lundi 20 avril 2026
Contact
Malijet

Lutte contre l’enrichissement illicite : Le Syntade s’insurge contre la junte et l’Oclei

Par Le Prétoire 280 vues
Lutte contre l’enrichissement illicite : Le Syntade s’insurge contre la junte et l’Oclei
Le magistrat Moumini Guindo, président de l’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI),

Dans une correspondance adressée au ministre en charge de la Fonction publique, le Syndicat national des travailleurs des administrations d’Etat (Syntade) demande, sur un ton menaçant, notamment l’arrêt immédiat des procédures judiciaires initiées par l’Office national de lutte contre l’enrichissement illicite contre des fonctionnaires.

 

A peine installé dans son fauteuil  que le nouveau  ministre du Travail, de la Fonction publique, Porte-parole du gouvernement, Me Harouna Toureh, tient une patate chaude. En effet, dans une correspondance à lui adressée ce 09 octobre 2020, le Syndicat national des travailleurs des administrations d’Etat revient à la charge dans le dossier de la lutte contre l’enrichissement illicite au Mali. « Harcèlement des militants » ; tel est l’objet de ladite lettre signée du secrétaire général adjoint du Syntade et dont les autorités de transition (président, vice-président, Premier ministre et ministre de la Justice) sont ampliatrices. Le Syntade y regrette la poursuite des activités de terrain de l’Office national de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei). «Pire, avant même d’attendre la nouvelle loi, beaucoup de nos militants font de nos jours l’objet de poursuites judiciaires initiées par l’Oclei. Cette situation déplorable nous parait comme une licence à la violation des accords signés et devrait être décriée avec la plus grande vigueur», dénonce le syndicat dirigé par Yacouba Katilé, non moins secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm).  Face à cette situation, le Syntade demande au ministre en charge de la Fonction publique non seulement d’instruire l’arrêt « immédiat » des procédures judiciaires contre des fonctionnaires, mais aussi de faire prendre les dispositions « diligentes » en vue de l’adoption du projet d’ordonnance portant modification de la loi n°2014-015 du 27 mai 2014. Les administrations d’Etat menacent par ailleurs de prendre leurs responsabilités « en tirant toutes les conséquences  de droit», au cas où ‘’cette ‘’fâcheuse’’ situation perdurerait.

 

Mise au point

Contactées par nos soins relativement à cette dernière correspondance du Syntade, des sources proches de l’Oclei relèvent qu’une simple lecture attentive du procès-verbal auquel le syndicat fait allusion ne permet pas de relever la suspension « des activités de terrain » de l’Oclei. « La suspension des activités publiques » qu’invoque le procès-verbal de novembre 2017 pourrait s’entendre plutôt de la non-médiatisation des activités de l’Oclei. Ce que cette structure s’est évertuée à faire jusqu’à présent, soulignent nos sources.

Elles notent en outre qu’aucune disposition du même procès-verbal ne mentionne que la loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite est suspendue ou abrogée. Par conséquent, ladite loi demeure applicable jusqu’à l’adoption d’une éventuelle loi devant la remplacer ou la modifier.

Il importe de souligner que le Syntade n’est pas à sa première levée de bouclier contre l’Oclei.

Déjà en 2017, le même syndicat avait observé une grève de 72 h pour protester contre la loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite qu’il jugeait ‘’sélective et injuste’’. Toute chose qui avait abouti à la signature, en novembre 2017, d’un procès-verbal de conciliation entre le gouvernement et le Syntade. Le régime d’alors s’y était engagé à suspendre toutes les activités de terrain de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite. Il avait aussi promis de mettre en place une commission d’identification et de correction des difficultés et insuffisances des la loi portant prévention et répression de l’enrichissement illicite. Les travaux de ladite commission avaient servi de base pour l’élaboration du projet d’ordonnance portant modification de la loi n°2014-015 du 27 mai 2014. L’Office national de lutte contre l’enrichissement illicite avait tout de même poursuivi ses travaux sur le terrain, et avait remis son premier rapport aux autorités maliennes en décembre 2019. Dans ledit rapport, l’Office épingle trois fonctionnaires (deux Inspecteurs des finances et un Inspecteur des services de la sécurité sociale), dont les dossiers sont remis à la justice. Furieux, le Syntade adresse une correspondance au ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique le 13 décembre 2019. Il y dénonce la poursuite des activités de l’Oclei et invite le ministre «d’instruire, en sa qualité de garant des accords, l’arrêt immédiat des manœuvres de l’Oclei qui donne l’impression de non protection aux fonctionnaires».

