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Le bras de fer continue entre les enseignants grévistes et le gouvernement : Les enseignants attaquent la lettre du Premier ministre relative aux retenues de leurs salaires devant la Cour Suprême

Par Lerepublicainmali 339 vues
Le bras de fer continue entre les enseignants grévistes et le gouvernement : Les enseignants attaquent la lettre du Premier ministre relative aux retenues de leurs salaires devant la Cour Suprême

Les Syndicats signataires du 15 octobre 2016 ont produit une déclaration, le 11 avril 2020, pour informer l'opinion publique nationale et internationale qu'ils ont déposé deux requêtes auprès de la section administrative de la Cour Suprême du Mali contre la lettre du ministre de l'Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, Premier ministre relative aux retenues de salaires des enseignants pour fin de grève en date du 23 mars 2020. Dans leur déclaration, les enseignants précisent qu’ils ont foi en la justice malienne afin de « mettre fin à cette dérive autoritaire du Premier ministre, ministre de l'Économie et des Finances ». Selon les enseignants, depuis le mois de février 2020, le Premier ministre, Boubou CISSE a gelé leurs salaires. A cet effet, les enseignants dénoncent « les retenues abusives et sauvages opérées sur les salaires ».

Le 23 mars 2020, le ministre de l’économie et des finances, Dr Boubou Cissé, non moins Premier ministre, chef du gouvernement a adressé une lettre au directeur national du trésor et de la comptabilité publique dont la teneur est : « Emission de précomptes sur les salaires des enseignants pour fait de grève ». « Suite aux différents mouvements de grève observés par le personnel enseignant de l’enseignement secondaire, fondamental et de l'Education préscolaire et spéciale, je vous demande de prendre les dispositions nécessaires et diligentes en vue de procéder à des précomptes sur les sur les salaires de mars 2020 des enseignants grévistes comme prévu par la loi N°87-47 /AN-RM du 10 août 1987 relative à l'exercice du droit de grève. Le tableau suivant donne la situation des mouvements de grève : 17 au 21 février 2020 (5 jours) ; 24 au 28 février 2020 (5 jours) ; 02 au 06 mars 2020 (5 jours) ; 09 au 13 mars 2020 (5 jours) ; Total (20 jours) », indique la lettre du ministre de l’économie et des finances, Dr Boubou Cissé en date du 23 mars dernier. Ladite lettre précise que la mesure ne concerne pas le personnel administratif et les enseignants n'ayant pas observé les jours de grève. « A cet effet, les Directions régionales du Budget et les services techniques du Ministère de l'Education Nationale vous communiqueront les listes des personnels grévistes. J'attache une importance particulière à l'exécution correcte et diligente de la présente lettre », a souligné Dr Boubou Cissé dans sa lettre adressée au directeur national du trésor et de la comptabilité publique. Il n’en fallait pas plus pour provoquer le courroux des enseignants. Ainsi, le 11 avril 2020, les syndicats de l'Éducation signataires du 15 octobre 2016 ont fait une déclaration relative au gel des salaires des enseignants du Mali, par le Premier ministre, ministre de l'économie et des finances, Dr Boubou CISSE. « Les syndicats de l'Éducation signataires du 15 octobre 2016 (SYPESCO, SYNEB, SYNEFCT, SYNESEC, SYLDEF, FENAREC, COSES) informent l'opinion publique nationale et internationale que depuis le mois de février 2020, le Premier ministre, Boubou CISSE, par sa haine viscérale pour les enseignants du Mali, a gelé les salaires de ces derniers. En effet, prétextant l'application des dispositions de l'article 17 de la Loi N°87-47 /AN-RM relative à l'exercice du droit de grève dans les services publics, le Premier ministre a instruit ses services techniques à travers des lettres de retenues respectivement en date du 19 février 2020 et du 23 mars 2020 d'opérer des retenues sur les salaires des enseignants », précisent les enseignants dans leur déclaration. Conscient des délais de traitement des salaires, les enseignants ont indiqué que le Premier ministre, à travers ces lettres, entend retarder le traitement de salaires des enseignants et du coup provoquer le gel de leurs salaires, car les techniciens se trouvent dans l'impossibilité de les traiter à temps. Dans la présente déclaration, les enseignants ont dénoncé les retenues « abusives et sauvages » opérées sur leurs salaires. Les syndicats de l'Éducation signataires du 15 octobre 2016 rejettent l'attitude du gouvernement du Mali dans l'application des dispositions ci-dessus citées sur les enseignants au détriment des autres. Aux dires des enseignants, les lois doivent être égales pour tous comme l'affirme Roosevelt « gouverner, c'est maintenir les balances de la justice égales pour fous ». Les syndicats rappellent que l'attitude du Premier ministre et de son gouvernement vise à humilier et à vilipender les enseignants pour les contraindre à renoncer à leurs droits. « Les syndicats rappellent aussi que la construction de l'édifice national passe impérativement par les enseignants, n'en déplaise aux apatrides, aux fossoyeurs et aux sangsues de la République. Les Syndicats signataires du 15 octobre 2016 informent l'opinion publique nationale et internationale qu'ils ont déposé deux requêtes auprès de la section administrative de la Cour Suprême contre la lettre du ministre de l'Économie et des Finances, relative aux retenues de salaires des enseignants pour fin de grève en date du 23 mars 2020. Ils ont foi en la justice malienne afin de mettre fin à cette dérive autoritaire du Premier ministre, ministre de l'Économie et des Finances. Les syndicats de l'Éducation rassurent les enseignants du Mali de leur engagement à œuvrer pour la protection de la dignité de la fonction enseignante. Le respect de la profession enseignante demeure la priorité des enseignants du Mali », ont souligné, dans leur déclaration, les enseignants.

