samedi 18 avril 2026
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Manifestation du 5 juin : Vendredi de colère !

Par L'Aube 243 vues
Manifestation du 5 juin : Vendredi de colère !

La manifestation conjointement organisée par le Front pour la sauvegarde de la démocratie (coalition de l’opposition), la CMAS de l’influent imam Mahmoud Dicko et Espoir Mali-Koura a drainé une marée humaine à Bamako le vendredi dernier. A travers cette démonstration de force, des centaines de milliers de citoyens ont adressé un message clair au président Ibrahim Boubacar Keita, dont le départ a été réclamé.

 

Avec ferveur et détermination, dès 07h 30 minutes de ce vendredi des centaines de milliers de personnes se sont regroupées sur la place de l’indépendance, à l’appel du Front pour la sauvegarde de la démocratie (la coalition de l’opposition) et la CMAS de l’imam Mahmoud Dicko, et Espoir Mali Koura. Les avenues menant au monument de l’Indépendance étaient noires de monde au moins sur 2 km de part et d’autres. 

La diversité des messages inscrits sur les panneaux témoignait d’un ras-le-bol généralisé « IBK dégage ! », « Trop c’est trop, Boua ka bla », « On est désolé pour la mauvaise gouvernance », « Non aux députés imposés et nommés », « IBK et Karim, dégagez », « Maliennes et Maliens, levons-nous pour le Mali ». Le slogan “IBK dégage” est décliné sur tous les tons et dans toutes les langues. « Il faut que IBK laisse le pouvoir, ni plus ni moins », plus d’argent pour l’éducation » ou « la fin du coronavirus ». « Il gère le pays avec son fils, sa femme et son clan, c’est que cette caste ne connaît pas les réalités du pays, ils ne subissent pas la crise comme nous ». 

Le départ du régime réclamé

Ce 5 juin, c’est le départ de tout le régime que réclament les manifestants. En effet, les déclarations, celle de la CMAS, suivie du Front social pour la démocratie (FSD) de Choguel Kokalla MAIGA, de Cheick Oumar Sissoko du mouvement Mali Koura et l’ex député Oumar Mariko, expriment la colère des Maliens. Tous se sont accordés sur un même mot d’ordre : demander la démission du président de la République pour une meilleure gouvernance. « Il n’y a pas de sécurité, pas d’école, trop de corruption et la goutte d’eau a été les résultats tronqués des élections législative », résumait  l’un des organisateurs.

Selon Issa Kaou Djim, coordinateur de la CMAS, « les Maliens parlent aux Maliensl’école est dehors, les commerçants se cherchent, et aujourd’hui il n’y a pas de perspective pour les jeunes, il n’y a pas d’emploi les populations du Centre se font massacrer, qui sont les coupables, qui sont les auteurs, quelle politique nous a menés à ça ; IBK doit dégager ».

 

Pour donner de la solennité, l’hymne national est entonné toutes les quinze minutes. « Je n’ai jamais aimé ce pays qu’en ces moments de troubles, de doute pour l’avenir de ce beau pays. Je ne regarderai plus ce pays sombrer entre des mains douteuses et coupables », a déclaré Choguel Kolla MAIGA ; « Notre patrie, notre nation sont en danger de disparition, si un chauffeur passe son temps à faire des accidents, on lui retire son permis » a ajouté M. Maïga.

« Le 05 juin restera inscrit en lettre d’or » dans l’histoire mouvementée du Mali. Un gouvernement qui ne peut pas assurer la sécurité de ses citoyens ne peut être légitime”, assure pour sa part Maître Mountaga Tall du parti du Congrès national d’initiative démocratique (CNID).   Avant de dénoncer la faim, la soif, les maladies, la pauvreté, l’insécurité, le manque d’éducation et le mensonge qui sont devenus, selon lui, le quotidien des Maliens. « Le chef de village ne peut plus supporter sa charge qui est le Mali », a-t-il ajouté.

Quant à l’opposant et ancien député, Oumar Mariko, il est encore plus direct : «je soutien toute démarche de la démission du président de la République », dira-t-il.

Lors de son intervention, l’imam Dicko a demandé au président IBK de : « prendre en compte le message », de « redresser la barre pour que le navire ne chavire pas ». “On doit demander des comptes à ceux qui gouvernent ce pays. Car les gens ne se révoltent pas pour rien. Il est temps qu’on parle pour ce pays. Vous voyez, on est devenu aphone vis-à-vis de la situation”. A déclaré Dicko. Aujourd’hui, on ne parle plus de Kidal, car c’est fini. Dans un passé récent, la question de Kidal était évoquée dans les chants de musique. Mais la situation s’est détériorée à tel point qu’on en parle plus, je peux le dire. En 2014, je suis allé à Kidal. À l’époque, il y avait un gouverneur à Kidal, tous les préfets des cercles de la région de Kidal étaient sur place. On a déjeuné ensemble dans la résidence du gouverneur et le drapeau du Mali flottait sur le toit”.

 

Et l’imam de reprocher au président d’avoir signé les accords d’Alger : “C’est tête baissée qu’on est arrivé à Alger pour signer ce qu’on nous impose. On a signé l’Accord parce qu’on perdu la guerre. Le document a été signé, il y a 5 ans de cela, mais aucun point n’a été appliqué de manière satisfaisante, à part la cessation des hostilités”.

