samedi 21 février 2026
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IBRAHIMA SYLLA - Syllart: Records Le producteur de l’ombre, le maestro des chefs-d’œuvre africains

Par Malijet 1,640 vues
IBRAHIMA SYLLA - Syllart: Records Le producteur de l’ombre, le maestro des chefs-d’œuvre africains
 
Dans les coulisses de l’histoire musicale africaine, un nom résonne comme un secret bien gardé : Ibrahima Sylla.
Il ne chantait pas, ne dansait pas, mais sans lui, l’Afrique musicale ne serait jamais entrée avec autant de majesté dans les studios modernes du monde entier.
Né à Dakar en 1956, Sylla grandit entre les rythmes de la Médina, les discours panafricains des années 60 et l’élan d’un continent en quête de voix et d’images dignes de son âme.
Très tôt, il comprend que la musique africaine est immense, mais qu’elle manque d’un allié technique, d’un œil exigeant, d’un producteur enraciné mais tourné vers l’international.
En 1980, il fonde à Paris Syllart Records. Ce n’est pas qu’un label. C’est un laboratoire culturel, un studio-refuge où les plus grandes voix du continent viendront déposer leur talent brut pour qu’il soit poli, magnifié, orchestré.
Il n’a pas seulement produit de la musique. Il a sculpté des classiques avec les plus grands talents africains Mory Kanté, Youssou N’Dour, Ismaël Lô, Oumou Sangaré – Ko Sira, Worotan, Baaba Maal, Salif Keita…
Il est l’initiateur d’Africando, le projet culte qui marie salsa et musique ouest-africaine dont il était l’architecte sonore.
Sylla voulait une Afrique fière de ses musiques, sans copier l’Occident, mais avec la même exigence de qualité sonore, la même science de la production. Il savait que nos voix, nos balafons, nos djembés, nos koras avaient leur place dans les plus grands auditoriums du monde.
Il a aussi été un archiviste militant, rééditant les trésors de la musique guinéenne des années 60-70, notamment à travers la série Authenticité (The Syliphone Years), sauvant ainsi une partie du patrimoine sonore africain.
Ibrahima Sylla s’éteint en 2013, mais son œuvre lui survit. Son label, Syllart Records, est aujourd’hui géré par sa fille Binetou Sylla, qui poursuit avec passion cette mission de mémoire et de modernité.
Ibrahima Sylla, c’était le producteur des grands silences. Celui qui n’avait pas besoin de projecteurs pour faire briller les autres. Un accoucheur de chefs-d’œuvre. Un griot moderne avec un studio comme tam-tam.
Si vous avez déjà dansé, pleuré, vibré sur un classique africain, il y a de fortes chances que Sylla y ait mis sa touche.
Respect éternel à ce bâtisseur de beauté.
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