Aguibou Sogodogo

 

 

 

 

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Commentaires (4)

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F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Seydou, nous ne sommes pas en désaccord sur tous les aspects concernant l'éducation au Mali. Il y a d'abord un problème de fond lié à la qualité de l'éducation qui a considérablement baissé depuis quelques décennies. Sur ce point la responsabilité est partagée entre l'État et les enseignants. C'est évident qu'un effort considérable doit être fait pour rehausser le niveau des enseignants actuels et par ricochet celui des élèves. Il y a également un problème lié à la révision et à la modernisation du contenu pédagogique et des modes d'apprentissage. Il y a aussi le problème actuel lié à la fermeture des écoles du fait de la crise sanitaire du coronavirus. Il y a sans doute beaucoup d'autres problèmes à résoudre dans l'éducation. Mais il ne faut pas que nous mélangions en ce moment toutes les questions que soulève le système éducatif du Mali. Personnellement, je ne défends pas ici les enseignants sur tout. Je dis d'abord que les enseignants sont une catégorie professionnelle extrêmement importante pour le développement de tout pays qu'il faut savoir écouter et respecter. Or, Boubou Cissé a merdé sur ce point par son attitude hautaine et immature. Il a adopté cette même attitude incorrecte en matière sécuritaire dans le centre du pays. Un dirigeant politique qui n'a aucune d'empathie à l'égard des citoyens n'a aucune chance d'être écouté et suivi par le peuple. Je dis ensuite que Boubou Cissé doit appliquer la loi qui a été votée par le parlement. C'est une question de légalité. Lui, premier ministre, a une faible légitimité démocratique puisque personne ne l'a élu au Mali. Il a été simplement nommé par le président de la République. Boubou Cissé ne peut pas et ne doit pas bloquer la mise en œuvre d'une loi. Dura lex, sed lex / la loi est dure, mais c’est la loi. La loi est dure pour les citoyens ; elle doit l'être aussi pour le gouvernement. Il faut faire avaler à nos dirigeants politiques que leur mission est d'adopter de bonnes lois et à les mettre en œuvre. Ils ne sont que les serviteurs du peuple. Il faut les empêcher de faire dans leur coin leur petite cuisine avec leur application sélective et favoritiste des lois du pays. Si les enseignants gagnent le bras de fer contre le chef de gouvernement, je suis convaincu que nous aurons dans les prochaines années des lois plus justes et mieux ficelées à l'Assemblée nationale et ensuite mieux appliquées. Pour finir, concernant la personne de Boubou Cissé, je t'invite à réfléchir avec moi sur la question de savoir comment une seule personne peut, humainement, diriger avec sérieux et professionnalisme à la fois le poste de premier ministre et celui de l'économie et des finances. Je rappelle que le Mali est en grave crise sécuritaire, économique, sociale et maintenant sanitaire. Boubou Cissé n'est ni "Superman", ni indispensable. Il y a clairement un lien de cause à effet entre le cumul et la concentration de toutes ces fonctions dans les mains d'un seul homme et la dégradation de la situation sécuritaire, économique et sociale dans notre pays. Il faut être sérieux un peu dans ce pays et ne pas se moquer des Maliens. Nous savons besoin au Mali d'un premier ministre patriote et disponible pour, par exemple, entreprendre de grandes missions sécuritaires anti-terroristes dans le centre et le nord du pays. Nous voudrions voir un premier ministre assez fort pour être en mesure séjourner plusieurs jours sur le champs de bataille auprès des militaires de l'armée nationale lors des opérations. Au lieu de cela, nous avons droit quotidiennement dans la presse à des belles images de serrage de mains de Boubou Cissé et d'autosatisfaction. Le premier ministre Boubou Cissé doit aussi se présenter devant l'Assemblée nationale pour expliquer clairement aux élus du peuple le cap vers lequel il envisage de mener le Mali, chose qu'il refuse de faire jusqu'à ce jour. C'est par le contenu de sa Déclaration de politique générale prévue par notre Constitution que nous pourrons juger s'il réussit ou pas dans sa mission. Boubou Cissé fait dans la gestion des affaires publiques du Mali une navigation à vue. "La navigation à vue est une technique de navigation qui consiste à estimer sa position sans aucun instrument à l'aide des repères extérieurs, amers terrestres ou en mer, routes ou voies ferrées, monuments remarquables pour un aéronef".

