La presse en colère contre l’incohérence entre l’acte et la parole des autorités de la transition vis-à-vis du respect de la liberté d’expression.
Au cours d’une rencontre avec leurs confrères, ce mardi 22 décembre 2020, les présidents des faitières de la presse ont fait une restitution de leur réunion avec le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation et celui de la communication et de l’économie numérique. Ils n’ont pas caché leur mécontentement par rapport à la manière dont a été interpellé le chroniqueur Ras Bath.
Le dimanche dernier, les présidents des faitières de la presse ont échangé avec les journalistes à la maison de la presse au sujet d’une adresse du ministre de l’administration territoriale, qui donne l’habilité aux gouverneurs, préfets et sous-préfets, de contrôler les productions des médias dans le cadre de l’application de l’état d’urgence décrétée pour lutter contre le COVID-19.
Au cours de cette rencontre, les présidents, Bandiougou Danté, Basidiki Touré, Dramane Alou Koné et Modibo Fofana, avaient indiqué qu’une réunion était prévue avec deux ministres, celui de l’administration territoriale et de la décentralisation et celui de la communication et de l’économie numérique, dans la journée du lundi 21 décembre 2020.
C’est pour la restitution de cette rencontre qu’ils ont à nouveau fait appel à leurs confrères ce mardi 23 décembre. Mais entretemps dans la soirée du lundi, le chroniqueur Ras Bath a été interpelé de manière peu orthodoxe.
Pour les leaders des associations faitières de la presse, cet acte est d’autant plus paradoxal et inquiétant qu’un peu plutôt dans la journée, deux ministres avec leurs proches collaborateurs leur avaient donné l’assurance que l’instruction du ministère de l’administration territoriale n’avait pour but de bâillonner la presse.
Surpris mais également inquiets et en colère de voir autant de divergences entre les paroles et les actions des autorités de la transition par rapport à la situation, les hommes de la presse se préparent à mener des actions, dans les jours à venir, en faveur de la liberté d’expression en général et celle de la presse en particulier. Selon Bandiougou Danté, président de l’URTEL, ils sont prêts à donner leurs vies, s’il le faut, pour défendre cet acquis majeur de la lutte démocratique de Mars 1991.
S.Guindo, stagiaire Malijet.com