samedi 21 février 2026
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Sankara, un mythe ?

Par L'Enquêteur 87 vues
Sankara, un mythe ?

Le 4 août 1983, Thomas Sankara arrivait au pouvoir en Haute-Volta, qu’il baptisera immédiatement Burkina Faso. Plus de trois décennies après, il est encore vivant dans l’esprit collectif du peuple africain. Hommage à un président.

«Mes meilleurs informateurs, ceux qui viennent me dire : "attention, on dit ceci, on dit cela", c'est Blaise Compaoré, c'est Henri Zongo, c'est Lingani Jean-Baptiste. C'est vrai que le jour où ces gens-là ne me diront plus la vérité parce que l'ennemi leur aura fait du mal, ce sera une grande perte.» Thomas Sankara, août 1987.

Et ce fut une grande perte! Une perte, non seulement en vies humaines. Une perte pour tout un continent, l'Afrique, qui voyait mourir celui-là qui incarnait toutes les espérances de sa jeunesse.

L'adieu du 15 octobre 1987, ce sont les larmes d'une femme, Mariam Sankara, inconsolable, abattue par la trahison ; elle qui ne connaîtra plus jamais le bonheur de vivre aux côtés de son homme.

L'adieu, ce sont ces mots durs, vomis fraîchement des entrailles des « Rectificateurs », pour justifier leur forfait, alors même qu'à peine le corps du défunt président reposait en paix au cimetière des pauvres à Dagnoën, à Ouagadougou.

Des frères d'armes, des amis unis par leur volonté de rendre service à leur peuple, n'ont pas su se retenir quand il le fallait : "l'amour du pouvoir personnel a conduit Thomas à vouloir nous poignarder dans le dos.", osait confier Blaise Compaoré après le 15 octobre 1987.

C'est ainsi qu'il s'en est allé, mort à 38 ans, faisant des orphelins par millions dans le monde entier. La commémoration des 20 ans de son assassinat a révélé, en octobre 2007 au Burkina,  aux yeux de la communauté internationale Ô combien l'homme est toujours aimé. La haine de ses tombeurs n'a pu entamer cet amour que le peuple africain, des décennies après, lui témoigne. "Thomas Sankara toujours vivant", fait plus peur que jamais. Une marée humaine est venue lui témoigner sa sympathie, scandant des slogans révolutionnaires, au rythme de ses plus célèbres discours, en fond sonore.

Plus jamais on ne l'entendra dénoncer les hiboux au regard gluant, fustiger les lépreux qui ne peuvent que renverser les calebasses, galvaniser des foules entières, discuter des heures pour convaincre. Sankara, l'homme à la pensée intarissable, fit faire des bonds de géant à un petit pays, le sien, qu'il aimait et respectait tant.

Plus jamais il ne pourra adresser des mots tendres à son épouse, dont la douleur d'une séparation n'a rien enlevé à la beauté et à son calme imperturbable. Très discrète, elle a su placer les mots là où il le fallait. Et comment ne pas couler des larmes, quand, se plongeant dans un lointain souvenir, elle se rappelle de leur première rencontre et des premières lettres que celui qui allait changer le destin de son peuple lui écrivait avec tant de passion?  Un amour dont les premiers pas ont été guidés par la tendresse, l'affection et la fougue d'une jeunesse bien remplie : Sankara et Mariam formaient un beau couple. Leurs enfants, Auguste et Philippe, sont un témoin vivant de cette union, détruite à coup de kalachnikov par les hommes de "tonton".

Plus jamais, les ennemis du PF (Président du Faso), dans leur sommeil, ne retrouveront la paix. Un fardeau bien lourd à porter, que d'avoir la mort d'un tel homme sur sa conscience. Même les calmants les plus efficaces n'y peuvent rien. Encore moins l'utopie d'un président qui se voulait irremplaçable, surpris en plein tripatouillage de la Constitution,  par le changement du vent. Il est forcé à vivre en exil, en attendant que la justice le juge pour ses actes.

En voulant effacer de la mémoire collective le chef-d'œuvre de Sankara, Blaise Compaoré et ses complices avaient oublié qu'on ne tue pas un mythe. Surtout lorsque celui-ci tire sa source d’un certain Thomas Sankara. Près de trois décennies après sa mort, le peuple africain n’a cessé de faire son adieu au président Sankara.

