jeudi 16 avril 2026
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Lieux de culte : Un jeu de Ping-pong entre l’Etat et les religieux

Par Mali Tribune 225 vues

Attentistes du gouvernement en ce qui concerne la fermeture des lieux de culte, les chefs religieux se sont vus tenus responsables de cette prise de décision par le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta. Un véritable jeu de Ping-pong entre l’Etat et les religieux qui se renvoient la patate chaude.

 

Le ping-pong  appelé aussi le tennis de table, est un  sport de raquette  opposant deux ou quatre joueurs (plus précisément des adversaires) autour d’une table qui se renvoient la belle pour marquer des points.

A l’image  des pratiquants de  ce sport d’origine britannique, le gouvernement du Mali et les chefs religieux notamment ceux de la communauté musulmane se renvoient  la responsabilité quand il s’est agit de prendre l’initiative de fermer les lieux de culte, voire à la limite,  d’y interdire tout rassemblement dépassant 50 personnes comme préconisé par le Conseil de la Défense pour les  regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique.

Avant l’apparition des premiers cas positifs au Covid-19 alors que tous nos pays frontaliers étaient déjà contaminés, le Haut Conseil islamique (HCI)  avait manifesté sa bonne foi et était resté catégorique de ne donner aucune consigne de fermeture  tant qu’aucun cas ne sera déclaré au Mali”. Mais à ce jour, malgré plus de 700 contaminations pour une quarantaine de décès, le HCI ne s’est toujours pas décidé donnant l’impression de vouloir voir le gouvernement prendre ses responsabilités sur le sujet.

Pour l’influent Imam de Badalabougou, c’est le gouvernement même qui n’est pas droit dans ses bottes en ce qui concerne ses prises de décisions. L’on se rappelle, en pleine crise sanitaire de Coronavirus, les deux tours des élections législatives se sont déroulés les 29 mars et 19 avril  avec l’avis favorable du Chef de l’Etat qui disait respecter les conclusions du Dialogue national inclusif. Au même moment, des voix s’élevaient pour continuer de monter pour exiger la fermeture des mosquées. Une attitude de 2 poids, 2 mesures qu’a dénoncée Mahamoud Dicko affirmant qu’il revient aux autorités  étatiques de décider de la fermeture des mosquées. “Nous respecterons les décisions gouvernementales”ajoutait-il.

Si le gouvernement a longtemps murmuré qu’il revient aux autorités religieuses de décider de la fermeture des lieux, le Président de la République a publiquement rejeté cette idée affirmant qu’il n’est pas du ressort de l’Etat de prendre cette décision de fermeture. Il faudrait que nous arrivions aussi à convaincre le monde religieux. Que le monde religieux sache que nous l’avons beaucoup respecté et que nous avons également refusé d’assurer ce qui n’est pas de notre ressort” a indiqué  IBK lors d’un Conseil de Défense extraordinaire tenu le jeudi 7 maiEn déclarant cela, le Chef de l’Etat, tel un bon pongiste (pratiquant de Ping-pong) a donc renvoyé la balle dans le camp des religieux. “Il ne nous appartient pas à nous de dire qu’il faut fermer les mosquées où les lieux de culte. Je ne l’ai pas dit et je ne le dirai pas”,  a-t-il insisté.

Dans ce jeu de Ping-pong entre l’Etat et les religieux, le débat  autour de la fermeture des lieux de culte semble être clos sans être officiellement dit. Les autorités à la fois religieuse et étatique se renvoyant la responsabilité, les moquées tout comme les autres lieux de culte demeureront ainsi ouverts aux fidèles. Une attitude qui laisse croire  que personne ne être tenu responsable d’une telle décision qui passerait mal aux yeux des fidèles.

