Faute de négociations, le Brésil envisage des droits de douane réciproques en réponse à Donald Trump
Le Brésil envisage d'imposer des droits de douane réciproques aux Etats-Unis en réponse aux surtaxes sur de nombreux produits brésiliens, a appris jeudi l'AFP de source gouvernementale.
Le président Luiz Inacio Lula da Silva a autorisé une étude interne sur une éventuelle riposte aux surtaxes de 50% imposées par Donald Trump, a-t-il été indiqué.
La Chambre de commerce extérieur, incluant notamment le ministère du Commerce et de l'Industrie, doit déterminer dans les 30 jours si ces surtaxes tombent sous le coup d'une loi sur la réciprocité adoptée en avril.
Dans ce cas, un groupe d'experts élaborera des "propositions de contre-mesures", qui pourraient inclure des droits de douane réciproques, a expliqué une source, qui a requis l'anonymat, n'étant pas autorisée à s'exprimer.
Mais "la porte reste ouverte aux consultations diplomatiques", a souligné cette source, précisant que le gouvernement brésilien devait officiellement informer les Etats-Unis de ce processus vendredi.
"J'espère que cela permettra d'accélérer le dialogue et la négociation", a confirmé le vice-président Geraldo Alckmin devant des journalitses.
Les Etats-Unis ont un excédent commercial avec le Brésil
Les relations entre les Etats-Unis et le Brésil sont au point mort depuis l'entrée en vigueur des surtaxes américaines le 6 août.
Le président de gauche Lula a exprimé jeudi sa frustration : "Nous n'avons pu parler à personne, personne aux Etats-Unis".
Le Brésil a saisi au début du mois d'août l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à ce sujet.
Contrairement à la majorité des autres pays qui se sont vu imputer des surtaxes douanières par Washington, les Etats-Unis ont un excédent commercial avec le Brésil. Le pays importe principalement des moteurs et des machines ainsi que des combustibles.
L'administration Trump a avancé un argument politique pour justifier les surtaxes: la procédure engagée contre l'ex-président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro, jugé pour tentative présumée de coup d'Etat et assigné à résidence, une procédure que Washington assimile à une "chasse aux sorcières".
En résidence surveillée dans l'attente du verdict, Jair Bolsonaro encourt plus de 40 ans de prison s'il est reconnu coupable.