samedi 18 avril 2026
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Manifestation pour la démission du président : L’imam Mahmoud Dicko en chef d’orchestre

Par 22 Septembre 141 vues
Manifestation pour la démission du président : L’imam Mahmoud Dicko en chef d’orchestre

Une Coalition politico-islamique a organisé un grand meeting le vendredi dernier pour réclamer le départ du Président de la République, Son excellence Ibrahim Boubacar Keita du pouvoir.

 

La Coordination des mouvements de soutien à l’imam Dicko ( CMAS), le Front pour la sauvegarde de la démocratie ( FSD) et  Espoir Mali Koura (EMK) avaient appelé leurs militants à un grand rassemblement à la place de l'indépendance. Plusieurs autres personnes et personnalités s’étaient jointes à ces organisateurs. Dès 10h, les manifestants ont commencé à occuper le lieu de rencontre.

Sur des pancartes brandies par des manifestants on pouvait lire entre autres, : IBK degage; Abas IBK; Manassa degage; libérez Soumaila; Trop c'est trop et d’autres slogans hostiles au régime en place.

Au podium, tous les intervenants, dont des politiciens rancuniers, membres de l’opposition, notamment Me Mountaga Tall et Choguel Kokalla Maiga, le leader de Espoir Mali Koura, le cinéaste et non moins ancient ministre de la Culture Cheick Oumar Sissoko ont évoqué dans des termes souvent très graves la mauvaise gouvernance, la crise scolaire et surtout la crise économique.

Le principal et le seul leader de ce rassemblement a été l'imam Mahamoud Dicko qui, dans son discours, a présenté ses excuses au peuple malien ainsi que celles du cherif de Nioro pour avoir appelé les maliens à voter pour IBK. Il a dénoncé la mauvaise gouvernance actuelle du pays et demandé au président de démissionner à temps avant qu'il ne soit trop tard pour lui.

Le hic c’est de réclamer le départ d'un président démocratiquement élu par la voie des urnes. Beaucoup d'observateurs avertis de la scène politique estiment que l'immixtion des leaders religieux dans l'arène politique constitue un danger pour la démocratie malienne.

Il faut aussi rappeler qu’un président démocratiquement élu ne peut sous aucun prétexte contraint à quitter le pouvoir sous la pression de la rue. Le président IBK a un mandat de 5 ans qui finit en 2023.

Mais pour la quiétude, le Président de la République doit chercher à dialoguer avec les marcheurs et comprendre leurs doléances qui sont légitimes. Oui dans la démocratie, la liberté d'expression est un facteur fondamental.

Au cours de ce rassemblement, la Cour constitutionnelle, notamment son président Manasa Danioko a été une fois de plus, comme on devait s’y attendre, décriée pour la gestion des élections législatives passes, de meme que le tout nouveau président de l’Assemblée Nationale, Moussa Timbiné. Les uns et les autres demandent au President de la République de les remplacer à la tête de ces Institutions, voire dissoudre ces deux Institutions. Mais question, le président de la République en a t-il le droit.

L'imam Mahmoud Dicko vient encore de faire une démonstration de force encore avec l'appui du chérif de Nioro du Sahel qui reste toujours un leader très écouté au Mali. Certains organisateurs de la marche avaient juré naivement de faire partir le Président de la République le vendredi soir si on se fie aux propos du porte-parole de l'imam Mahmoud Dicko qui finalement sont à porte à faux avec ceux de son mentor. Pour ce dernier le meeting du vendredi est un message, une mise en garde faite au Chef de l’Etat.                                                        

Seydou Diamoutené

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Commentaires (5)

