KAOU DJIM, coordinateur de la CMAS: "Il faut que Bah N'DAW s'assume pour mettre le pays sur les rails".
C'est ce qu'a dit le coordinateur de la Coordination des Associations et Mouvements de soutiens à l'imam Mahmoud Dicko (CMAS).C'était, samedi 12 décembre, au Centre Djolliba, lors de la mise en place de la cellule CMAS du Grand Marché de Bamako.
Cette rencontre qui a enregistré la présence de quelques commerçants, était hyper sécurisée par les forces de l'ordre.
Ces derniers temps, la CMAS s'est mise dans une dynamique de mettre ses cellules sur toute l'étendue du territoire national afin de soutenir la transition. C'est ainsi que ses cellules ont été créées dans les communes et quartiers de Bamako. L'objectif est de constituer une "force politique populaire" pour soutenir la transition politique en cours. La mise en place du bureau CMAS du Grand Marché de Bamako est désormais chose faite.
Le coordinateur de la CMAS a saisi cette occasion pour informer les commerçants sur les objectifs de la CMAS et sur les réalités du pays. Aussi, il a sollicité le soutien et l'accompagnement des commerçants et des opérateurs économiques à la transition.
Selon Kaou Djim, les commerçants du Grand Marché ont joué un rôle capital dans la chute du régime d'IBK. Il veut qu'ils poursuivent cette dynamique afin que le changement amorcé soit une réalité. Cela ne peut être possible, dit-il, sans le soutien des opérateurs économiques aux autorités de transition.
"N'eût été la contribution des commerçants, on n'allait pas voir le changement. Ils ont fait preuve de mobilisation et de détermination lors des manifestations qui ont fait tomber IBK. Cela prouve à suffisance que les commerçants sont des patriotes. Sans eux, les fonctionnaires n'auront pas leurs salaires et il y 'aurait pas de développement", a laissé entendre Kaou Djim .
Selon lui, contrairement à ce qu'on fait croire, les militaires ne sont pas des ennemis du Mali. Aujourd'hui, les vrais ennemis du Mali, poursuit-il, sont les hommes politiques et les responsables de l'UNTM. Il indique que l'UNTM est dans la dynamique d'asphyxier la transition en décrétant des grèves injustifiées. Or, cette même UNTM a refusé de sortir contre le régime IBK qui a mis le Mali dans un état désastreux.
Kaou Djim fait partie de ceux qui pensent que les cadres actuels de l'UNTM ne sont que des commis de l'Adema. Autrement dit, la lutte de l'UNTM n'est qu'une lutte politique et non celle qui défend les intérêts des travailleurs.
"Il faut qu'on dise ces réalités aux Maliens, surtout aux commerçants qui payent leurs impôts et qui ne bénéficient d'aucune aide. Alors que les partis politiques se partagent, chaque année, des milliards de nos francs par an. Au même moment, les Maliens manquent de nourriture, d'écoles, et d'hôpitaux dignes de ce nom. J'en sais trop, c'est pourquoi les fossoyeurs de la République veulent me faire taire" a-t-il indiqué.
Aux dires de Kaou Djim, les militaires sont venus au pouvoir pour changer les choses et les commerçants doivent comprendre cela pour soutenir la transition. Afin que le changement tant attendu soit une réalité. Il estime que la transition ne sera une réussite qu'avec l'adhésion des opérateurs économiques.
A l'en croire, la CMAS a décidé de soutenir la transition afin de traquer tous les politiciens voleurs qui ont mis le pays dans le gouffre.
Pour ce faire, il demande au président de la transition, de parler peu et de s'assumer.
"Il faut que Bah N'Daw s'assume pour mettre le pays sur les rails" a-t-il suggéré.
Face aux grèves interminables de l'UNTM, KAOU Djim propose au gouvernement de procéder à un contrôle physique pour démasquer ceux qui touchent, illégalement, des salaires. Aussi les autorités, a-t-il ajouté, doivent réquisitionner des jeunes en chômage pour occuper les postes des fonctionnaires qui refusent de travailler.
Par Abou BERTHE