À Bamako, un appel fort pour un numérique au service de la paix et de la cohésion sociale au Sahel
Bamako, 10 juillet 2025 – Près d’une centaine d’acteurs venus du Burkina Faso, du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire et du Tchad se sont réunis à Bamako pour une Conférence régionale de haut niveau sur le numérique et la cohésion sociale, suivie de consultations sur l’intégrité de l’information. L’événement, coorganisé par Search for Common Ground, la Haute Autorité de la Communication (HAC) du Mali et l’UNESCO, visait à promouvoir un usage responsable du numérique dans une région marquée par les conflits et la désinformation.
Alors que les réseaux sociaux facilitent l’éducation et le dialogue, ils sont aussi devenus des canaux de diffusion de discours haineux. D’où l’appel des organisateurs à renforcer la gouvernance numérique inclusive. « Notre mission est de garantir une information libre mais responsable », a rappelé Bechiry Diop, représentant du président de la HAC.
L’approche co-créative du forum s’est illustrée à travers deux panels interactifs sur la régulation numérique et la participation citoyenne. M’Bara Adiawiakoye, directeur pays de Search Mali, a salué cet engagement : « Search transforme les défis numériques en opportunités locales et régionales à travers des initiatives comme Laafi Kibaru ou le Forum de Bamako sur le numérique et la cohésion sociale. »
L’éducation aux médias a été identifiée comme un pilier stratégique. Fatouma Harber de Sankoré Labs a plaidé pour des programmes dès l’école primaire, notamment dans les zones rurales. Souleymane Oumarou Brah (NigerCheck) a souligné, lui, le rôle crucial des vérificateurs de faits face à la propagation de fausses nouvelles.
Les experts ont également insisté sur une régulation fondée sur les droits humains. Michel Elvis Kenmoe (UNESCO) a recommandé l’adoption des Principes directeurs de l’UNESCO pour encadrer les plateformes numériques, appelant à une régulation « co-construite avec les parties prenantes plutôt que dictée de manière unilatérale. »
Parmi les recommandations issues des consultations figurent : l’extension de la connectivité rurale via des partenariats public-privé, l’intégration de l’éducation numérique dans les écoles, l’harmonisation législative entre pays sahéliens, et des codes de conduite multipartites.
Le ministre de la Communication du Mali a rappelé que « le numérique est désormais au cœur de la refondation nationale », avec un arsenal juridique couvrant la cybersécurité, la cryptologie, la signature électronique et la gouvernance des données.
En rassemblant institutions, société civile, jeunes et chercheurs, la conférence de Bamako ouvre la voie à une régulation inclusive du numérique dans le Sahel. Une régulation où la technologie devient un moteur de cohésion, et non un facteur de division.