dimanche 22 février 2026
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Résistance de la commune de Daban à la pénétration française : Une partie de l’histoire coloniale réhabilitée plus de 100 ans après

Par Le Républicain 3,721 vues
Résistance de la commune de Daban à la pénétration française : Une partie de l’histoire coloniale réhabilitée plus de 100 ans après

Dans le cadre de la célébration de la résistance de Daban à la pénétration coloniale française, le 16 janvier 1883, les associations Faso Kanu et OBARA (le Refus en langue soninké), en collaboration avec les ressortissants de cette commune de Bélédougou, située à 85 km de la ville de Kati, ont organisé, le mardi 16 janvier 2023, une conférence débat sur la résistance de ce village Bamanan qui était réputé jadis pour sa bravoure guerrière. Cette célébration a réuni du monde et des personnalités, dont l’ancien ministre, Cheick Oumar Sissoko ; des élèves du Lycée Scientifique et Technologique de Bamako, ainsi que l’association des ressortissants de Daban à Bamako.

Selon le Commissaire principal de l’association politique Faso Kanu, Ibrahim Kébé, cette rencontre qui s’est tenue au Kora Film, avait pour objectif d’informer l’opinion publique des faits qui datent de 141 ans aujourd’hui, tout en réhabilitant l’histoire afin que nul ne l’oublie. Pour lui, cette résistance est un exemple parfait dans l’histoire du Mali, mais elle n’est pas assez connue. Selon lui, dans beaucoup d’endroits du Mali des hommes, femmes et jeunes se sont levés pour dire non au colonialisme.

Dans son intervention, Djibril Touré, représentant de l’association OBARA, ressortissant d’un village résistant, Gomankoro, à Kita, a fait savoir que leur association s’érige contre toute forme d’esclavage et est engagée pour la réhabilitation de notre histoire afin que les générations futures soient informées ou courant des faits qui se sont passés lors de la pénétration coloniale française.

Aux dires de l’envoyé et natif de Daban, Niaman Badjan Traoré, certains pensent que l’Afrique n’a pas d’histoire. Pour lui, l’histoire de Daban n’est pas un récit préétabli, elle est connue de tous les tous ressortissants de la commune.  Ainsi, il dira qu’il y a eu deux batailles entre les populations de Daban et le colonisateur français à l’époque. A l’en croire, des historiens maliens ont fait des publications, notamment les professeurs et chercheurs, Bakary Kamian, Adam Bah Konaré et Jean Bosco  Konaré. De même, il a souligné que le nom du village est mentionné dans des lieux et dans plusieurs documents et archives du temps coloniale (Archives nationales, le Fort de Médine à Kayes, l’entrée du Palais de Koulouba).  

Faisant la genèse de cette résistance, il dira qu’elle remonte vers les années 1880, lorsque la France décida d’étendre son influence en nommant ses gouverneurs dans les grandes villes du Sénégal jusqu’au Niger. C’est dans ce contexte qu’un convoi d’une troupe coloniale, conduit par le Capitaine Gallieni, a quitté le Fort de Médine, à Kayes, pour se rendre à Ségou, dirigé à l’époque par le roi Sékou Hamadou. A l’en croire, du Fort de Médine jusqu’à Kita, la troupe de Gallieni n’a pas rencontré de difficultés ou de résistance. Une fois installés dans la ville de Kati, Gallieni et ses hommes sont parvenus à signer des pactes avec les populations malinkés. Après avoir signé des pactes de bonnes relations et de protection, le convoi décide de se rendre à Bamako, en passant par la ville de Bélédougou. C’est lors de leur passage dans la ville de Dio que le Chef de ce village décida d’envoyer des émissaires pour informer  leur présence au chef de village de Daban, Naba Traoré. Ce dernier rassemble ses chefs guerriers en leur donnant comme instruction, la récupération des logistiques de la troupe coloniale française. Aux dires du conférencier, le 11 mai 1880, les braves guerriers de Daban ont attaqué le convoi du Capitaine Gallieni en lui infligent de lourdes pertes humaines  dont 14 morts et récupérant  des matériels. Le convoi, en déperdition, s’est retrouvé à Bamako, mais une partie est retournée à  Boufalabé, l’autre conduit par le capitaine de l’armée coloniale a continué son parcours sur Ségou, mais ce dernier a été sommé par le roi Sékou Hamadou, le 1er juin 1880, de se cantonner dans un village appelé Nango jusqu’au 21 mars 1881, où son retour sur Kita a été organisé par le royaume de Ségou et le convoi est revenu à Kita à partir du 5 avril 1881.

