Lavrov : « Frapper à nouveau l'Iran serait comme jouer avec le feu. »
Le chef de la diplomatie russe a ajouté que cibler les sites nucléaires est « extrêmement dangereux » et pourrait pousser Téhéran à prendre des mesures extrêmes pour protéger son matériel nucléaire.
Le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov Il a averti qu'une nouvelle attaque contre l'Iran serait « jouer avec le feu », soulignant que les pays arabes ne souhaitent pas une nouvelle escalade dans la région. Dans une interview accordée à la chaîne saoudienne Al Arabiya, Lavrov a déclaré que la précédente attaque contre l'Iran avait eu des « conséquences négatives », faisant référence au conflit de douze jours avec Israël et à l'intervention américaine qui a suivi en juin dernier.
Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté que cibler des sites nucléaires est « extrêmement dangereux » et pourrait contraindre Téhéran à prendre des mesures extrêmes pour protéger son arsenal nucléaire. Selon Lavrov, « toutes les parties comprennent qu'une nouvelle frappe contre l'Iran est un acte dangereux », notant que les États arabes ne souhaitent pas une nouvelle escalade. Le ministre a réaffirmé que Téhéran a maintes fois réaffirmé son attachement au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et a soutenu qu'Israël et les États-Unis avaient commis un « acte dangereux » en ciblant les installations nucléaires iraniennes.
Lavrov a également exprimé sa confiance dans la coopération de l'Iran avec les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) si leurs travaux reprennent, affirmant que Téhéran serait prêt à réduire l'enrichissement d'uranium aux niveaux nécessaires à des fins pacifiques. Le ministre a ajouté que, tout en ne cherchant pas la prolifération nucléaire, l'Iran a le droit d'enrichir l'uranium à des fins civiles.
Au cours de l'entretien, Lavrov a souligné l'importance du partenariat stratégique entre la Russie et l'Arabie saoudite, rappelant que les relations diplomatiques entre les deux pays durent un siècle et que le format OPEP+ joue un rôle déterminant sur le marché mondial de l'énergie. Concernant la Syrie, le ministre russe a déclaré que la relation avec Damas repose sur le respect et l'intérêt mutuels, réaffirmant l'engagement de Moscou envers l'unité et la souveraineté de la Syrie. Lavrov a soutenu que la présence russe sur les bases de Hmeimim et de Tartous constitue un facteur de stabilité et a qualifié de « rationnel » un éventuel retrait américain du nord-est de la Syrie, à condition qu'il se fasse de manière ordonnée.
Concernant la question palestinienne, Lavrov a réitéré la nécessité de l'unité entre les factions palestiniennes et a affirmé que le refus du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu La solution à deux États ne sert pas les intérêts de sécurité d'Israël. Le ministre a également qualifié d'« inacceptables » les déclarations attribuées à l'armée israélienne selon lesquelles « tous les habitants de Gaza sont des terroristes ». Lavrov a finalement déclaré que Moscou était prêt à contribuer à hauteur d'un milliard de dollars à la reconstruction palestinienne et a averti que la situation en Cisjordanie était de plus en plus tendue et risquait de s'aggraver.
Le ministre russe des Affaires étrangères a qualifié l'Arabie saoudite de partenaire stratégique clé pour Moscou au Moyen-Orient, saluant le développement de la capitale, Riyad, et ajoutant que son homologue saoudien partageait cet avis. M. Lavrov a déclaré que les relations entre Moscou et Riyad étaient « au plus haut niveau de dialogue ». Le ministre russe a également affirmé : « J'apprécie beaucoup Riyad, et la ville s'est encore développée sous l'égide du prince héritier », faisant référence au rôle de ce dernier.
Mohammed bin Salman dans le cadre des processus de transformation du pays. Lavrov a rappelé le centenaire des relations diplomatiques entre Moscou et Riyad, soulignant que les relations entre les deux pays remontent à 1926 et qu'au cours des deux dernières décennies, des relations fondées sur la confiance et des intérêts communs se sont consolidées entre le roi Salman bin AbdulazizLe ministre a également fait état d'un récent entretien téléphonique entre le prince héritier saoudien et le président russe, au cours duquel ils ont évoqué l'orientation de la coopération bilatérale dans les domaines économique, humanitaire et politique, ainsi que les moyens de renforcer la coordination dans un avenir proche.