Libération de Georges Abdallah par la France : les États-Unis dénoncent une "grave injustice"
"Les États-Unis s'opposent à la libération par le gouvernement français et à l'expulsion vers le Liban du terroriste condamné Georges Ibrahim Abdallah", a déclaré une porte-parole du département d'Etat américain, Tammy Bruce, ce samedi 26 juillet. Condamné pour complicité d'assassinats de diplomates américain et israélien dans les années 1980, le militant libanais pro-palestinien a été libéré ce vendredi par la France, après plus de quarante ans d'emprisonnement.
"Sa libération menace la sécurité des diplomates américains à l'étranger et constitue une grave injustice pour les victimes et les familles des personnes tuées", a jugé la porte-parole américaine, ajoutant : "Les Etats-Unis continueront de soutenir la poursuite de la justice dans cette affaire."
Condamné pour complicité d'assassinats
Ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), un groupuscule chrétien libanais marxiste, Georges Ibrahim Abdallah avait été condamné à la perpétuité pour complicité dans les assassinats de deux diplomates tués en 1982 : le lieutenant-colonel américain Charles Ray, puis l'Israélien Yacov Barsimantov, considéré comme le responsable du Mossad en France. Il a toujours nié son implication dans ces assassinats, perpétrés dans le contexte de l'invasion israélienne du sud-Liban, tout en refusant de les condamner.
La cour d'appel de Paris a jugé que la durée de sa détention était "disproportionnée" par rapport aux crimes commis et au vu de l'âge de Georges Abdallah. Le parquet général de Paris a annoncé lundi un pourvoi en cassation contre la décision de le libérer. Un recours qui n'a pas empêché l'homme de rejoindre le Liban dès vendredi. A son arrivée à l'aéroport de Beyrouth, il a eu quelques mots pour "les enfants de Palestine", affirmant que la "résistance" devait "se poursuivre et s'intensifier".