Quelques mois après l’attaque de son convoi à Dio, l’armée coloniale a envoyé des émissaires dans le village de Daban pour la récupération des matériels. Cette demande a reçu un refus catégorique de la part des populations de Daban. C’est suite à ce refus qu’au mois de janvier 1883, le Colonel Borgnis-Desbordes, après avoir envahi Gomankoro, à Kita, s’est retrouvé à la tête d’une troupe coloniale pour attaquer le village de Daban. Ainsi, durant trois jours, ce village a été le théâtre d’une bataille farouche ; des armes légères ou lourdes ont fait du carnage, avec 204 coups de canon, des morts de tous les côtés. Au bout de trois jours, le village a capitulé, le 16 janvier 1883, les chefs de guerre sont soient tombés au moment de la bataille ou se sont donné la mort pour ne pas être le sujet du colonisateur français comme à l’image du chef du village, Naba Traoré, qui a mis du feu dans la poudrière avec toute sa cour. La troupe coloniale a pénétré dans le village et a massacré des résistants, ensuite elle est repartie comme elle était venue.

Ousmane Baba Dramé

 

 

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Commentaires (5)

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Anonyme il y a 2 ans

Pardon il faut lire " hellène"

A
Anonyme il y a 2 ans

Dieu est noir,jean marie le Pen l'ignore , il ne le dira jamais aux mécréants ,qui ont tort !!!Dieu subit le monde pour dire qu'il n'est pas dupe !

A
Anonyme il y a 2 ans

Quand je pense que ma copine suédoise,a les mêmes ancêtres ,que moi,on rend notre monde paisible !!! Soyons fous,soyons tous frères,et soeurs !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Quand on regarde les choses en soi, on peut se demander pourquoi notre monde est si tordu ? Mais enfin l'être humain est fait pour être tordu. On ne trouve que rarement des dirigeants reglos ! Les citoyens le sont plus,mais ont envie de venir chez les tordus pour le pouvoir!Notre monde est une énigme,c'est pourquoi il est imcomprehensible !

A
Anonyme il y a 2 ans

Votre récit est d'une confusion consternante. Vous sautez de 1883 à l'attaque de Ségou ! Moi je n'ai rien compris à votre récit ! En résumé des exclavagistes sont venus chez nous sans permis de séjour.Mais il faut dire que c'était plutôt des anglo-saxons.il ont corrompu des chefs mafieux,qui ont livré leurs peuples à l'esclavage !!! Les français n'ont été que des des larrons en foire ,ignobles, à souhait,profitant de cet esclavage ! La cupidité aidant ils sont sans doute devenus aussi fous à ne pas reconnaître ,leurs frères en humanité comme eux .C'est pourquoi,j'aime le son du tambour ,le seul élément que les exclavagites n'ont pas pû nous ôter.! Battez tambour ,mes frères ,des Antilles ,de Réunion .Senghor nous disait "que la négritude a un rare d'émotion" ,mais notre approche africaine de la vie,d'aujourd'hui et depuis toujours as été toujours,discursive. La raison humaine est universelle,il ne saurait y avoir de distinction,de la raison Hélène,et de la nôtre nègre,où elle s'exprime ,la raison reste la seule façon de prouver que l'homme de raison est né en Afrique.mais que par une pensée,perverse ,on ne devrait pas être les détenteurs de l'universel !!!