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F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Entièrement en désaccord avec tes propositions ! Tu joues à l’apprenti-sorcier car tu es ignorant des questions de nature constitutionnelle et des implications politiques ultérieures de tes propositions. Il ne faudrait jamais toucher à la Constitution actuelle aussi longtemps que le Mali est menacé dans son existence par des rebelles indépendantistes, des terroristes et des islamistes politique à Bamako. Notre Constitution actuelle protège le Mali en faisant barrage à l’application de l’accord d’Alger auquel les Maliens doivent restés opposés car il conduira à la division de notre pays. Notre Constitution nous protège aussi des terroristes et des islamistes politiques comme Mahmoud Dicko en imposant le principe de la séparation de la religion et de la politique, la laïcité. Notre Constitution accorde aux citoyens maliens des libertés et des droits fondamentaux en matière politique, sociale, économique, environnementale. La législation (lois, décrets, arrêtés) elle aussi est extrêmement abondante dans la plupart des secteurs de la vie politique, sociale, économique, environnementale, etc. Ce dont nous avons besoin avant tout, c’est de mettre correctement et entièrement en œuvre le droit existant. Il y a énormément de travail à faire dans ces domaines par les organisations citoyennes de défense des droits des Maliens. Il n’y a pas forcément besoin de révolution et de jeter par-dessus bord tout ce qu’il y a actuellement au Mali. Par ailleurs, il y a eu au Mali durant les dernières décennies trop de réunions, de négociations et de gestion consensuelle du pays pour un résultat quasiment nul. Il faut enfin arrêter avec toutes ces paroles et ces grands discours stériles, toutes ces rencontres où on se donne des poignets de main, où on se fait des embrassades et où on s’échange des larges sourires. Il faut arrêter de continuer de suivre les politiciens et les religieux véreux qui ne font que brasser du vent et vendre du rêve aux Maliens. Quelqu’un l’a dit récemment, ce qu’il faudrait avoir au Mali, c’est une “nouvelle race d’hommes et de femmes maliens” patriotes, instruits et travailleurs. Ça ne va pas du tout avec le régime actuel. C’est peut-être l’un des plus mauvais connus au Mali ou perçu comme tel. Ceci dit, sincèrement, avant et depuis le 5 juin, les propositions que je lis et entends et les alternatives proposées par les mouvements politico-religieux du 5 juin dernier me paraissent, à ce stade, de bas niveau. Ils semblent se comporter, à l’image des politiciens actuellement au pouvoir, en amateurs de la politique et de la gestion des affaires d’un État. Je crois que beaucoup de Maliens ont encore besoin de programmes politiques mieux élaborés et plus concrets pour être en mesure de juger sur pièce. Énormément de choses peuvent être faites au Mali actuellement sur le plan politique pour contribuer au changement en nous appuyant sur les dispositions de notre Constitution actuelle. Par exemple, l’article 17 de la Constitution, qui reconnaît comme des droits des Maliens l'”éducation, l’instruction, la formation, le travail, le logement, les loisirs, la santé et la protection sociale”, de manière cumulative avec les articles reconnaissant la liberté d’expression et de manifestation, peuvent être utilisés par les citoyens maliens ou les enseignants ou les parents d’élèves pour s’organiser et se structurer dans des mouvements citoyens et politiques de plusieurs sortes pour faire pression constamment sur les élus et les pouvoirs publics afin de renforcer le système éducatif en qualité et en quantité. Cette remarque que je fais liée aux droits constitutionnels sur lesquels on peut s’appuyer peut être appliquée à pratiquement tous les champs de la vie politique, économique, culturelle, environnementale, etc. Ça ne sert à rien de changer la Constitution et de nommer par exemple des nouveaux juges à la Cour constitutionnelle ou à d’autres fonctions importantes de l’État si les citoyens eux-mêmes ne sont pas conscients de leurs droits, droits qu’ils ont déjà sur la base de la Constitution et des lois actuellement en vigueur, ou si les nouveaux juges constitutionnels et leurs collaborateurs ont un niveau de connaissance juridique, politique et éthique si bas qu’ils ne seront pas capables de rédiger correctement une décision, un arrêt ou un avis fondé en droit que tout le monde puisse comprendre. Pour finir, je donne un autre fait. Je voudrais bien savoir comment Clément Dembélé, qui est dans l’opposition politique, peut-il bien défendre les droits de tous les Maliens comme il le dit s’il arrive au pouvoir alors que lui-même ne semble pas avoir été en mesure de savoir que ce qu’il lui est arrivé en droit. Les conditions de sont enlèvement, sa détention arbitraire et les traitements qu’il a subis des services de l’État semblent relever de l’atteinte à ses droits constitutionnels et conventionnels de ne pas être arrêté et détenu arbitrairement et de ne pas subir de torture et de traitement cruel, inhumain ou dégradant. Clément Dembélé semblent nous dire de manière enfantine qu’il n’en veut à personne, que c’est normal que des militaires lui rase la tête et le nourrisse une fois par jour durant deux semaines, etc. Nous sommes presque tous capables de résister aux traitements abusifs similaires à ceux subis par Clément Dembélé. Là n’est pas le plus important. Mais on attend d’un intellectuel une hauteur de vue pour que de tels faits ne se reproduisent pas à l’égard d’autres Maliens. En défendant ses droits dans cette affaire, Clément défendrait les droits d’autres Maliens. Au lieu d’un combat judiciaire légitime, Clément Dembélé se plonge trop vite et avec des personnes peu recommandables, à mes yeux, dans la politique purement politicienne. On est loin, au Mali, de voir le bout du tunnel, comme dirait l’autre !

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

"Troll", dégage !

