Le guide suprême iranien dit à Donald Trump qu'il "rêve" s'il pense avoir détruit les sites nucléaires de son pays
"De quoi se mêle l'Amérique si l'Iran possède une industrie nucléaire ?", s'est aussi interrogé lundi Ali Khamenei, quatre mois après l'intervention militaire des Etats-Unis.
Il avait déjà, par le passé, minimisé les conséquences des frappes américaines. L'ayatollah Ali Khamenei a déclaré que Donald Trump, dont le pays a mené en juin avec Israël des bombardements contre l'Iran, "rêve" s'il pense avoir détruit les sites nucléaires iraniens. "C'est bien, continue à rêver !", a précisément lancé le dirigeant iranien, lundi 20 octobre.
Les Etats-Unis ont bombardé le 22 juin le site souterrain d'enrichissement d'uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et des installations nucléaires à Ispahan et Natanz, au centre du pays. L'étendue précise des dégâts n'est pas connue, mais le président américain assure depuis plusieurs mois que les sites ont été détruits. "Nous avons largué 14 bombes sur les principales installations nucléaires. Comme je l'avais dit au début, elles ont été anéanties et cela a été confirmé", a insisté Donald Trump, lors d'un discours lundi dernier au Parlement israélien.
"Quand nous avons détruit leur capacité nucléaire, ils ont cessé d'être la brute du Moyen-Orient", a encore affirmé le milliardaire, lors d'une interview diffusée dimanche par la chaîne Fox News. Les pays occidentaux et Israël, ennemi juré du pouvoir iranien, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique. Téhéran se défend vigoureusement d'avoir de telles ambitions militaires et affirme développer le nucléaire pour des besoins civils.
"De quoi se mêle l'Amérique si l'Iran possède une industrie nucléaire ?", s'est interrogé lundi Ali Khamenei. "Qui es-tu pour dire qu'un pays doit ou ne peut pas avoir (le droit) au nucléaire ?", a-t-il ajouté, à l'adresse de Donald Trump. L'Iran n'écarte pas, toutefois, la possibilité de reprendre des pourparlers avec les Etats-Unis. "La porte n'est pas fermée", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.