samedi 21 février 2026
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Sahel : la nouvelle année ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices pour les civils

Par Le Wagadu 1,488 vues
Sahel : la nouvelle année ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices pour les civils

2022, restera une année particulière difficile et très éprouvante pour les civils au Sahel du fait des groupes terroristes. Au Mali, on dénombre près de 2000 civils qui auraient perdu la vie durant l’année précédente. Le pire c’est que l’année en cours ne s’annoncent pas sous de meilleurs auspices dans la mesure où ces groupes continuent d’évoluer semant terreur et désolation après leur passage.

Selon l’ONG ACLED chargée de répertorier les données cartographiques sur les violences armées, au Mali, la violence en 2022 a atteint les niveaux les plus élevés jamais enregistrés. Ainsi, à en croire cette organisation, le nombre de décès signalés dus à la violence politique a augmenté de 150 % au Mali à partir de 2021 et le nombre total de conflits et de manifestations a considérablement augmenté dans les trois pays du centre du Sahel.

De plus, cette ONG de signaler que les interruptions de l’ordre constitutionnel, survenues en août 2020 et mai 2021, ont été d’importants moteurs de l’instabilité et de l’affaiblissement des institutions étatiques. Par ailleurs, le pays se remet aussi difficilement du vide sécuritaire créé par le départ prématuré des forces françaises de Barkhane et de la Task Force Takuba. Une situation qui a favorisé le déferlement des violences armées particulièrement au niveau de la zone dite des « Trois frontières » (Mali, Burkina Faso et Niger).

Parmi les facteurs ayant contribué à l’escalade de la violence enregistrée au Mali, l’ONG cite l’entrée en action des nouveaux partenaires que Bamako qualifient d’« instructeurs » alors que les Occidentaux affirment être des « mercenaires du groupe de sécurité privée russe Wagner ». Toutefois, l’ONG reconnait que leur déploiement a favorisé plus de liberté d’actions et de mouvements au profit des FAMa ainsi que des éléments de la milice Da na Amassagou.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses zones du pays notamment dans le centre ont été nettoyées de toute présence terroriste. Par contre, cela a également entrainé un déplacement massif de populations locales craignant d’être pris pour cible en représailles aux activités des FAMa et leurs partenaires. Outre des localités désertées par la population dans le Centre du pays, on compte également de nombreux civils tués et du bétail complètement décimé.

Pour revenir sur la zone des trois frontières, il faut signaler que la situation a été particulièrement plus préoccupante. Depuis, l’offensive entamée en mars 2022 par l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) dans les zones de Ménaka et Gao, on ne compte pas moins d’un millier de civils tués alors que des milliers d’autres ont été déplacés. On enregistre également des morts du côté de ceux qui ont tenté de s’y opposer tels que les combattants de la Coalition MSA/GATIA ainsi que leurs rivaux du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM).

Aussi, les affrontements opposant l’EIGS aux GSIM ont atteint des niveaux presque aussi élevés qu’à leur apogée en 2020, avec près de 600 de leurs éléments tués en 2022. De plus, l’EIGS a consolidé son emprise dans la région frontalière des trois États et a commencé des activités pseudo-gouvernementales (sécurité, impôts et taxes prélevés aux civils, semblable d’administration).

Pourtant, le GSIM est cependant resté de loin le groupe armé terroriste le plus actif de la région, menant trois fois plus d’attaques que l’EIGS. Le GSIM a continué à s’étendre et à encercler progressivement les alentours de Bamako. Ce groupe était également l’acteur le plus meurtrier au niveau régional. Au-delà du Mali, les activités du groupe ont été particulièrement prononcées au Burkina Faso voisin, où il a étendu ses opérations à de nouvelles zones et lancé plusieurs attaques majeures.

Le GSIM et l’EIGS jouent un rôle central dans la crise sahélienne

Plus particulièrement, le groupe a mené une attaque contre une base de la taille d’un régiment à Djibo, la capitale de la province septentrionale du Soum, et une embuscade contre un convoi de ravitaillement escorté par l’armée qui a entraîné l’incendie de plus de 90 camions le long d’un tronçon de route de cinq kilomètres. De plus en plus, il s’installe dans les pays du Golfe de Guinée comme le Bénin, le Togo, le Ghana, etc.

Ainsi, le GSIM et l’EIGS jouent un rôle central dans la crise sahélienne. Il est également clair que ces derniers ont exploité le vide sécuritaire créé après le retrait des forces françaises du Mali. Il est attendu qu’il en fasse de même au Burkina Faso profitant du retrait en cours des forces françaises de l’Opération « Sabre ». Ces groupes vont sans doute en profiter pour étendre leur influence à travers des cycles de violence encore plus meurtriers dans la région.

