jeudi 16 avril 2026
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Convocation de l’imam Mahmoud Dicko : L’autorité de l’État malien bafouée et la Justice affaiblie

Par Nouveau Réveil 410 vues
Convocation de l’imam Mahmoud Dicko : L’autorité de l’État malien bafouée et la Justice affaiblie
L’imam Mahmoud Dicko, leader de la CMAS

Convoqué par la Justice malienne après une sortie musclée dans laquelle il a été très critique, vis-à-vis du pouvoir malien, l’imam Mahmoud Dicko, ne s’est pas présenté devant le procureur. Et pour cause : ses partisans fortement massés devant le tribunal de la commune V de Bamako, et scandant les éloges de leur mentor, se sont dressés contre cette convocation qui a finalement fait pschitt ! A-t-elle été reportée sine die ou purement et simplement été annulée ?

 

Certaines sources laissent entendre que le Ministre Tièbilé Dramé se seraient rendus au domicile de l’imam avant l’heure de l’audition, pour lui annoncer l’annulation de la convocation. Mieux, il lui aurait même présenté des excuses. Si une telle information était confirmée, ce serait extrêmement grave pour l’image de l’Exécutif malien ; et cela équivaudrait à dire que la République ne s’est pas gênée de se déculotter devant un guide religieux et pas n’importe lequel. La République a-t-elle tremblé devant ce promoteur de courant wahhabite élu parmi les personnages les plus influents du continent en 2019 ? C’est le moins que l’on puisse penser. En tous les cas, on imagine l’état d’esprit actuel de l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, qui devrait, à juste titre, se sentir pousser des ailes ; lui qui, du reste, a été porté en triomphe par ses nombreux partisans quand il est allé les remercier pour ce soutien, devant le tribunal. Rien de surprenant donc que, ragaillardi, il était décidé de prendre la tête d’une grande marche prévue pour le vendredi dernier, à Bamako, lors de laquelle, une fois de plus, il allait être tendre avec le régime de Bamako. Toutefois, la manifestation a été annulée. Quid du contenu du discours de rentrée politique de cet homme qui vient de descendre dans l’arène politique, qui lui a valu d’être convoqué par le procureur qui voulait l’entendre sur des propos tenus lors de l’événement ?

 
 

La République se déculotte devant un leader religieux

Pour le moins, l’on sait qu’il a dénoncé la « mauvaise gouvernance », et réclamé le départ du président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) à qui il reproche son «échec politique, économique, militaire et social ». À priori, rien à voir donc avec un discours rigoriste sur fond de radicalisme religieux et c’est tant mieux. Certes, en tant que citoyen, personne ne peut dénier au parrain de la Coordination de sympathisants (Cmas), le droit d’avoir des opinions et de les exprimer. Certes, il n’est pas interdit à tout citoyen malien de nourrir des ambitions politiques. Mais son statut de guide religieux est-il conciliable avec de telles ambitions ? Assurément, l’on peut s’interroger sur l’opportunité, pour ce faiseur d’opinion, de s’engager en politique avec toutes les conséquences que cela peut engendrer, à l’image de ce qu’il est déjà donné de constater sur le terrain. Un imam doit-il faire de la politique ? Question à mille tiroirs. En tous les cas, que Mahmoud Dicko apparaisse comme un justiciable pas comme les autres, du fait de sa position religieuse, ce n’est pas normal dans une République digne de ce nom. Si la volonté de la Justice, est de l’entendre, il a obligation de s’y soumettre. Que lui coûtait-il d’ailleurs, de répondre à ladite convocation, tout en calmant ses ouilles à son arrivée au tribunal ? Ça aurait été un acte d’élégance, qui aurait même été fort apprécié par le procureur. Or, là, le mal est déjà fait: l’autorité de l’État se voit ainsi bafouée, et la Justice en sort affaiblie. On peut, à ce propos, se demander comment celle-ci réagira suite aux excuses du gouvernement. Elle joue sa crédibilité.  En tout état de cause, l’État malien aurait tort de se laisser faire au risque de se voir davantage humilié. Car, sur sa lancée actuelle, rien ne dit que l’imam ne se prendra pas la tête au point de ne plus se fixer de limites. N’est-ce pas d’ailleurs lui qui a fixé un ultimatum au gouvernement malien notamment, pour trouver une solution aux problèmes du pays avant le, vendredi dernier, tout en avertissant que passé ce délai, le peuple prendrait « son destin en main » ? C’est dire s’il y a lieu de craindre des dérapages. Peut-être n’en serait-on pas là si l’État se montrait ferme dès le départ. L’imam n’est pas à ses premières sorties et l’annonce de son entrée en politique, pourrait avoir suscité bien des appréhensions. S’il semble dans une logique de défiance de l’autorité de l’État, sous le couvert de la religion, c’est qu’il a trouvé en face des répondants qui n’ont jusque-là pas été en mesure de lui remonter les bretelles quand il le fallait. Il le faut pourtant, au risque que demain, ce ne soit trop tard.

  1. Diallo

 

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Commentaires (15)

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A
Anonyme il y a 6 ans

Il fallait mettre en examen, et faire face à ces faux croyants,qui pensent qu'un individu plein d'égo, est un guide respectable. Le courage de faire face à l'imposture est une qualité essentielle.

