samedi 21 février 2026
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Justice. États-Unis : inculpation de James Comey, ancien patron du FBI honni par Trump

Par Courrier International 1,481 vues
Justice. États-Unis : inculpation de James Comey, ancien patron du FBI honni par Trump
L’ancien patron du FBI, James Comey, prête serment lors d’une audition devant la Commission sénatoriale du renseignement, au Capitole, le 8 juin 2017 à Washington (Photo de Brendan Smialowski / AFP). BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

James Comey, ancien patron du FBI et l’une des bêtes noires de Donald Trump, a été inculpé jeudi de parjure et d’entrave à la justice. Une grande partie de la presse américaine y voit la preuve flagrante de l’instrumentalisation du ministère de la Justice à des fins politiques.

Donald Trump “a finalement obtenu ce qu’il voulait”, constate El País. L’ancien directeur du FBI James Comey, “que le républicain considère comme l’un de ses pires ennemis”, a été inculpé jeudi de “parjure et d’entrave à la justice”.

Une affaire qui “risque d’accentuer les craintes d’une instrumentalisation du ministère de la Justice, sous la direction de [Pam] Bondi, dans le cadre d’enquêtes et de poursuites contre des personnalités publiques” que le président américain “considère comme ses ennemis politiques”, remarque le Los Angeles Times.

Pour The New York Times, “la meilleure façon de comprendre le caractère extraordinaire” de l’inculpation de M. Comey, jeudi, est de “procéder à un simple exposé des faits”.

Et le quotidien américain de s’exécuter : “Une procureure inexpérimentée [Lindsey Halligan], fidèle au président Trump et en poste depuis moins d’une semaine, a inculpé l’un des opposants les plus honnis de son supérieur. Elle l’a fait non seulement sur ordre direct de M. Trump, mais aussi contre l’avis de ses propres subordonnés et de son prédécesseur, qui venait d’être licencié pour avoir exprimé des inquiétudes quant à l’insuffisance des preuves justifiant une inculpation.”

Impatience de Donald Trump

Pour le titre de centre gauche, cette inculpation fait entrer le ministère de la Justice en “terrain inexploré et dangereux”, car elle “bafoue la longue tradition [du ministère] de maintenir ses distances avec la Maison-Blanche et de résister aux pressions politiques, et fait craindre de nouvelles poursuites arbitraires engagées par M. Trump contre ses ennemis”.

James Comey avait été limogé par Donald Trump en 2017, alors que le FBI enquêtait sur d’éventuelles ingérences russes dans sa campagne présidentielle de 2016. Les accusations à son encontre portent sur un témoignage “livré en 2020 devant la commission judiciaire du Sénat, dans lequel il aurait nié avoir autorisé la divulgation d’informations classifiées à la presse” concernant cette même enquête, précise le Corriere della Sera.

S’il est reconnu coupable, l’ancien patron du FBI “risque jusqu’à cinq ans de prison”, note le New York Post.

Donald Trump n’avait pas caché son impatience ces derniers jours, alors que les faits reprochés à James Comey menaçaient d’être prescrits le 1er octobre. Le week-end dernier, il avait donc demandé à Pam Bondi, par le biais d’un message sur Truth Social, de “passer à l’action immédiatement” pour “poursuivre Comey et d’autres responsables qu’il considère comme des ennemis politiques”, rappelle The Guardian. Un ordre “extraordinairement direct qui piétine la tradition d’indépendance du ministère de la Justice”, note le quotidien britannique.

“Abus de pouvoir”

Jeudi, le locataire de la Maison-Blanche s’est naturellement félicité de l’inculpation de M. Comey, commençant son message par un tonitruant “JUSTICE EN AMÉRIQUE !” et décrivant l’ancien patron de la police fédérale comme “l’un des pires êtres humains que ce pays ait connu”, rapporte Fox News.

M. Comey a assuré pour sa part qu’il n’avait “pas peur” et qu’il attendait son procès sereinement. “J’ai confiance dans la justice fédérale et je suis innocent”, a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Instagram.

Dans son éditorial, The Washington Post souligne que si “l’ennemi juré” du président a été inculpé, obtenir “sa condamnation ne sera pas si facile”. Donald Trump “sait peut-être tout cela et s’en fiche” car, “à ses yeux”, il a subi sous l’administration Biden “des poursuites pénales injustes qu’il souhaite maintenant infliger à ses adversaires”.

“Cela pourrait lui donner satisfaction”, avance le quotidien américain. “Le reste du pays y verra probablement, au pire un abus de pouvoir, au mieux une perte de temps.”

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