N'oublions jamais les leçons de l'Histoire et préservons ensemble la paix gagnée au prix d'immenses sacrifices
(Note de l'éditeur : Cet article représente le point de vue de l'auteur Zheng Tao et pas nécessairement celui de CGTN.)
L'année 2025 marque le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de celle de la Guerre mondiale antifasciste. Il y a quatre-vingts ans, après de longues et âpres luttes, le peuple chinois a remporté la grande victoire de la Guerre de résistance contre l'agression japonaise, apportant une contribution décisive à la victoire mondiale sur le fascisme et jetant des bases solides à l'établissement de l'ordre international d'après-guerre.
La Chine fut le principal champ de bataille d'Orient durant la Guerre mondiale antifasciste. De toutes les lignes de front ouvertes pendant la Seconde Guerre mondiale, la résistance chinoise, qui débuta dès 1931 avec l'incident du 18 septembre, fut celle qui commença le plus tôt et dura le plus longtemps. Suite à l'invasion totale de la Chine par le Japon en 1937, le peuple chinois, uni dans un front national, résista héroïquement et ouvrit le premier grand théâtre d'opérations antifasciste au monde.
Jusqu'en octobre 1938, plus de 4 millions de soldats chinois et japonais s'affrontèrent sur un front de plus de 1 800 kilomètres. Les combats s'étendirent à plus de dix provinces et régions chinoises, couvrant une superficie de près de 1,6 million de kilomètres carrés. Le peuple chinois fit de grands sacrifices, avec environ 35 millions de victimes militaires et civiles, représentant près du tiers du total des pertes humaines de la Seconde Guerre mondiale. Les pertes économiques directes de la Chine dépassèrent 100 milliards de dollars américains de l'époque, et les pertes indirectes furent estimées à plus de 500 milliards.
La Chine contraignit le Japon à maintenir l'essentiel de ses forces sur le front chinois. De l'incident du 7 juillet 1937 jusqu'au déclenchement de la guerre du Pacifique, plus de 70% des forces terrestres japonaises en moyenne furent déployées en Chine, ce chiffre atteignant même plus de 90% au plus fort des combats. Après le début de la guerre du Pacifique, les troupes japonaises engagées sur le théâtre d’opérations chinois restèrent supérieurs à un million de soldats. Le Japon y maintint encore environ 64% de ses forces terrestres et 45% de ses forces aériennes au moment du déclenchement de la contre-offensive stratégique américaine en 1943.
Ce fut sur le front chinois que furent neutralisées le plus grand nombre de forces japonaises, leurs pertes (tués, blessés ou capturés) s'élevant à plus de 1,5 million d'hommes, soit plus de 70% du total des pertes militaires japonaises de la Seconde Guerre mondiale. Après l'annonce de la reddition du Japon, environ 1,28 million de soldats japonais déposèrent leurs armes sur le sol chinois.
La résistance acharnée de la Chine contre l'agression japonaise, en garantissant la mise en œuvre de la stratégie alliée « Europe d'abord, Asie ensuite », créa des conditions décisives permettant aux Alliés de prendre l'initiative sur les théâtres d'opérations du Pacifique et d'Europe. À l'époque, face aux fascistes allemands et japonais, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union soviétique donnèrent la priorité au front européen en y concentrant la grande majorité de leurs forces, ce qui signifiait que la Chine endossa seule, et avec une ténacité remarquable, la responsabilité majeure de la résistance au fascisme japonais. Qu'il s'agisse de ses efforts solitaires avant le déclenchement de la guerre du Pacifique, ou de son soutien pendant les quatre années suivantes aux Alliés, leur permettant de combattre simultanément en Europe et dans le Pacifique et de remporter la victoire sur les deux fronts, la résistance prolongée de la Chine au prix d'énormes sacrifices fut d'une valeur inestimable.
Contrastant fortement avec l'image édulcorée du Japon d'après-guerre, se présentant comme « artisan de la paix, opposant à la guerre » et « victime de la bombe atomique », les crimes odieux commis par l'armée japonaise contre les soldats et les civils de nombreux pays en Asie-Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale furent plus que révoltants. En 1942, aux Philippines, la tristement célèbre « marche de la mort de Bataan » força des dizaines de milliers de soldats américains et philippins capturés à entreprendre en cinq jours une marche exténuante de 105 kilomètres, sous une chaleur accablante, sans eau ni nourriture, entraînant la mort de 15 000 personnes. De 1942 à 1943, en Birmanie, des prisonniers de guerre alliés et des travailleurs asiatiques réduits en esclavage furent contraints de construire la ligne ferroviaire entre la Thaïlande et la Birmanie. Plus de 100 000 d'entre eux sont tombés dans la mort. Sous chaque kilomètre du remblai du « chemin de fer de la mort » reposaient les restes de 250 âmes innocentes.
