Des réformes majeures du PRODEC2 sur la question enseignante au Mali, ont été lancées.
Conformément aux orientations du Programme Décennal de Développement de l'Education (PRODEC II, 2019-2028), des réformes majeures sur la question enseignante au Mali ont été lancées au cours d'une cérémonie tenue ce jeudi 10 novembre 2022 à l'hôtel Salam Azalaï de Bamako.
Cette cérémonie de lancement a été présidée par Mme Dédéou OUSMANE, Ministre de l'Education Nationale, en présence du Ministre de la Refondation de l'Etat, chargé des Relations avec les Institutions, M. Ibrahim Ikassa MAIGA, le Ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, M. Bokary DOUMBIA, le Chef du bureau de l'UNESCO au Mali, M. Edmond Moukala, le Représentant de la délégation de l'Ambassadeur de l'Union Européenne, M. Mateusz PROROK, chef d'équipe gouvernance, le Représentant du maire de la commune 3, M. Abdoulaye DOUMBIA.
En effet, le Mali s'est résolument engagé dans la dynamique de la refondation de l'Etat. Cette refondation passe forcément par la refondation du système éducatif. C'est pourquoi, les plus hautes autorités du Mali ont entrepris cette ambitieuse réforme de notre système éducatif à travers la mise en œuvre du Programme décennal de développement de l'éducation et de la formation professionnelle, deuxième génération, PRODEC2.
Dans la refondation du système éducatif, la ressource humaine, l'enseignant, surtout, occupe une place de choix. C'est pour cela que le PRODEC2 a réservé tout un programme à la question enseignante, il s'agit du programme 2 qui s'articule autour de trois (3) sous-programmes : l’amélioration de la formation initiale des enseignants ; le renforcement du dispositif de la formation continue du personnel enseignant ; le renforcement du dispositif de recrutement et de gestion des enseignants.
En vue de l'amélioration de la formation et de la gestion des enseignants, le programme 2 s'est fixé, entre autres, les objectifs suivants : Redéfinir le profil d'entrée et de sortie pour les écoles de formation initiale des enseignants avec comme options, d’ici 2030 ; faire passer le pourcentage de nouveaux entrants avec niveau BAC dans les IFM à 1O0% dès 2025 pour l'option généraliste ainsi que pour l'option spécialisation avec polyvalence et faire passer la durée de la formation de deux à trois ans pour le niveau BAC; Recruter les enseignants issus des écoles de formation des enseignants et Rendre la fonction enseignante plus attractive.
« L'une des stratégies pour y parvenir, c'est l'élaboration d'une politique unique de formation initiale des enseignants. L'autre élément qui nous permettrait d'aboutir à la refondation de notre système, c'est l'amélioration de son efficacité interne » a affirmé la Ministre de l'éducation nationale lors de son allocution.
A cet effet, le PRODEC 2, à travers son programme 1, se donne comme un des objectifs de « développer et mettre à la disposition du système éducatif des Curricula de qualité », avec comme mesures clé : la poursuite et le renforcement de la réforme curriculaire, et la disponibilité d'un cadre d'orientation curriculaire harmonisé pour toutes les écoles de formation d'enseignants.
« L'amélioration de l'efficacité interne du système éducatif et la question enseignante constituent des priorités majeures du PRODEC2. Et dans la prise en charge de ces priorités, mon département a engagé trois actions phares: l'élaboration d'un Cadre d'orientation Curriculaire (COC) harmonisé sur la base d'une étude sur l'état des lieux d'un Cadre d'orientation curriculaire au Mali ; l'élaboration d'une politique nationale enseignante du Mali (PNEM) et d'un paquet de ressources pour la professionnalisation des enseignants ; l'opérationnalisation de la réforme BAC+3 de la formation initiale des enseignants dans les instituts de formation des maîtres (IFM) » a-t-elle ajouté.
Il est important de rappeler que ces réformes phares qui permettront à notre pays de trouver des solutions aux défis posés par la « vision holistique, ambitieuse et mobilisatrice » de l'Agenda éducation 2030, cadrent bien avec la vision des plus hautes autorités, vision décrite dans le Cadre Stratégique de la Refondation de l'Etat 2022-2031.
Toutefois, l'Etat n'est pas seul dans le processus d'opérationnalisation de ces réformes phares et bénéficie de l'accompagnement des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des parents d'élèves et des enseignants.
Ainsi, l'UNESCO à travers son programme « développement des capacités pour l’éducation », CapEd, et le projet « Améliorer l'Enseignement dans la région du Sahel » financé par l'Union Européenne, accompagne le Mali. « Nous avons noté avec satisfaction une intégration de réformes prometteuses dans le cadre du renforcement de la formation et de la gouvernance des enseignants afin d'assurer la continuité éducative à des milliers d'enfants sur l'étendue du territoire. Nous sommes convaincus, que ces réformes, certes, contribueront à une amélioration accrue des programmes d'enseignement et d’apprentissage » a déclaré M. Edmond Moukala, Chef du bureau de l'UNESCO au Mali.
Il faut savoir que le Mali bénéficie d'environ un milliard cent millions de FCFA sur la durée du projet (45 mois) intitulé « Améliorer l'Enseignement dans la région du Sahel » qui vise à renforcer les qualifications, la politique et la gestion des enseignants afin d'améliorer les résultats d'apprentissage.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com