Mopti : une autre année blanche s’annonce pour les paysans du centre
Des cultivateurs sortis pour semer après les pluies de la nuit de dimanche à lundi auraient été empêchés de travailler par des hommes armés non identifiés. Ces personnes auraient tué une personne dans une des localités où les incidents se sont produits. Et les populations craignent déjà un nouvel hivernage sans travaux champêtres paisibles.
Après une journée dominicale plus ou moins chaude, ce 7 juin, une précipitation tout aussi variable, selon les zones, avait rafraîchi la nuit des Bamakois mais aussi des habitants de certaines parties beaucoup plus éloignées vers le centre du pays.
Mais dans ces coins, la tombé d’une pluie, surtout lorsqu’elle est l’une des première de la saison hivernale, n’est pas synonyme de repos en profitant du beau temps. C’est plutôt le début de la principale activité des habitants ces zones qui est l’agriculture.
Mais depuis maintenant, trois à quatre ans, aller au champ revient au même que se jeter dans la gueule du loup. En effet, les groupes armés terroristes voient en ces paysans des proies faciles et s’attaquent à eux soit pour les terroriser ou pour leur prendre ce qu’ils pourraient avoir comme animaux de labour ou moyens de transport.
Ce lundi 08 juin 2020, après l’abondante pluie de la nuit précédente, les paysans sont sortis pour semer malgré le risque. Et comme ils pouvaient s’y attendre, certaines personnes n’ont pas pu échapper à l’assaut de leurs prédateurs.
Dans le cercle de Koro, commune de Diankabou, il nous a été rapporté que les villageois de Bandiougou ont été pris pour cible par ces GAT et en dehors du fait qu’ils n’aient pas pu travailler, les paysans ne déploraient aucune victime grâce à l’autodéfense villageoise. Dans la même zone, dans la commune de Kassa, une personne aurait été abattue et ses compagnons portés disparus. D’autres cultivateurs, cette fois-ci dans la commune de Sio, dans le cercle de la capitale régionale, Mopti, ont dû retourner à la maison sans pouvoir semer.
Ces différentes attaques commencent à faire craindre aux populations de cette zone du centre une nouvelle année blanche agricole. Cet état de fait ne fera qu’amplifier le problème de nourriture dans cette partie du pays qui est déjà parmi les zones les plus touchées par l’insécurité alimentaire, selon PAM.
S.Guindo, Stagiaire Malijet.com