Algérie : La coopération sécuritaire relancée avec la France après la visite de Laurent Nuñez
La France et l’Algérie ont relancé mardi leur coopération après plus d’un an de crise. La visite de Laurent Nuñez à Alger marque un début de dégel, avec une reprise des échanges sur les expulsions et le terrorisme.
La France et l’Algérie ont acté ce mardi 18 février la reprise de leur coopération sécuritaire, amorçant un dégel après une crise diplomatique majeure entamée à l’été 2024. En déplacement à Alger, le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune ainsi que plusieurs responsables des services de sécurité.
A l’issue de ces échanges, le ministre a annoncé que les deux pays avaient décidé de « réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau ». Il a précisé que « toute la journée de lundi » avait été consacrée à des réunions pour « reprendre des relations de sécurité normales », avec la volonté de « les densifier » sur les volets judiciaire, policier et du renseignement.
Expulsions, narcotrafic et terrorisme au programme
Cette relance concerne notamment le dossier sensible des expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière en France. Laurent Nuñez a indiqué que le président Tebboune avait demandé à ses services de travailler avec la France afin d’« améliorer significativement nos coopérations en matière aussi de réadmissions ». Il a assuré que cette reprise allait « se mettre en place dans les plus brefs délais » et « se poursuivre à très haut niveau ».
Les discussions ont réuni plusieurs responsables clés, dont la directrice générale de la sécurité intérieure française Céline Berthon et le chef de la sécurité intérieure algérienne, le général-major Abdelkader Aït-Ouarabi. La visite visait aussi à renforcer la coopération contre le narcotrafic et le terrorisme, l’Algérie étant un acteur central face aux violences djihadistes au Sahel.
Vives tensions entre les deux pays depuis 2024
Les relations entre Paris et Alger s’étaient fortement dégradées après la reconnaissance par la France, à l’été 2024, d’un plan d’autonomie sous « souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental. D’autres tensions avaient suivi, notamment l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal et l’expulsion réciproque de diplomates après l’affaire impliquant un agent consulaire algérien.
Dans ce climat de défiance, la visite du ministre français était perçue comme un test. Avant son arrivée, le média TSA estimait que l’enjeu était de « savoir au nom de quelle France » il venait, évoquant l’opposition entre « celle des nostalgiques de l’Algérie française, de Marine Le Pen et Bruno Retailleau qui veulent la rupture » et « celle des adeptes d’une relation apaisée et débarrassée du contentieux mémoriel, incarnée par Ségolène Royal ».