En plus de la perte de Kidal, le pays est gangrené au centre avec des affrontements inter-ethniques meurtriers. “Alors que la situation se détériore davantage, l’État reste en spectateur. Il commet une erreur politique grave, on nomme un Haut représentant du Chef de l’État pour le centre. Mais, tu t’imagines, dans un pays où il y a un ministre de la réconciliation, ministre de l’Administration ; dans la même région, il y a un gouverneur avec un préfet pour chaque cercle, cela veut dire que l’État est là”. Avant de ‘assener : « Nous condamnons la mauvaise gestion du régime, les malversations, les détournements, le mensonge… IBK n’aime pas les ultimatums mais cette fois, s’il ne nous écoute pas, il verra pire qu’aujourd’hui ».

Dans une déclaration finale, les organisateurs appelaient IBK à démissionner au plus tard le vendredi à 18 heures, sinon « le peuple souverain en tirera toutes les conséquences », précise la déclaration finale du rassemblement. Le président est évidemment resté silencieux à cet appel. A la faveur d’un lourd orage, la place de l’indépendance s’est calmement vidée. Mais les plus motivés se sont dirigés vers le quartier de Sébénicoro, lieu de la résidence du chef de l’Etat. Des incendies de pneus et de planches ont été allumés le long de l’axe principal. Les habitants ont pu entendre des coups de feu retentir jusque dans la nuit.

Mémé Sanogo

 

 

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Commentaires (1)

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K
Kassin2019 il y a 5 ans

Proposition de sortie de crise politique au Mali La crise politique qui grandit à bamako est l’épilogue de la manifestation d’une hydre qui a élu domicile au pays de Modibo Keita depuis 2012. Elle englobe une crise sécessionniste touareg au nord plus une crise trafico-djihadistes au nord et au centre et une crise de confiance populaire à l’égard des régimes politiques dans tout le pays. A l’issue d’un dialogue national qui se voyait « inclusif » les élections législatives qui devraient remettre la légitimité au service du pays ont échoué à cause de l’immixtion grave de la cour constitutionnelle dans la qualification des résultats des urnes et ont encore sapé la confiance des masses populaires au régime d’IBK en place. Dans cette situation seul le retour de la confiance à la chose politique peut résoudre simultanément ces 3 composantes de la crise malienne. Les forces étrangères dans le pays ne sont pas inutiles à court terme mais seule une vraie solution politique entre maliens peut réellement stabiliser le pays du nord au sud en passant par le centre. Au vu de la défiance envers le pouvoir d’IBK incarnée par la manifestation géante du 5 juin 2020 à Bamako, je propose ce qui suit: 1. Concertation entre tous les partisans de la démission du président IBK pour chercher une solution constitutionnelle à la double démission du président IBK et de président Moussa Timbiné et d’en informer la communauté internationale à travers le conseil de sécurité de l’ONU et obtenir de manière concertée ces deux démissions auprès des deux personnes concernées. 2. Cette double démission d’IBK et Moussa Timbiné, consacrera un vide constitutionnel inédit qui permettra de rendre caduque la constitution de février 1992 dans sa version actuelle. 3. Après constatation par acte d’huissiers de justice de ce vide constitutionnel, il faut que le gouvernement de Boubou Cissé en accord avec toutes les forces vives de la nation (de Kayes à Kidal) convoque une CONFÉRENCE NATIONALE pour statuer sur des AMENDEMENTS de la constitution de 1992 à soumettre par référendum aux maliens et se serra l’occasion pour corriger la mainmise constitutionnelle de la cour constitutionnelle sur les processus électoraux au Mali, de trancher la question de Kidal et des régions nord du pays, de constitutionnaliser la gestion de l’armée, de constitutionnaliser la lutte contre la corruption; d’inscrire dans la constitution comme « crime imprescriptible contre la nation malienne » la corruption des présidents de la république, des juges, des hauts fonctionnaires, et des membres du gouvernement et des députés du pays; de qualifier de droits inaliénables du peuple malien: l’éducation, la santé et la sécurité. 4. Pendant le vide constitutionnel, laisser le gouvernement de Boubou Cissé, et l’assemblée nationale actuelle sans Moussa Timbiné, gérer les affaires courantes jusqu’à aux élections référendaires pour les amendements de la constitution du Mali (pas de nouvelle république ni de nouvelle constitution mais une constitution amendée comme aux USA) et aux élections présidentielles anticipées et législatives anticipées pour tous les députés actuels dont l’élection est due à une modification sans raison valable des résultats des urnes d’avril et mai 2020 présentés par le ministère de l’administration territoriale par la cour constitutionnelle de Manassa. 5. Mais ce n’est pas un blanc seing pour Boubou Cissé car son gouvernement serait contrôlé jour et nuit par un pool de juristes et d’auditeurs qu’il faut constituer auprès du bureau du vérificateur général pour contrôler et vérifier tout contrat, tout matériel public, tout marché public, toute dépense publique, et toute recette publique, signé, octroyé et géré par le gouvernement de Boubou Cissé avant l’élection du nouveau président. 6. En procédant ainsi, personne ne pourra parler de coup d’état au Mali car le régime IBK aura continué mais sans IBK et son Moussa Timbiné dans la transition du Mali vers une constitution de 1992 amendée qui corrigera les faiblesses de celle de 1992 d’origine et le Mali n’aura pas à subir de sanctions internationales ni de blocus des pays de la CEDEAO ni de suspension des aides des bailleurs de fonds, ni de suspension de la coopération internationale ou bilatérale militaire ou autre, ni de coupure dans la chaîne de commandement de l’armée aux fronts nord et centre du pays. Salute