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Choguel Kokalla Maïga à propos de la non application de l’article 39 : «Sur ce sujet, moi j’ai choisi la voie du pragmatisme pour sortir des jeux de mots »

Par Lerepublicainmali 485 vues
Choguel Kokalla Maïga à propos de la non application de l’article 39 : «Sur  ce sujet, moi  j’ai choisi  la voie  du pragmatisme pour sortir  des jeux de mots »

Le lundi 03 juillet 2021, plusieurs questions ont été posées par les membres du Conseil national de Transition (CNT) au Premier Ministre sur la non application de l’article 39 des enseignants qui menacent sérieusement de boycotter les examens de fin d’année. Le premier Ministre, ChoguelKokallaMaïga a, en toute franchise, fait savoir que quand ils sont venus, « il y avait le choix entre continuer à discuter avec le risque qu’on rentre encore dans un conflit social, ou prendre une décision et continuer les discussions.»

Selon  lui, c’est  un sujet  qui a plus de passion  et de polémique  aujourd’hui  que  de  pragmatisme  pour sortir  des  jeux  de mots. « Mais, je fais un peu  d’histoire », précise-t-il. Quand  cette  loi a été adoptée, rappelle  Choguel,  en février  2018, nous  étions  à  la veille des  élections, moi  j’étais  dans l’opposition. Au sein du  gouvernement,  révèle  Choguel, la majorité  des  membres  ne  voulaient pas  de cette loi. Les  ministres  concernés  ont  dit que  ça va créer  des problèmes, qu’elle est  anticonstitutionnelle. « On ne  peut pas faire  une loi où des  cadres B  vont avoir  des  salaires plus  élevés  que  les cadres A. Il  y a eu un blocage. Mais il y a eu une instruction  politique  pour  faire passer  la loi. Et  depuis  que  la loi est  passée, les élections  sont passées, on l’a mise dans les tiroirs. Les enseignants  ont  marché; ils ont fait  des grèves pendant  dix mois. C’est  lorsque  le mouvement  social   est  arrivé au  point culminant que  le pouvoir a lâché  du bout des lèvres dans cette même salle du CICB, juste pour calmer la tension. Mais après, il n’y a rien eu. Il a fallu le changement du 18 août 2020 pour  que  les nouvelles autorités  disent qu’elles veulent sauver  l’année scolaire », explique le premier ministre. Elles (les autorités de la transition)  sont rentrés, précise Choguel,  dans  les négociations avec les syndicats d’enseignants ; elles ont décidé  aussi de façon volontariste de l’appliquer ; il n’y a pas eu trop de calcul. S’il y avait eu des calculs sur les retombées, sur les autres syndicats, elles n’allaient pas le faire, va-t-il indiquer. « Une décision politique a été prise donc. C’est exactement  comme  les cheminots. Ils ont voté, il n’y a plus d’argent pour les payer le lundi. C’est exactement la locomotive  qu’on  a montrée  à la télévision. Toute  la population de Kayes était contente. Elle a voté, après il n’y a plus de locomotive. Donc, cette loi a un parcours  qui est fait des hauts et des bas où on n’a pas joué franc jeu avec les enseignants. Mais  c’est  après le 18 août qu’on a joué franc jeu. Les nouvelles autorités  ont  écouté, ont  appliqué  quelles que soient les conséquences. Ils ont discuté verbalement. Les conséquences étaient que les autres demandent l’harmonisation tout de suite. Ils s’étaient entendus que, si on l’applique, ça va amener la paix. Mais la réalité est que les autres syndicats ont demandé l’harmonisation à égalité de diplôme, égalité de salaire. Donc dans l’entendement  de  tout  le monde, lorsqu’on fera  l’harmonisation, c’est là qu’on met les compteurs à zéro pour  tout  le monde. Il y a un nouveau  point de départ. Voilà  l’esprit des autorités de la transition », a expliqué le premier ministre. Et lorsque nous sommes venus  effectivement, ajoute-t-il, Il y  avait  le choix entre  continuer à discuter avec le risque qu’on rentre encore dans un conflit social, ou prendre une décision et continuer  les discussions. Là où on est aujourd’hui, ce qui a été instruit au Ministre de la Fonction publique, au ministre de l’éducation nationale, au ministre  de l’économie  et des finances, est  de regarder est ce qu’après la loi sur  l’harmonisation, le corps enseignant est monté, la grille a changé. On m’a dit que  plus des 90% c’est  le cas. Par  contre, il ya  les cadres  A dans leur secteur qui n’ont pas senti d’augmentation, de changement substantiel sur leurs salaires. L’instruction  est qu’il faut ajuster  où il y a. Notre  souhait,  c’est qu’il n’y ait pas de sentiment d’inéquité à la fin. Donc ceux qui n’ont pas vu leur grille changée, il faut changer  pour  eux, faire des discussions techniques pour harmoniser et mettre les compteurs à zéro pour tout le monde. C’est pourquoi j’ai dit qu’il faut  être pragmatique dans ça. Et je pense que les discussions qu’ils ont avec  les enseignants  doivent aboutir à un accord pour sauver l’école. Parce que sauver l’école, ce n’est pas seulement  l’affaire du gouvernement, c’est   l’affaire des enseignants aussi. Surtout que l’école ne se résume pas aux salaires  des enseignants. Il y a beaucoup de choses. Il y a aujourd’hui des écoles sur  lesquelles  l’Etat est obligé de déployer dix milliards de Fcfa pour  pouvoir  les refaire. Alors que l’Etat est censé avoir transféré les fonds aux  collectivités. Mais lorsque  les classes s’écroulent, ce sont  les hautes autorités, c’est  le gouvernement qui sont interpellés ; ce n’est pas le Maire qui est interpellé. C’est pourquoi je demande à nos frères enseignants aujourd’hui de faire preuve  de compréhension, de  discuter, tous  les enseignants qui sont lésésle nombre 5% ou 10%,  faire les ajustements nécessaires et qu’on s’entende pour  mettre les compteurs à zéro  pour tout le monde à partir de maintenant  et qu’on sauve  l’école, l’année scolaire. C’est  pourquoi  moi je suis  optimiste  sauf s’il y  a peut-être  d’autres considérations  que je ne connaisse pas. Mais je crois qu’aujourd’hui, on a besoin de faire un certain nombre de sacrifices. Parce que  la situation du pays  ne permet  pas  de rentrer dans un cycle de  revendications incessantes. Aujourd'hui, il y a des genres de concessions, si  le gouvernement les fait, demain, d’autres syndicats vont se lever. On va rentrer  dans un cycle  infernal  et on ne va pas nous  en sortir. Or, on a trouvé que l’ensemble des textes qui ont été signés : les primes, indemnités, avantages promis, quand vous les mettez ensemble,  ça fait 1400 milliards de Fcfa.  Ce qui fait plus de la moitié  du budget de l’Etat. Mais quel Etat peut faire ? On est en guerre, les autres nous regardent. Imaginons ce qu’ils pensent de nous. C’est pourquoi je dis qu’une fois on a l’équité, que chacun fasse violence sur lui-même pourqu’on puisse passer ce cap. Pour une fois, on montre que même sans l’aide extérieure, avec les ressources qu’on a, on peut serrer la ceinture et survivre. Beaucoup ne pensaient pas  que l’Etat  allait tenir. Quand  on a dit que le PAG est sur  ressources propres  de l’Etat, certains  ont dit que ce n’est pas vrai. Parce qu’on  a mis dans la tête des gens  depuis des décennies qu’on ne peut rien faire  sans l’aide  extérieure. On peut  le faire, il suffit de croire en soi-même, de faire des concessions. A  des  périodes  données  de l’histoire d’un pays, tout le monde fait des sacrifices. Avec  tout le respect qu’on  doit aux enseignants, on le leur doit d’ailleurs, parce que comme les uns et les autres le disent, l’enseignement  c’est la base. Quand  il n’y pas d’école, il y a plus rien. Donc tout  ce qui peut  les heurter, les effaroucher, qui  peut les choquer, il faut l’éviter. Mais  on fait vraiment  appel à leur sens patriotique  en tenant compte de la situation du pays. Les autorités de la transition depuis le 18 août ont tranché  un problème  qui durait des années. Faisons  donc en sorte qu’on ne rentre  pas dans un autre cycle de revendications  avec d’autres syndicats. C’est pourquoi  jecrois  que les négociations qui ne sont pas rompues continuent. Et dès au sortir de  cette salle, elles vont continuer  demain. Et je pense qu’on va trouver  un terrain d’entente.