S
SOUMANO il y a 6 ans

Dans cette affaire je ne comprends pas la position de Dicko qui il faut le rappeler est un chef religieux mais qui c’est dernière parait plus comme un homme politique qui cherche par tous les moyens d’exister sur la scène politique malienne car on a l’impression que l’homme veut a tous pris faire parler de lui et sa je pense que c’est n’est pas son rôle

S
SOUMANO il y a 6 ans

Dans cette affaire je ne comprends pas la position de Dicko qui il faut le rappeler est un chef religieux mais qui c’est dernière parait plus comme un homme politique qui cherche par tous les moyens d’exister sur la scène politique malienne car on a l’impression que l’homme veut a tous pris faire parler de lui et sa je pense que c’est n’est pas son rôle

K
Kany il y a 6 ans

je ne sais pas pour qui N’Bouyé et Mahmoud Dicko ce prenne mais je veut juste leur dire que c'est n'est pas a eux qu'il revienne la décision de faire partir un telle ou un telle vraiment je pense que les chef religieux malien doivent comprendre que la politique n'est pas leur domaine de prédilection en un homme qui a autant fait pour le mali comme I B K je ne sais pas comment ont peut demander son départ juste dire a c'est deux homme de rester a leur place et de laisser les politique faire son travaille .

I
Ismael Diombelé il y a 6 ans

Je pense que le mali a plus que jamais besoin de paix et de stabilité car le mali est ous se que les maliens ont et je pense qu'il est le devoir de tous un chacun de prendre soin de la nation malienne donc voir des hommes comme Dicko jouer avec la foie des uns et des autres dans une lutte personnelle car il faut dire les choses telle qu'elle sont Dicko a une dent contre se régime qui ne fait plus c'est affaire et cette vérité certaine personne doivent le comprendre si nom ce regime fait de son mieux pour relever le mali mais a besoin de tous les maliens .

J
José Traoré il y a 6 ans

C’est vrai et très clair qu’un religieux, un vrai ne doit que créer un climat d’attente et d’union entre les gens. Dicko n’est pas celui que nous croyons être. Donc il vaut qu’on s’en méfie depuis maintenant. La loi c’est la loi et nul n’est au déçu de celle-ci. Mais nous ne sommes pas du tout contents de cette action de la justice et si elle ne fait pas attention, elle risquera de perdre sa crédibilité.

G
GAFOU il y a 6 ans

Le peuple malien ne doit pas se laisser manipuler car le Mali n’a pas besoin de désordre mais de la stabilité pour son développement. Alors tous ce que nous devons faire c’est agir dans le seul intérêt du Mali pour son bonheur.

B
BIBI il y a 6 ans

Il est vraiment temps que le peuple malien pense à l’intérêt du Mali et il est vraiment temps que nous nous donnons les mains pour qu’ensembles nous puissions chercher une porte de sortie pour le Mali car seul l’union fait la force.

M
modibo keita il y a 6 ans

Personne n'est au-dessus de la loi sans exception aucune, ces cas d’incivismes doivent être combattu au plus haut niveau, la justice est là pour nous et non le contraire.

M
modibo keita il y a 6 ans

Personne n'est au-dessus de la loi sans exception aucune, ces cas d’incivismes doivent être combattu au plus haut niveau, la justice est là pour nous et non le contraire.

F
fantichka sow il y a 6 ans

Nous sommes tous contre l'impunité au Mali, Ces gens qui font barrer les voix à la justice doivent savoir que c'est de l’incivisme grave, le gouvernement est sommé de laisser faire la justice son travail en toute liberté.

F
FATOU TOGO il y a 6 ans

Nous savons que le Mali est un pays de justice et elle doit être respecter pour la stabilité du pays mais il ne faut pas oublier aussi que celle-ci doit aussi se faire respecter et faire son travail comme cela doit se faire pour que la loi soit respectée par tout le monde car personne n’est au-dessus de la loi.

A
Abou il y a 6 ans

Salsa Tala le Mali n'est plus un pays désordre en plus on est dans un pays de droit ,donc que Dicko paye pour ses propos indécente envers ibk et son équipe, et il faut reconnaître qu’on e est dans un monde de diplomatie on ne révolte pas le peuple contre sa nation et c'est pas dans la rue qu'on peut obtenir un résultat positif pour le Mali , je demande a la population un minimum de respect envers ibk car il détient l'image du Mali, c'est pas le moment du désordre .

S
salsa tala il y a 6 ans

C'est dans les moment difficile qu'on reconnait les vrais amis on doit tous contribué a l'avenir de ce pays aidons le gouvernement a batir notre temple dans le bon sens tous citoyens a son mots dire comme Mohamoud Dicko je conseil les enseignent de revenir sur terre et songé a l'avenir de ce pays , je valide tout activité et projet permettant a notre temple le Mali de retrouver la stabilité .je remercie le gouvernement pour le double effort.

M
Mali béni il y a 6 ans

Nulle n 'est et ne doit être au dessus de la loi, et celle-ci doit s'appliquée de manière générale et impersonnelle. Dicko,est un grand homme à respecter donc je lui demande de se mettre au-dessus de certaines pratiques qui ne sont pas dignes d'un chef religieux, Il doit mettre tous les différends qui se trouvent entre lui et IBK pour le Mali.