Alassane CISSOUMA

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Commentaires (4)

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F
Fanga 10020 il y a 5 ans

En matière de gestion de la crise sanitaire comme en matière de gestion des crises sécuritaire et scolaire, c'est la même indécision et indétermination au sommet de l'État pour à la fois fixer le cap et arbitrer clairement par décision ferme quand une situation est bloquée. La sécurité nationale du Mali est gérée en co-décision avec les forces de la MINUSMA et de l'Europe. La résolution de la crise dans le système éducatif est laissée au premier-ministre Boubou Cissé, alors que ce monsieur est à l'origine de la crise et qu'il est manifestement incapable de s'entendre avec le monde enseignant. Maintenant, c'est la gestion par l'État de la crise sanitaire qui est soumise à la procédure de co-décision avec les imams. Il y a trop de blocages dans ce pays dans des domaines qui relèvent de la compétence exclusive de l'État du Mali, et dont certains sont un des attributs de la souveraineté nationale dans un État qui se respecte. Concernant la crise sanitaire du coronavirus, il faudrait sortir de la logique "le président veut ou ne veux pas" versus "les religieux veulent ou ne veulent pas". Pour savoir dans quel sens trancher, il faut revenir aux dispositions de notre Constitution qui indiquent les prérogatives du président de la République, d'une part, et les droits des religieux, d'autre part. Article premier « La personne humaine est sacrée et inviolable. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l'intégrité de sa personne ». Article 17 « L'éducation, l'instruction, la formation, le travail, le logement, les loisirs, la santé et la protection sociale constituent des droits reconnus ». Article 4 « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d'opinion, d'expression et de création dans le respect de la loi ». Article 29 « Le président de la République est le chef de l'État. Il est le gardien de la Constitution. Il incarne l'unité nationale. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, du respect des traités et accords internationaux. Il veille au fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de l'État ». Il y a clairement un conflit entre la liberté religieuse des uns et le droit à la santé et la vie des autres puisqu'il est avéré que le coronavirus est une maladie hautement contagieuse et mortelle. Le président de la République, en sa qualité de gardien de la Constitution, doit trancher dans le sens du droit à la vie et fermer de manière temporaire et proportionnée tous les lieux de culte. En effet, le droit à la vie est, dans notre Constitution et dans les Conventions internationales de protection des droits humains, un droit indérogeable alors que la liberté de religion ne l'est pas puisqu'elle s'exerce selon les termes de notre Constitution « dans le respect de la loi ». La protection de la vie des Maliens n'est pas pour le chef de l'État du Mali une prérogative dont l'exercice serait facultatif ou qui pourrait être exercée en co-décision avec les religieux. Par conséquent, le chef de l'État devait/doit arbitrer clairement dans le sens du droit à la vie en fermant, par décret ou ordonnance, de manière temporaire et proportionnée tous les lieux de culte au Mali. C'est dans ce sens qu'il a été tranché dans la plupart des pays du monde, y compris en Arabie-Saoudite.

D
dépistage de la vérité il y a 5 ans

EN REVANCHE, à l'enseignant de l'Université et à l'activiste de la société civile, pacifique et non-violent, il a été appliqué une justice d'exception et une arrestation arbitraire. ------------------------------------------------------------------------------------------------ Les deux vidéos parlent d'elles-mêmes. Chacun pourra se faire librement son opinion. 1. Mahmoud Dicko : https://www.youtube.com/watch?v=Hy6Ar5Mz2oE&list=WL (minutes 50 à 59) 2. Clément Dembélé : https://www.youtube.com/watch?v=0s5QUxLgCUs&t=1181s (intégralité de la vidéo d'une durée de 27 minutes) Concernant l'arrestation de Clément Dembélé, il semble avoir été arrêté dans un but d'intimidation pour le faire taire dans sa lutte contre la très grande corruption au Mali. *** Les MALIENS doivent prendre garde à ne laisser la substance de leurs droits constitutionnels réduite à zéro, particulièrement ceux concernant leur droit à la liberté d'opinion, de pensée, de conscience et d'expression. ------------------------------------------------------------------------------ Nous sommes tous harcelés par des agents au service d'intérêts obscurs, y compris sur le forum Malijet où il devient chaque jour de plus en plus difficile de s'exprimer sans que ces agents ne viennent essayer de fausser l'équilibre normal du débat public et démocratique en ligne. * Subrepticement, le Mali risque de basculer dans un régime similaire aux dictatures sud-américaines passées, et dans des pratiques malhonnêtes similaires à celles de certaines grandes entreprises multinationales situées dans les pays riches ... ... qui intentent aux membres de la société civile , - défenseurs des droits sociaux et environnementaux - des procès dans le seul but de les réduire au silence. Ces pratiques sont désignées sous l'expression de "poursuite stratégique contre la mobilisation publique" ou "poursuite-bâillon". Définition -------------------------------------------------------------------------------- "Une poursuite stratégique contre la mobilisation publique ou poursuite-bâillon est, en Amérique du Nord, une action en justice visant à entraver la participation politique et le militantisme. ............................................................................................... Il s’agit le plus souvent d’une poursuite civile pour raison diffamatoire, intentée contre un individu ou un organisme ayant pris parti dans le cadre d’un enjeu public .............................................................................................. Le concept inclut également les menaces de poursuite, car le succès d'une telle opération ne découle pas tant d'une victoire devant les tribunaux que du processus lui-même, visant à intimider la partie défenderesse (celle attaquée) ou l'épuiser financièrement dans le but de la réduire au silence. ............................................................................................ Ainsi, le plaignant s'en prendra généralement à des individus isolés ou des organismes de petite taille, et brandira la menace de dommages-intérêts démesurés par rapport au tort qui lui est prétendument causé." ............................................................................................. FIN // encore merci à l'auteur intègre de ces lignes (LJ)