A ce jour, il semble que l’approche privilégiée par les autorités à savoir le « tout-militaire et sécuritaire » a montré ses limites. L’occasion d’expérimenter d’autres approches avant qu’il ne soit trop tard puisqu’au-delà de la crise sécuritaire, c’est aussi une crise humanitaire sans précédent que cette situation va créer dans un contexte de rareté des ressources et de l’orientation des aides vers d’autres priorités comme l’Ukraine, les conséquences des tremblements de terre en Syrie et en Turquie, le Yémen, etc.

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Commentaires (2)

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L
LeGoupil33 il y a 3 ans

Mon cher Diawara Il me semble que tu as un problème de compréhension de texte. Ce qui est écrit ne correspond pas trop à ton affirmation " LES TERRORISTES CHERCHENT OÙ DONNER DE LA TÊTE TELLEMENT LES FAMAS SONT DEVENUS PUISSANTS ET ÉCRASENT TOUT SUR LEUR PASSAGE." Moi je lis le contraire. Au passage le journaliste est très "gentil" avec ce qu'il dit des propos de l'ACLED sur les russes. Voici ce qui est écrit à leur sujet: 1. "Au Mali, en revanche, le groupe Wagner a surtout agi aux côtés des forces étatiques, ce qui a entraîné une augmentation des actes de ciblage de civils impliquant des forces étatiques. ACLED recense près de 480 décès de civils attribuables à des opérations menées conjointement par les forces du groupe Wagner et celles de l’État malien. En plus de mettre en évidence le risque accru que les forces du groupe Wagner font courir aux civils au travers d’assassinats ciblés et d’attaques opportunistes, les tendances susmentionnées soulignent aussi la manière dont les États s’accommodent de ces agissements et les exploitent dans le cadre d’opérations contre-insurrectionnelles plus larges, menées dans des contextes de conflit déjà complexes." 2."L’éloignement du Mali de ses partenaires traditionnels de sécurité a notamment coïncidé avec la décision des Forces armées maliennes (FAMa) d’intensifier leurs opérations contre les militants islamistes. Ce recentrage est survenu après que les FAMa se soient, pendant la majeure partie de l’année 2021, désengagées des opérations contre les groupes militants islamistes (pour plus d’informations, voir la section du rapport d’ACLED Les 10 conflits à surveiller en 2022 : le Sahel – en anglais). Le groupe Wagner a joué un rôle significatif dans l’intensification de ces activités. Sur fond d’intensification des opérations militaires, le groupe Wagner et les FAMa se sont ainsi livrés à de multiples attaques meurtrières visant des civils. Les mercenaires du groupe ont ainsi été impliqués dans des attaques contre des populations civiles dans les régions de Mopti, Ségou, Tombouctou et Koulikoro (voir la carte ci-dessous), toutes des foyers d’activité du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. ACLED recense près de 500 victimes civiles dues à ces attaques, dont le massacre de centaines de civils à Moura, dans la région de Mopti, fin mars 2022. Ainsi, 71% des faits de violence politique auxquels le groupe Wagner a pris part au Mali ont été marqués par des violences visant des populations civiles." 3; "Bien que son déploiement au Mali n’en soit qu’à ses débuts, le groupe Wagner a déjà eu un impact significatif sur un environnement de conflit déjà complexe. Au cours des six premiers mois de son déploiement, les opérations du groupe ont démontré qu’elles avaient un impact négatif sur la dynamique du conflit, en affectant tout particulièrement la sécurité des civils. Tout comme en RCA, le déploiement du groupe Wagner y a engendré des atrocités de masse, des tortures, des exécutions sommaires, des pillages, l’introduction de dispositifs piège en guise de tactique anti-insurrectionnelle, ainsi que des opérations d’influence dans la sphère de l’information. À mesure que le groupe élargit progressivement son implantation, d’autres régions courent le risque d’être confrontées à des développements similaires à ceux observés dans le centre du Mali et dans les zones avoisinantes." C'est un peu différent, non ? Source: https://acleddata.com/2022/08/30/les-operations-du-groupe-wagner-en-afrique-les-tendances-du-ciblage-de-populations-civiles-en-republique-centrafricaine-et-au-mali/

D
Diawara il y a 3 ans

UNE CHOSE EST SÛRE AUJOURD'HUI LES TERRORISTES CHERCHENT OÙ DONNER DE LA TÊTE TELLEMENT LES FAMAS SONT DEVENUS PUISSANTS ET ÉCRASENT TOUT SUR LEUR PASSAGE. C'EST LÀ OÙ LES DONNÉES DE L'IMPÉRIALISME SONT VOUÉES À L'ÉCHEC. LEUR TERRORISME IMPORTÉ BAS DE L'AILE. AUX FAMAS QUE NOUS SOUTENONS NUITS ET JOURS SURTOUT ÉVITER DE FAIRE DES PRISONNIERS IL FAUT SEULEMENT LES ÉLIMINÉS POINT