samedi 21 février 2026
Contact
Malijet

Hivernage au Mali : Les pluies et inondations causent des morts et des dégâts matériels

Par Le Républicain 2,069 vues
Hivernage au Mali : Les pluies et inondations causent des morts et des dégâts matériels

Les récentes pluies torrentielles qui se sont abattues sur le Mali ont provoqué des pertes humaines et des destructions matérielles importantes, touchant particulièrement les villes de Gao, Ségou, Bla, et Bamako. De nombreuses personnes ont perdu la vie à la suite des inondations survenues dans plusieurs régions du pays, et les populations affectées sont dans un besoin urgent d'aide.

À Gao, les précipitations ont atteint environ quatre-vingt-dix (90) mm en une seule journée, provoquant l'inondation des neuf quartiers de la ville. Les dégâts ont été considérables, avec de nombreuses maisons effondrées et des sapeurs-pompiers mobilisés pour secourir les sinistrés. Le 16 août, la cité des Askia a été particulièrement frappée, des associations s'organisant rapidement pour venir en aide aux victimes. « Chaque année, c'est le même constat après une pluie, la ville de Gao se retrouve sous les eaux », déplore Ousmane Abdourhamane Dicko, un habitant de Gao. Il ajoute : « Hier vendredi, il est tombé 95 mm dans la ville et nous n'avons que nos yeux pour pleurer. »

Les quartiers les plus touchés à Gao incluent Aljannabandja, Sossokoïra, Saneye, et Château, où de nombreuses familles ont été forcées de chercher refuge dans des écoles. Malgré les efforts des jeunes pour dégager les eaux stagnantes, les moyens limités ont rendu la tâche difficile. La situation reste critique, avec des maisons continuant de s'effondrer et les sinistrés plongés dans le désarroi.

Les villes de Bla, Léré, Ségou, Pelegana et Ansongo ont également été gravement affectées par ces inondations. Durant la nuit du vendredi 16 au samedi 17 août 2024, une pluie violente s'est abattue sur Ségou et ses environs, causant de lourds dégâts matériels, ainsi que deux décès et plusieurs blessés. Une source locale rapporte que deux morts et huit blessés ont été enregistrés dans le quartier Médine à Ségou, suite à l'effondrement des maisons sur leurs occupants. Parmi les victimes, figurent une personne âgée et un enfant de 13 ans. « De nombreuses maisons se sont effondrées, les principaux axes routiers ont été complètement inondés, et malheureusement, il y a eu des pertes en vies humaines.»

Selon un rapport du Comité interministériel de gestion des crises et des catastrophes, « au moins quinze (15) personnes ont été tuées et 10 309 autres sinistrées dans des inondations enregistrées du 1er au 15 août courant au Mali ». Le colonel Moussa Bagayoko, chef de division des Opérations de Secours et d'Assistance à la Direction générale de la Protection civile, regrette l'augmentation des cas d'inondations : « La semaine passée seulement, on était à 33 cas d'inondations. Imaginez une semaine déjà de 33 cas à la date du 5 août et 59 cas à la date du 15 août, soit 10 jours, nous sommes à 59 cas d'inondations. »

La région de Ségou a été particulièrement touchée, avec la ville de Bla enregistrant plusieurs séries d'inondations successives. Le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile a confirmé que ces inondations ont causé des destructions massives, laissant 1 387 ménages sinistrés, et malheureusement, un décès par foudre a été signalé.

En outre, le ministère a recensé plusieurs cas d'effondrements de maisons, notamment à Bamako, Bandiagara, Sikasso, Ségou, et Bougouni. L'inspecteur général Yacouba Bagayoko, chargé de mission au ministère de la sécurité et de la protection civile, a souligné les missions du comité interministériel de gestion des crises et des catastrophes, affirmant que « le but est d'organiser et de coordonner la gestion interministérielle des crises et catastrophes, de déclarer l'état de crise ou de catastrophe communale, locale, régionale ou nationale, et de pouvoir assister les sinistrés en moyens matériels, sanitaires et alimentaires ».

Dans le cadre de la gestion des crues, Adama Mariko, représentant de la Direction nationale de l'Hydraulique, a précisé que son service fournit les données hydrologiques nécessaires pour prévenir les débordements de cours d'eau : « Nous intervenons comme service pourvoyeur des données hydrologiques afin de prévenir des cas de débordement de cours d'eau dont nous faisons le suivi de façon quotidienne à travers les stations hydrométriques qui sont installées sur le cours d'eau. »

Le chef de bureau de prévention et d’alerte météorologique à Mali Météo, Bakary Mangane, a également mis en garde contre les risques d'inondation à venir : « Nous aurons de la pluie jusqu'au mois de novembre. Vous avez vu que la semaine passée déjà, nous avons eu quelques cas d'inondations. C'est déplorable, mais il y en aura encore, malheureusement. »

Le 13 août dernier, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré qu’ « en deux mois seulement après le début de la saison des pluies 2024 en Afrique de l'Ouest et centrale, des pluies torrentielles et de graves inondations ont touché 716 473 personnes en République centrafricaine, au Tchad, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo et au Libéria, Niger, Nigeria, Mali et Togo ». Le rapport précise qu'« au moins 72 personnes auraient perdu la vie par noyade et 699 autres auraient été blessées ».

Madiassa Kaba Diakité

 

Partager:

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Soyez le premier a commenter cet article.