« Make Iran Great Again » : Donald Trump évoque l’idée d’un « changement de régime » à Téhéran
Si le président américain avait toujours affirmé que les frappes américaines avaient pour objectif de contrer le programme nucléaire iranien, cette fois-ci, Donald Trump évoque l’idée d’un changement de régime dans de pays.
Après l’opération surprise « Marteau de minuit » avec le bombardement contre trois sites nucléaires iraniens ce week-end et le succès affirmé par le président des États-Unis, l’approche de Donald Trump est-elle en train de changer ?
« Il n’est pas politiquement correct d’utiliser le terme Changement de régime, mais si le régime iranien actuel est incapable de RENDRE L’IRAN GRAND À NOUVEAU, pourquoi n’y aurait-il pas un changement de régime ??? », a déclaré, dimanche soir, Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Jusqu’à présent le chef d’État et son entourage ont justifié cette opération pour mettre fin au programme nucléaire iranien. Mais maintenant que « des dommages monumentaux ont été causés à tous les sites nucléaires en Iran », selon les mots de Donald Trump, se pose la question de la suite des opérations. Or, le fait d’évoquer un changement de régime pourrait être un pas de plus.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou a déjà fait savoir que l’élimination du guide suprême iranien, Ali Khamenei était une option envisagée. « Toutes les options sont ouvertes, il vaut mieux ne pas en parler dans les médias », avait-il fait savoir en milieu de semaine. Mais jusqu’à présent, ce scénario ne semblait pas retenu par Washington. Donald Trump a déclaré qu’il était une cible facile. « Nous n’allons pas l’éliminer (le tuer !), du moins pas pour l’instant », avait écrit le président américain sur les réseaux sociaux. Mais, a-t-il ajouté, « notre patience a des limites ».
Il y a encore quelques semaines, il semblait que le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, pourrait être sur le point de conclure un accord avec les États-Unis. Les négociations entre les deux pays approchaient d’une décision. Les Américains proposaient même de lever les sanctions en échange d’un démantèlement du programme nucléaire iranien. Certains parlaient même de relations diplomatiques entre la République islamique et son ennemi juré. Et même, certains prédisaient une séance photo des deux chefs suprêmes se serrant la main.
Mais depuis l’attaque israélienne du 13 juin, Ali Khamenei n’a cessé de dénoncer « l’entité terroriste sioniste » soutenue par les Américains.
Un soutien de la population au régime de Téhéran
Sauf qu’au lieu de plier et même si l’Iran a subi un coup d’arrêt, le pays a menacé de s’en prendre aux bases militaires des États-Unis au Moyen-Orient en représailles aux frappes américaines faisant craindre un embrasement hors de contrôle de la région.
Un conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, a affirmé que les États-Unis « n’avaient plus leur place » au Moyen-Orient et qu’ils devaient s’attendre à des « conséquences irréparables » après leur attaque dans la nuit de samedi à dimanche. Ali Akbar Velayati, cité par l’agence officielle Irna, a averti que les bases utilisées par les forces américaines pour lancer des attaques contre les sites nucléaires iraniens seraient considérées « comme des cibles légitimes ».
De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a promis une « riposte » aux frappes américaines.
Et alors que le régime en Iran était de plus en plus contesté de l’intérieur, à Téhéran, des manifestants sont cette fois-ci descendus dans la rue pour crier « vengeance » contre les États-Unis, selon des images diffusées par la télévision d’État.
C’est pourquoi, les prochaines heures seront clés. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni dimanche en urgence, le secrétaire général Antonio Guterres a mis en garde, lui, contre un « cycle sans issue de représailles », qualifiant les frappes américaines de « tournant dangereux ».
Washington a réaffirmé que les États-Unis sont « prêts à discuter » avec l’Iran sur son programme nucléaire civil, a assuré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio. Mais pour son homologue iranien, Abbas Araghchi, les États-Unis et Israël « ont franchi une ligne rouge majeure ». Abbas Araghchi doit, en outre, rencontrer, ce lundi à Moscou le président russe Vladimir Poutine, dont le pays a dénoncé des bombardements « irresponsables ». Le poids d’alliés de l’Iran comme la Russie ou de la Chine sera déterminant pour ou non calmer le jeu.