, le projet d'armée européenne et le taux de chômage en France. "Je préfère toujours avoir une discussion directe ou répondre aux questions plutôt que de faire ma diplomatie par des tweets", lui répond le dirigeant français.
Trump dénonce la "stupidité" de Macron
26 juillet 2019. Regain de tensions entre la France et les États-Unis. Donald Trump menace de taxer le vin français en représailles à l'imposition d'une taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies, dite taxe Gafa. "La France vient d'imposer une taxe numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu'un devait les taxer, cela devrait être leur pays d'origine, les États-Unis", tweete-t-il erratiquement. "Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J'ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français !"
"Personne ne parle pour les États-Unis"
9 août 2019. Quelques semaines après s'en être pris à la taxe Gafa, Donald Trump voit d'un mauvais œil l'intervention du président français dans le dossier iranien. Il réfute le rôle de médiateur que ce dernier aurait reçu pour parler avec Téhéran au nom du G7. "L'Iran a de graves problèmes financiers. Ils veulent désespérément parler aux États-Unis, mais reçoivent des messages contradictoires de la part de tous ceux qui prétendent nous représenter, parmi lesquels le président français Macron", peste-t-il sur Twitter(nouvelle fenêtre). "Emmanuel veut bien faire, comme tous les autres, mais personne ne parle pour les États-Unis à part les États-Unis eux-mêmes."
Macron pique "le sérieux" de Trump
4 mai 2020. Interrogé depuis l'Élysée sur la disponibilité des vaccins contre le Covid-19, Emmanuel Macron envoie une pique à peine voilée à Trump. "Personne de sérieux ne me dit que nous aurons des vaccins disponibles d’ici la fin de l'année... Personne de sérieux", lance le chef de l'État. La veille, le président américain avait annoncé être "confiant sur le fait que (nous aurons) un vaccin d'ici la fin de l'année".
Trump imite l'accent de Macron
6 janvier 2024. En meeting dans l'Iowa pour les primaires républicaines, le candidat Trump brocarde le président français. "Vous connaissez Macron ? C'est vraiment un très gentil garçon. Je lui ai dit : 'Emmanuel, j'ai entendu que vous alliez taxer les compagnies américaines de 25 %. (...) Si vous n'annulez pas cette mesure immédiatement, je vais taxer de 100% tous vos vins et champagne.'" Avant de poursuivre en imitant en anglais l'accent de son interlocuteur. "'Non, non, non, vous ne pouvez pas faire ça Donald !' D'accord, nous n'allons pas le faire. Fin de l'histoire. C'était si facile."
"C'est un futé"
24 février 2025. Huit ans après leur premier entretien à la Maison Blanche, les deux hommes rejouent leur numéro de camaraderie. Dans le Bureau ovale, le dirigeant américain raconte comment, après un dîner à la tour Eiffel en compagnie des premières dames, le président français avait entrepris de répondre, en français, aux journalistes. "Il n'y avait pas d'interprète, et il parlait, il parlait, et moi je hochais seulement la tête", relate-t-il devant une audience amusée. "Le lendemain, j'ai lu les journaux et j'ai réalisé que ce n'était pas ce que nous avions dit. C'est un futé, je vous le dis."
Macron corrige Trump
24 février 2025. Face aux journalistes, Emmanuel Macron se permet de recadrer Donald Trump publiquement. Alors que son hôte américain relativise, face à lui, la participation européenne dans l'aide apportée à l'Ukraine, le dirigeant français lui attrape le bras pour le couper. "Non, en fait, pour être franc, nous avons payé, nous avons payé 60% de l'effort total", intervient-il. "C'était un mélange, comme les États-Unis, de prêts, de garanties, de subventions."
"Pas ce qui se fait entre alliés"
15 juin 2025. Premier président français à se rendre au Groenland, Emmanuel Macron critique la volonté de Donald Trump d'annexer le territoire autonome danois. "Ce n'est pas ce qui se fait entre alliés", lance le chef de l'État, venu porter un message européen de "solidarité". Personne en Europe ne pense que l'île arctique est "à vendre ou à prendre".