Bourses d’études algériennes: Barrière de la langue et retard au départ
A l’étranger notamment au Maghreb, les étudiants maliens sont confrontés à d’énormes difficultés dans leurs pays d’accueil. Selon le responsable de la communication du bureau de coordination de l’Association des élèves, étudiants et stagiaires maliens en Algérie, ces difficultés sont généralement liées au départ des étudiants et à l’insuffisance des allocations.
Selon notre interlocuteur, Ansar Nabil, responsable de la communication du bureau de coordination de l’Association des élèves, étudiants et stagiaires maliens en Algérie, le problème majeur que rencontrent les étudiants boursiers maliens à l’étranger surtout ceux de l’Algérie est le retard accusé dans leur mise en route par les autorités.
"Les soucis des étudiants boursiers commencent bien avant qu’ils ne rejoignent leur pays de destination. Habituellement, dans les pays maghrébins, plus précisément l’Algérie, l’année universitaire démarre au mois de septembre. Pendant ce temps, les étudiants maliens ne regagnent leurs universités d’accueil que 3 à 4 mois plus tard notamment entre décembre et janvier. De toutes les communautés issues d’autres pays, il se trouve que le Mali est pratiquement le seul pays à accuser un tel retard", fait-il savoir.
A ses dires, le retard pour le départ des boursiers a des répercussions négatives très sérieuses sur leur parcours universitaire dans la mesure où ils n’arrivent pas à suivre toutes les évaluations correctement.
"Cette situation contribue dans bien de cas à la perte de l’année universitaire parce que diverses évaluations sont ratées et les rares effectuées sont difficilement validées dans les meilleurs des cas, sinon pas du tout. Cela, faute de n’avoir pas de notions basiques relatives au contenu des cours. Accusant donc un retard phénoménal, les boursiers ont initialement du mal à se sentir bien du point de vue de l’intégration, mais voient également leur année universitaire compromise", déplore Ansar Nabil.
Autre révélation inquiétante. Le responsable des étudiants malien en Algérie affirme que les boursiers de la promotion 2021, à destination d’Algérie, n’ont pas encore foulé le sol algérien. Une situation "triste et inquiétante" que rien ne pourrait justifier selon lui. Outre le problème relatif au retard, il y en a un autre tout aussi épineux. Il s’agit de la barrière linguistique. Car il arrive également que des boursiers de certaines filières voient dispenser en arabe certaines de leurs matières.
Comme solution palliative, le responsable de la communication du bureau de coordination de l’Association des élèves, étudiants et stagiaires maliens en Algérie, indique que la seule alternative envisageable dans le cas cité est de procéder à des démarches qui consistent à changer de filière ou de région où la filière initiale est enseignée en français.
"Le processus traîne beaucoup. Cela est également l’une des raisons de la perte de l’année universitaire. Cette situation déplorable est consécutive à un déficit de renseignements et de concertation qui mérite d’être solutionné", fustige-t-il.
Pour finir, Ansar Nabil évoque une autre difficile d’ordre pécuniaire. Il s’agit de l’insuffisance de l’allocation versée aux étudiants par trimestre. "Nous jugeons qu’elle est insuffisante et ne permet pas des fois, de couvrir l’intégralité de la période. Au regard de toutes ces difficultés, nous vivons dans un monde en proie à divers problèmes", conclut-il.
Aïchata Ballo
(Stagiaire)