MTC et bien-être : Comment les jeunes chinois et africains redécouvrent les secrets de la médecine chinoise ?
Auteur : Zhu Jingtian
Présentatrice, CGTN Français
Liqiu, terme solaire traditionnel annonçant l'entrée dans l'automne, est en Chine une période clé pour prendre soin de sa santé selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). À cette occasion, j'ai discuté avec un ami burundais, Benjamin Kuriyo, de l'intérêt croissant pour la MTC en Afrique, avant de vivre une véritable immersion dans une clinique de MTC à Beijing.
Un engouement croissant en Afrique
Selon Benjamin Kuriyo, ancien directeur du journal Burundi Eco, la médecine traditionnelle chinoise connaît un développement significatif sur le continent africain. « Sur le continent, il y a effectivement un développement et une certaine diffusion à travers des cliniques, mais aussi à travers des échanges d'expériences. Et là, je trouve que la médecine traditionnelle chinoise permet aux patients africains de bénéficier d'autres formes de soins spécifiques qu'on ne peut pas trouver au niveau de la médecine moderne », explique-t-il.
Les similitudes entre la MTC et les pratiques médicinales africaines semblent aussi favoriser cet engouement.
« Parallèlement, la médecine traditionnelle chinoise et la médecine traditionnelle africaine possèdent des similarités du point de vue des pratiques, puisque les deux formes de traitement des maladies ont recours aux plantes médicinales. Même s'il y a des différences au niveau de certaines pratiques, il y a aussi des similarités, ce qui fait que les étudiants africains viennent en Chine pour fréquenter des départements bien structurés. Ce qui leur permet d'en savoir beaucoup plus sur les pratiques, sur les formes de pathologies, mais aussi les principes actifs », ajoute-t-il.
Cette convergence de traditions et de savoirs anciens constitue un véritable pont culturel entre la Chine et l'Afrique.
Une immersion dans une clinique de MTC à Beijing
Pour aller plus loin, une visite a été effectuée dans une clinique spécialisée à Beijing, dirigée par le docteur Liu Guoxuan, clinicien renommé de médecine traditionnelle chinoise.
Le diagnostic, réalisé selon les quatre piliers de la MTC — à savoir l'observation, l'écoute, l'interrogation et la palpation — révèle chez moi une humidité interne élevée, un déséquilibre courant au début de l'automne. Le traitement proposé est de l'acupuncture pour rééquilibrer les énergies et renforcer la rate.
L'expérience de l'acupuncture se révèle légèrement plus douloureuse que prévu, mais brève. « Voilà, c'est terminé. C'est l'avantage de la méthode Qi Zhen : peu de points, effets rapides, un point pour un symptôme », explique-t-il.
Des remèdes adaptés aux saisons
En complément, le docteur Liu présente une décoction spécialement conçue pour l'automne. Elle associe l'aubépine (capable d'éliminer l'humidité et d'adoucir la sécheresse), l'atractylode noir, les prunes noires et le lys, tous reconnus pour leurs vertus tonifiantes et humidifiantes.
Selon la MTC, nourrir le yin et maintenir une bonne hydratation interne est essentiel durant cette période de transition. Une simple décoction peut faire une grande différence dans la manière dont le corps s'adapte aux changements climatiques.
Une sagesse ancestrale pour les jeunes générations
Bien plus qu'une médecine ancienne, la MTC est aujourd'hui un lien culturel puissant entre la Chine et l'Afrique. Par ses gestes millénaires, son écoute du corps et son respect du rythme des saisons, elle séduit une jeunesse en quête de mieux-être, d'équilibre et de pratiques de santé plus naturelles.
Qu'ils soient Chinois ou Africains, les jeunes redécouvrent, à travers la MTC, l'importance de vivre en harmonie avec son environnement. Une sagesse ancienne qui trouve toute sa place dans les défis contemporains du bien-être global.