S
suite il y a 5 ans

// Pourquoi deux poids deux mesures ? (Merci Fanga) Je soumets à l'écoute comparative le visionnage de la vidéo de MAHMOUD DICKO --------------------------------------------------------------------------------------- d'il y a quelques semaines dans laquelle il demande verbalement et explicitement à la foule, "hommes et femmes, jeunes et vieux" de sortir le vendredi suivant son meeting avec des armes ("haches", "bâtons", "cailloux") ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ et celle de Clément Dembélé ......................................................................................................... dans laquelle celui-ci rappelle à plusieurs reprises dans sa dernière vidéo son OPPOSITION à toute forme de violence. *************************************************************************** Or, qu'est-ce qu'il s'est passé en République du Mali ? L'homme véritablement extrémiste et violent n'a aucune seconde été inquiété par la Sécurité d'État pour ses propos. Il a été simplement convoqué gentiment par les organes d'enquête de droit commun, et non enlevé par la Sécurité d'État, pour qu'il aille s'expliquer sur ses propos. On connait la suite de l'histoire : non seulement l'imam, citoyen malien, a refusé en toute impunité de se présenter devant la justice de son pays, mais plus grave encore, il semble avoir obtenu des excuses d'un ministre du gouvernement actuel pour avoir été convoqué par la justice.

G
grains de sable // Pourquoi Dicko est-il encore en liberté ? il y a 5 ans

IL FAUT SOIT LIBERER DEMBELE, soit coffrer Dicko ! (merci à Fanga pour ces contributions !) D'abord une mise en bouche côté Constitution du Mali : ------------------------------------------------------------------------------------------------- Article 4 ------------------------------------------------------------------------------------------------- Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d'opinion, d'expression et de création dans le respect de la loi. * Article 9 ------------------------------------------------------------------------------------------------- La peine est personnelle. Nul ne peut être poursuivi, arrêté ou inculpé qu'en vertu d'une loi promulguée antérieurement aux faits qui lui sont reprochés. Tout prévenu est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie par la juridiction compétente. Le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par l'avocat de son choix, est garanti depuis l'enquête préliminaire. * Article 10 ------------------------------------------------------------------------------------------------ Toute personne faisant l'objet d'une mesure privative de liberté a le droit de se faire examiner par un médecin de son choix. Nul ne peut être détenu pendant une durée supérieure à quarante huit heures que par décision motivée d'un magistrat de l'ordre judiciaire. ................................................................................................................. Nul ne peut être détenu dans un établissement pénitentiaire que sur mandat délivré par un magistrat de l'ordre judiciaire. * Article 11 -------------------------------------------------------------------------------------------------- Tout ce qui n'est pas interdit par la loi ne peut être empêché et nul ne peut être contraint de faire ce qu'elle n'ordonne pas. * Article 24 -------------------------------------------------------------------------------------------------- Tout citoyen, toute personne habitant le territoire malien a le devoir de respecter en toutes circonstances la Constitution. *** .