S
Seydou il y a 5 ans

Bonjour Fanga. Comme toujours je ne suis pas d'accord avec toi sur la crise scolaire. Comme moi je sais que tu 'es pas enseignant.Nous avons tous des enfants ou des neveus qui vont a l'ecole au Mali ou a l'exterieur. L'education a distance audio ou visuelle n'a pas commencer Aujourd'hui par le developpement des TIC.Bien au contraire.Fin des annees 1980 quand nous etions au second cycle fondamental, tous les Dimanches de 9-11H les cadres de l'inspection fondamental intervenaient sur les antennes RTM ou ORTM pour dispenser les cours de grammaire et tout le bazar de la Langue Francaise et meme physi.Il suffit d'avoir une radio et etre courageux.Je peux dire moi personnellement cela m'a aider. Maintenant avec le developpement tech on peut meme faire plus.Les pays le font deja.Le Mali ne saura rester a la traine. Le gouvernement peut investir dans les villages les plus reculer, construire un batiment et faire les installtions pour un groupe de personnes avec un encadreur.Cela peut etre via internet via reseau cable TV ou via transitor.Quelquun me dira ici que le village n'a pas d'argent pour acheter 2-4 piles seches.Eh bien pour le bien du Mali que le gouvernement subvensionne! A pas le courant, on trouve le soleil partout au Mali..energie solaire deja en usage dans les coins les plus recules.A Bamako, Sikasso Koutiala...que l'enfand du pauvre qui n'a pas de TV va dans la Famille de l'enfant du riche qui en possede.Le Mali un pays sociable. Je suis sure que petit a petit le Mali trouvera son chemin dans cette voie. Quand aux enseignants grvistes, je peux comprendre leur desarroi.Si le projet porte ses fruits,ils savent que cela sera un point pour le gouvernement dans les negociations.Car ces enseignants ne seront plus necessaires. Bref ces enseignants grevistes se battent contre ce projet bien que cela est utile pour le Mali. Et Boubou Cisse est un jeune competent.Ces parents furent des enseignants.Je crois pas qu'il soit anti-ecole, anti-education, anti-enseignants. One gere pas un pays comme on gere un bar. Pays les gens qui travaille pas cela sent l'impunite et ne faira qu'enfoncer le Mali. Je prie le bon Dieu pour qu'un Jour ces enseignants grevistes aient le Mali dans leur Coeur. Monsieur Fanga, c'est mon point de vue sans mechancte.Et sachez que j'apprecie beacoup tes commantaires

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Si Boubou Cissé s'obstine à refuser de faire une application juste de la loi à l'égard des enseignants, qui sont aussi des citoyens maliens, des électeurs, des chefs de famille et des consommateurs, ainsi qu'à expliquer au peuple malien où il veut mener notre pays en présentant au parlement national sa déclaration de politique générale, il faudra le contraindre à s'expliquer devant les juges. Appliquer la loi de façon juste ou rendre des comptes devant la justice de son pays, c'est aussi une démocratie vivante !

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Très bien, la saisine de la justice !