A
Anonyme il y a 5 ans

C'est nous qui avons élu un président démocratiquement pour 5ans. Nous allons devoir prendre notre mal en patience jusqu'à la fin de son mandat. Cela relève de notre honneur, de notre dignité, de l'exigence de justice et franchise envers nous-mêmes et envers les autres.

K
Kassin2019 il y a 5 ans

Proposition de sortie de crise politique au Mali La crise politique qui grandit à bamako est l’épilogue de la manifestation d’une hydre qui a élu domicile au pays de Modibo Keita depuis 2012. Elle englobe une crise sécessionniste touareg au nord plus une crise trafico-djihadistes au nord et au centre et une crise de confiance populaire à l’égard des régimes politiques dans tout le pays. A l’issue d’un dialogue national qui se voyait « inclusif » les élections législatives qui devraient remettre la légitimité au service du pays ont échoué à cause de l’immixtion grave de la cour constitutionnelle dans la qualification des résultats des urnes et ont encore sapé la confiance des masses populaires au régime d’IBK en place. Dans cette situation seul le retour de la confiance à la chose politique peut résoudre simultanément ces 3 composantes de la crise malienne. Les forces étrangères dans le pays ne sont pas inutiles à court terme mais seule une vraie solution politique entre maliens peut réellement stabiliser le pays du nord au sud en passant par le centre. Au vu de la défiance envers le pouvoir d’IBK incarnée par la manifestation géante du 5 juin 2020 à Bamako, je propose ce qui suit: 1. Concertation entre tous les partisans de la démission du président IBK pour chercher une solution constitutionnelle à la double démission du président IBK et de président Moussa Timbiné et d’en informer la communauté internationale à travers le conseil de sécurité de l’ONU et obtenir de manière concertée ces deux démissions auprès des deux personnes concernées. 2. Cette double démission d’IBK et Moussa Timbiné, consacrera un vide constitutionnel inédit qui permettra de rendre caduque la constitution de février 1992 dans sa version actuelle. 3. Après constatation par acte d’huissiers de justice de ce vide constitutionnel, il faut que le gouvernement de Boubou Cissé en accord avec toutes les forces vives de la nation (de Kayes à Kidal) convoque une CONFÉRENCE NATIONALE pour statuer sur des AMENDEMENTS de la constitution de 1992 à soumettre par référendum aux maliens et se serra l’occasion pour corriger la mainmise constitutionnelle de la cour constitutionnelle sur les processus électoraux au Mali, de trancher la question de Kidal et des régions nord du pays, de constitutionnaliser la gestion de l’armée, de constitutionnaliser la lutte contre la corruption; d’inscrire dans la constitution comme « crime imprescriptible contre la nation malienne » la corruption des présidents de la république, des juges, des hauts fonctionnaires, et des membres du gouvernement et des députés du pays; de qualifier de droits inaliénables du peuple malien: l’éducation, la santé et la sécurité. 4. Pendant le vide constitutionnel, laisser le gouvernement de Boubou Cissé, et l’assemblée nationale actuelle sans Moussa Timbiné, gérer les affaires courantes jusqu’à aux élections référendaires pour les amendements de la constitution du Mali (pas de nouvelle république ni de nouvelle constitution mais une constitution amendée comme aux USA) et aux élections présidentielles anticipées et législatives anticipées pour tous les députés actuels dont l’élection est due à une modification sans raison valable des résultats des urnes d’avril et mai 2020 présentés par le ministère de l’administration territoriale par la cour constitutionnelle de Manassa. 5. Mais ce n’est pas un blanc seing pour Boubou Cissé car son gouvernement serait contrôlé jour et nuit par un pool de juristes et d’auditeurs qu’il faut constituer auprès du bureau du vérificateur général pour contrôler et vérifier tout contrat, tout matériel public, tout marché public, toute dépense publique, et toute recette publique, signé, octroyé et géré par le gouvernement de Boubou Cissé avant l’élection du nouveau président. 6. En procédant ainsi, personne ne pourra parler de coup d’état au Mali car le régime IBK aura continué mais sans IBK et son Moussa Timbiné dans la transition du Mali vers une constitution de 1992 amendée qui corrigera les faiblesses de celle de 1992 d’origine et le Mali n’aura pas à subir de sanctions internationales ni de blocus des pays de la CEDEAO ni de suspension des aides des bailleurs de fonds, ni de suspension de la coopération internationale ou bilatérale militaire ou autre, ni de coupure dans la chaîne de commandement de l’armée aux fronts nord et centre du pays. Salute Xxxxxxxxxxxxx Jjjhhjjjhhjjjjjkhhhhj Mmnbbbnnbbb

A
Anonyme il y a 5 ans

Vous semblez oublier la force des soulèvements populaires, dans des pays aux élections démocratiques...