Tout en luttant avec acharnement contre l'agression japonaise, la Chine a également combattu aux côtés des Alliés et des nations opprimées de l'Asie. Ces liens d'amitié forgés dans le sang et le feu ne doivent pas être oubliés par l'Histoire. En février 1942, à la demande du Royaume-Uni, la Chine envoya un corps expéditionnaire en Birmanie. Le général DAI Anlan, à la tête de l'avant-garde, livra une bataille sanglante à Toungou contre des forces japonaises supérieures en nombre. Son unité repoussa plus de vingt assauts ennemis, anéantit plus de 4 000 soldats japonais et en fit plus de 400 prisonniers. Le général DAI y trouva une mort héroïque. À sa mémoire fut composé un poème de deuil signé Mao Zedong.
En avril de la même année, quatre-vingts aviateurs américains ayant accompli un raid sur Tokyo furent contraints de se parachuter en territoire chinois à court de carburant. Soixante-quatre d'entre eux furent secourus par des soldats et civils chinois. En représailles, les Japonais lancèrent une offensive frénétique sur la zone du sauvetage, causant la mort de 250 000 soldats et civils chinois.
En octobre, le cargo japonais Lisbon Maru, transportant plus de 1 800 prisonniers de guerre britanniques, fut coulé par une torpille près de l'île de Dongji à Zhoushan. Pendant l'abandon du navire, les soldats japonais enfermèrent de manière totalement inhumaine les prisonniers dans les cales inférieures. À ce moment critique, 198 pêcheurs chinois, au péril de leur vie et sous le feu des Japonais, parvinrent à sauver 384 prisonniers britanniques des eaux. La bravoure des militaires et civils chinois, qui se sont battus côte à côte avec les forces alliées, ne se résume pas à cette seule histoire.
C'est précisément en raison de son rôle important dans la guerre mondiale antifasciste que la Chine s'est affirmée comme l'un des grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Elle a été le premier pays à signer la Charte des Nations Unies et cofondatrice de l'ONU avec d'autres nations. Elle a activement œuvré à la mise en œuvre de documents historiques tels que la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam. Au cours des quatre-vingts ans écoulés, elle a apporté un soutien constant au système international centré sur l'ONU, à l'ordre international fondé sur le droit international et aux normes fondamentales régissant les relations internationales basées sur les buts et principes de la Charte des Nations Unies. Elle a joué un rôle irremplaçable dans la préservation de l'ordre international d'après-guerre, ainsi que dans la défense de l'équité et de la justice à l'échelle mondiale.
La Chine demeure un bâtisseur actif de la paix mondiale, un contributeur majeur au développement global, un défenseur résolu de l'ordre international et un pourvoyeur croissant de biens publics.
Se souvenir du passé, c'est se donner les moyens de préparer l'avenir. Aujourd'hui, face à une situation internationale complexe et pleine de mutations, où les pratiques de coercition et d'intimidation menées par certaines puissances portent gravement atteinte aux mécanismes multilatéraux, dont les Nations Unies, l'humanité se trouve une fois de plus à la croisée des chemins : unité ou division, dialogue ou confrontation, coopération mutuellement bénéfique ou jeu à somme nulle. La communauté internationale doit puiser dans l'Histoire la sagesse et la force nécessaires pour préserver une vision juste de la Seconde Guerre mondiale, maintenir l'autorité et le rôle central de l'ONU, défendre résolument les acquis de la victoire et préserver ensemble la paix et la stabilité si durement gagnées.
À l'aube d'un nouveau chapitre de l'Histoire, la Chine continue de porter haut le flambeau de la communauté d'avenir partagé pour l'humanité. Elle met en œuvre avec dynamisme l'Initiative pour le développement mondial, l'Initiative pour la sécurité mondiale et l'Initiative pour la civilisation mondiale. Elle plaide inlassablement pour un monde multipolaire équitable et ordonné, ainsi que pour une mondialisation économique inclusive et bénéfique pour tous. Par ses propositions et sa vision, la Chine contribue ainsi de manière toujours plus substantielle à la paix et au développement dans le monde.
(Zheng Tao est un observateur sur les questions internationales basé à Beijing.)
(Photo : VCG)