«Nous sommes prêts à recourir à la force» : les États-Unis menacent à nouveau les dirigeants vénézuéliens
Selon le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, les États-Unis pourraient de nouveau avoir recours à la force si le Venezuela ne se plie pas aux souhaits de Washington, quelques semaines après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, devrait avertir mercredi que les États-Unis pourraient de nouveau avoir recours à la force si le Venezuela ne se plie pas aux souhaits de Washington, quelques semaines après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro. «Ne vous y trompez pas, comme l'a déclaré le président (Donald Trump), nous sommes prêts à recourir à la force pour garantir une coopération maximale si les autres méthodes échouent», indique le texte du discours qu'il doit prononcer devant une commission parlementaire, qui a été distribué à l'avance mardi.
Parlant de la dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, avec laquelle l'administration Trump s'est très vite accommodée, Marco Rubio souligne qu'elle «est bien consciente du sort réservé à Maduro». «Nous pensons que son intérêt personnel correspond à la réalisation de nos principaux objectifs», doit encore dire le secrétaire d'État devant la commission des Affaires étrangères du Sénat dans une menace à peine voilée, alors que Delcy Rodríguez est toujours sous le coup de sanctions américaines.
Après son discours devant une commission du Sénat, le ministre américain des Affaires étrangères doit rencontrer à huis clos l'opposante et lauréate du Nobel de la Paix, María Corina Machado, a indiqué le Département d'État. Le président socialiste Nicolas Maduro a été capturé le 3 janvier, ainsi que son épouse, lors d'une opération militaire spectaculaire à Caracas, puis emmené et emprisonné aux États-Unis où il est inculpé pour narcotrafic.
«Dicter» les décisions du Venezuela
L'opposition démocrate a accusé l'administration Trump d'avoir outrepassé ses prérogatives, sans autorisation du Congrès. L'ex-vice-présidente de Nicolas Maduro a été investie cheffe de l'État par intérim le 5 janvier mais Donald Trump a clairement annoncé que Washington entendait «dicter» les décisions du Venezuela jusqu'à nouvel ordre. «Les ordres de Washington aux politiques vénézuéliens, ça suffit», a affirmé dimanche Delcy Rodriguez.
Sous pression américaine, Delcy Rodríguez a signé des accords pétroliers avec les États-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l'opposition. La semaine dernière, la Maison Blanche a annoncé vouloir inviter Delcy Rodríguez aux États-Unis, sans fixer de date. Cela a suivi un entretien téléphonique entre Donald Trump et elle, et après plusieurs déclarations élogieuses du président américain à son égard.
Défendant l'opération militaire, Marco Rubio relève qu'«il n'y a pas de guerre contre le Venezuela et nous n'avons pas envahi le pays». «L'histoire offre peu d'exemples où autant a été accompli à si peu de frais», doit-il dire. «Tout cela a été accompli sans la perte d'une seule vie américaine», se félicite-t-il. Une centaine de gardes vénézuéliens et cubains ont été tués dans l'opération américaine.