samedi 21 février 2026
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« Shutdown » aux États-Unis : le pays entre en paralysie budgétaire pour la première fois depuis 2018

Par Sud Ouest 1,422 vues
« Shutdown » aux États-Unis : le pays entre en paralysie budgétaire pour la première fois depuis 2018
Le « suhtdown » est une situation très impopulaire aux États-Unis, inédite depuis sept ans, et pour laquelle chaque parti se rejette déjà la responsabilité. © Crédit photo : ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Les États-Unis sont entrés en période de « shutdown » ce mercredi, entraînant le gel d’une partie de l’administration fédérale en raison d’un désaccord budgétaire persistant entre républicains et démocrates

Les États-Unis sont entrés ce mercredi en période de « shutdown » avec pour conséquence le gel d’une partie de l’administration fédérale, sans aucune solution en vue dans l’immédiat à l’impasse budgétaire au Congrès entre les républicains de Donald Trump et l’opposition démocrate. Plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires vont être mis au chômage technique et de fortes perturbations sont attendues pour les usagers des services publics. Une situation très impopulaire aux États-Unis, inédite depuis sept ans, et pour laquelle chaque parti se rejette déjà la responsabilité.

Donald Trump avait assuré mardi après-midi que les démocrates « veulent tout fermer, nous ne le voulons pas », avant d’adopter un ton à peine voilé de menace. « Beaucoup de bonnes choses peuvent ressortir des « shutdowns », on peut se débarrasser de beaucoup de choses dont nous ne voulons pas, et ce seraient des choses démocrates », avait déclaré le président américain. Une allusion à son intention de profiter du gel de certaines administrations pour accentuer le limogeage de milliers de fonctionnaires fédéraux, déjà entamé avec la commission Doge de son ex-allié Elon Musk.

Le bras de fer est engagé

De leur côté, les démocrates dénoncent le manque de volonté de négociation. Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, a affirmé lors d’un point presse que « ce n’est pas une question d’orgueil », mais que « les Américains souffrent de coûts plus élevés à travers le pays, que ce soit à cause des droits de douane, des coûts de l’énergie ou des coûts alimentaires », dénonçant des coûts de santé qui « grimpent en flèche ». Donald Trump n’est pas étranger aux « shutdowns » puisque le dernier remonte à son premier mandat, lorsque la paralysie s’était étalée de décembre 2018 à janvier 2019, pour un record de 35 jours.

Russell Vought, directeur du Bureau du budget à la Maison Blanche, a affirmé dans une lettre aux principaux responsables de services ministériels qu'« il n’est pas certain combien de temps les démocrates maintiendront leur posture intenable, rendant la durée d’un « shutdown » compliquée à prédire ». Après l’échec d’un ultime vote au Sénat dans la soirée mardi, Russell Vought a donné la consigne aux administrations fédérales de « mettre en application leurs plans pour une fermeture ordonnée ».

Quelles conséquences ?

Le Bureau budgétaire du Congrès estime qu’environ 750 000 fonctionnaires vont être mis quotidiennement au chômage technique. Le trafic aérien pourrait être affecté, tandis que le versement de certaines aides sociales devrait être fortement perturbé. Les parcs nationaux seront également privés des « rangers » chargés d’en assurer le maintien, alors qu’approche la saison du changement de couleur des feuilles d’arbres, un événement annuel qui charrie des millions de touristes aux États-Unis.

Selon les calculs des analystes de la compagnie d’assurances Nationwide, chaque semaine de paralysie pourrait réduire la croissance annuelle du PIB américain de 0,2 point de pourcentage. Les Bourses mondiales n’ont cependant pas montré d’angoisse à l’approche de l’échéance, le Dow Jones à Wall Street ayant même atteint un nouveau record à la clôture mardi. Les républicains sont majoritaires aux deux chambres du Congrès, mais le règlement du Sénat fait qu’un texte budgétaire doit être adopté à 60 voix sur 100, nécessitant donc au moins sept voix démocrates.

Bras de fer

Pour le moment, les républicains proposent une extension du budget actuel jusqu’à fin novembre et insistent qu’aucune autre proposition n’est sur la table. De l’autre, les démocrates veulent obtenir le rétablissement de centaines de milliards de dollars en dépenses de santé - notamment dans le programme d’assurance santé « Obamacare » pour les ménages des classes populaires - supprimés par l'administration Trump.

En mars, alors que la menace d’un « shutdown » planait déjà, les républicains avaient refusé d’engager le dialogue sur les énormes coupes budgétaires décidées par l'administration Trump. Dix sénateurs démocrates, dont Chuck Schumer, avaient alors voté à contrecœur pour le texte des républicains, afin d’éviter la paralysie fédérale. Leur choix avait provoqué de vifs remous dans le camp démocrate, de nombreux militants et sympathisants les accusant de plier face à Donald Trump et son programme jugé radical.

......Sud Ouest

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