Manifestation pour la démission du président : L’imam Mahmoud Dicko en chef d’orchestre
Une Coalition politico-islamique a organisé un grand meeting le vendredi dernier pour réclamer le départ du Président de la République, Son excellence Ibrahim Boubacar Keita du pouvoir.
La Coordination des mouvements de soutien à l’imam Dicko ( CMAS), le Front pour la sauvegarde de la démocratie ( FSD) et Espoir Mali Koura (EMK) avaient appelé leurs militants à un grand rassemblement à la place de l'indépendance. Plusieurs autres personnes et personnalités s’étaient jointes à ces organisateurs. Dès 10h, les manifestants ont commencé à occuper le lieu de rencontre.
Sur des pancartes brandies par des manifestants on pouvait lire entre autres, : IBK degage; Abas IBK; Manassa degage; libérez Soumaila; Trop c'est trop et d’autres slogans hostiles au régime en place.
Au podium, tous les intervenants, dont des politiciens rancuniers, membres de l’opposition, notamment Me Mountaga Tall et Choguel Kokalla Maiga, le leader de Espoir Mali Koura, le cinéaste et non moins ancient ministre de la Culture Cheick Oumar Sissoko ont évoqué dans des termes souvent très graves la mauvaise gouvernance, la crise scolaire et surtout la crise économique.
Le principal et le seul leader de ce rassemblement a été l'imam Mahamoud Dicko qui, dans son discours, a présenté ses excuses au peuple malien ainsi que celles du cherif de Nioro pour avoir appelé les maliens à voter pour IBK. Il a dénoncé la mauvaise gouvernance actuelle du pays et demandé au président de démissionner à temps avant qu'il ne soit trop tard pour lui.
Le hic c’est de réclamer le départ d'un président démocratiquement élu par la voie des urnes. Beaucoup d'observateurs avertis de la scène politique estiment que l'immixtion des leaders religieux dans l'arène politique constitue un danger pour la démocratie malienne.
Il faut aussi rappeler qu’un président démocratiquement élu ne peut sous aucun prétexte contraint à quitter le pouvoir sous la pression de la rue. Le président IBK a un mandat de 5 ans qui finit en 2023.
Mais pour la quiétude, le Président de la République doit chercher à dialoguer avec les marcheurs et comprendre leurs doléances qui sont légitimes. Oui dans la démocratie, la liberté d'expression est un facteur fondamental.
Au cours de ce rassemblement, la Cour constitutionnelle, notamment son président Manasa Danioko a été une fois de plus, comme on devait s’y attendre, décriée pour la gestion des élections législatives passes, de meme que le tout nouveau président de l’Assemblée Nationale, Moussa Timbiné. Les uns et les autres demandent au President de la République de les remplacer à la tête de ces Institutions, voire dissoudre ces deux Institutions. Mais question, le président de la République en a t-il le droit.
L'imam Mahmoud Dicko vient encore de faire une démonstration de force encore avec l'appui du chérif de Nioro du Sahel qui reste toujours un leader très écouté au Mali. Certains organisateurs de la marche avaient juré naivement de faire partir le Président de la République le vendredi soir si on se fie aux propos du porte-parole de l'imam Mahmoud Dicko qui finalement sont à porte à faux avec ceux de son mentor. Pour ce dernier le meeting du vendredi est un message, une mise en garde faite au Chef de l’Etat.
Seydou Diamoutené