Hadama B. Fofana

 

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Commentaires (3)

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C
COULIBALY Yacouba W il y a 4 ans

De toutes les façons il faut que les enseignants sachent qu’ils ont eu leur statut particulier et aucun malien n’a bronché depuis quelques années maintenant, et lorsque les autres demandent l’équité, ils s’offusquent, cela veut dire quoi? Cela s’appelle méchanceté et jalousie et il faut qu’ils cessent de tel comportement éhonté sinon ils mettrons fin à l’existence de ce pays dans quelques mois et ce jour là ils n’aurons que leurs yeux pour pleurer. Pour perdre son pays, c’est facile, il suffit de prendre la posture que eux enseignants ont pris aujourd’hui sans jamais relâcher et c’est tout, dans quels mois le pays disparaitra totalement, comment vous enseignants acceptiez avec votre statut particulier que vos cadres B soient plus payés que certains cadres A de la catégorie générale de la fonction publique? Cela s’appelle aberration totale qu’il faut bannir des réalités de ce pays tout de suite. Mettez la ballon à terre et cessez de vous comportez en médiocres. “Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.” Albert EINSTEIN. Protégez votre pays en oubliant cet article 39 qui n’est rien face à l’avenir de notre très cher Pays.

T
Traoré il y a 4 ans

Mais je me demande , qu'est-ce que le PM se dit pragmatisme ? Je cite : (A39 n'est pas abrogé). Qui bloque l'application de A39? Les questions ont été très claires . - à savoir les éléments constitutifs du salaire, - la masse salariale des fonctionnaires. Quand il a intérêt de resoudre ce problème car nous n'avons pas besoin de ça. Nous ne voulons qu'une transition apaisée.

T
Traoré il y a 4 ans

Mais je me demande , qu'est-ce que le PM se dit pragmatisme ? Je cite : (A39 n'est pas abrogé). Qui bloque l'application de A39? Les questions ont été très claires . - à savoir les éléments constitutifs du salaire, - la masse salariale des fonctionnaires. Quand il a intérêt de resoudre ce problème car nous n'avons pas besoin de ça. Nous ne voulons qu'une transition apaisée.