 

 

Henri Levent

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Commentaires (13)

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A
Anonyme il y a 9 ans

SANKARA était un envoye de dieu

A
Abdoulatif Dicko il y a 10 ans

l'afrique n'avance jamais si l'occident est en pied en menaçant nos dirigents.

S
SIDIBE Boubacar Raphan il y a 10 ans

En tant que nous tendons la main a l'occident,l'Afrique ne sera developpe.

D
Djibril il y a 10 ans

Qu'est ce que la CPI attend pour juger Blaise COMPAORE et ses complices?

M
Mme Didia Sidibé il y a 10 ans

Vraiment dors en paix digne Fils du Faso, comme dit les lad ages "les bonnes sauces ne durs pas ds les marmites" de son vivant le BF n'allait pas être là ou nous sommes aujourd'hui, mais c'est son destin on attend ce qu'il réserve pour les autres qui étaient contre lui en tout cas il dors en paix aujourd'hui que le tout puissant donne longue vie a ces enfants et sa brave femme amen.

A
Anonyme il y a 10 ans

La mort de Blaise Compaoré.

A
Anonyme il y a 10 ans

Bon, moi j'étais un gamin. Mais je me souviens du jours ou ce monster Blaise le commit officiel de Franci...

D
demba diallo il y a 10 ans

Pour la memoire ,je me rappelle ce jour là 4 août 1985 , 2e anniversaire de la revolution ,sankara jouait de la guitare accompagné par dix belles voix feminines de la musique africaine entre autres " Tchalla muana , Milia bell,pongo love , nahawa doumbia ,etc..

B
Balandougou il y a 10 ans

Merci Monsieur le journaliste, dieu a fait cette promesse, ceux qui se sont battus pour leur peuple garderont toujours une grande considération dans ce monde ici bas. les prophètes en sont les exemples, ils n'ont pas donné des millions aux griots, mais ils ont sauvé des espoirs, aidé pour la justice. certains Africains comprenons que l'Occident ne baissera jamais les bras, il cherchera par tous les moyens de détruire l'Afrique et les Africains. Tant que l'Afrique ne soulève pas contre la monnaie le FCFA, la colonisation économique masquée sous le nom de la mondialisation, la libre circulation de leurs entreprises multinationales, l'adoptions de nos propres langues comme langues de travail au lieu de la langue du traitre de colonisateurs, criminaliser la colonisation. voilà les champs de batailles que les Africains doivent s’atteler sans tarder pour que nos futures générations puissent bénéficier des richesses de notre chers continent. Vive l'Afrique, vive les idéaux de Thomas SANKARA au service d'une Afrique Responsable et Unie.

C
chat noir il y a 10 ans

Qu'est-ce-que les cinéastes attendent pour réaliser un film sur la vie, le pouvoir, et l'assinat de Thomas sankara?

A
Anonyme il y a 10 ans

la patrie ou la mort ,nous vaincrons

D
demba diallo il y a 10 ans

dors en paix ,camarade president ..pour t,avoir cotoye au stade du 4 aout ,a la place de la revolution et au mess des officiers

P
Président Toujours il y a 10 ans

Je me souviens encore de SANKARA, Président du Faso (le PF): _ des tapes amicales avec son frère Blaise Compaoré pendant les cérémonies officielles, on dirait des bambins; _ des randonnées sur son vélo VTT à travers les rues poussiéreuses de Ouagadougou; _ de la simplicité et la modestie de ces actes; _ de son sang-froid le 11 octobre 1987 à 17H au moment de l'incident dans la salle CEAO; _ de la "Veuve" et "analphabète politique" Mariam Sérémé comme l'appelait lui-même Sankara; _ de l'inqualifiable Mariam Sankara en tenue de veuvage et déposant les 2 gamins Philip et Auguste au jardin d'enfants avant de enfermer dans son bureau au CBC; _ Du sentiment d'impuissance des burkinabè face à ce qui venait de se passer. Dort en Paix Camarade PF, "La Patrie ou la Mort Nous vaincrons !"