Fuite en avant ?

Selon des observateurs avisés, ce énième agissement du Syntade pourrait s’expliquer par la volonté affichée des autorités de transition de mener une lutte implacable contre la corruption. Des fonctionnaires chercheraient ainsi les voies et moyens d’entraver les actions de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite. Pour arriver à leurs fins, c’est-à-dire bloquer les dossiers qui sont en cours d’investigations au niveau de l’Oclei, ils mettent la pression sur les nouvelles autorités pour l’adoption d’une ordonnance devant modifier la loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite. Aussi, accusent-ils l’Oclei de ne pas respecter le procès-verbal de conciliation entre le Gouvernement et le Syntade, signé en novembre 2017. En attendant, les Maliens se demandent où est-ce que la justice en est avec les trois dossiers déjà transmis au procureur du Pôle économique et financier du Tribunal de grande instance de la commune III de Bamako en janvier 2019.

Bakary SOGODOGO

 

Partager:

Commentaires (8)

Laisser un commentaire

O
One il y a 5 ans

Je sense qu'il ya d'autres maliens qui attendent l'etat doit s'appliquer meme si tous ces conards de voleurs doivent tous etres licencier .

A
Anonyme il y a 5 ans

La bassesse et l’ignominie de certaines organisations syndicalistes ont atteint leur paroxysme! Trop c’est TROP! Pour atténuer les conséquences de cette crise multidimensionnelle qui sévit au Mali, les autorités de la transition doivent ACCÉLÉRER la LUTTE IMPITOYABLE CONTRE la CORRUPTION, le NÉPOTISME, L’INJUSTICE, L’IMPUNITÉ!

C
cissé il y a 5 ans

J'espère que les autorités de la transition malienne actuelles, profiteront de cette opportunité pour enfin faire voter par le CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION (CNT), une LOI PORTANT PLAN DE CARRIÈRES DES FONCTIONNAIRES. Ainsi, toutes les insuffisances constatées à travers le STATUT GÉNÉRAL DES FONCTIONNAIRES qui permettent que de simples syndicats, par corporations interposées, prennent la marche de la RÉPUBLIQUE, à défaut à travers des grèves dont le caractère d'illimitée est inacceptable et inopportun. La grève illimitée n'existe dans le fondement juridique du STATUT GENERAL DES FONCTIONNAIRES. Qui abuse de cette notion de grèves illimitées ? Les DROITS et DEVOIRS d'un citoyen, mieux des fonctionnaires, ça sert à quoi ? Pire, lorsque des actes répréhensibles sont posés dans l’exercice de fonctions officielles, pour quoi vouloir entraver l'action de la justice ? La donne actuelle urge que cette LOI PORTANT PLAN DE CARRIÈRES DES FONCTIONNAIRES, voit le jour, pour repartir sur de bases saines, dans l'intérêt supérieur de la nation. Aussi longtemps que la discipline et le civisme ne seront pas nos compagnons au quotidien, il sera difficile de bâtir une nation prospère tant souhaitée. MALIBA

A
Anonyme il y a 5 ans

Katile même est un voleur. Il veut mettre fin aux travaux de UCLEI pour empêcher de découvrir les ressources financières détournées à la Douane et transférées au Sénégal par le canal de da femme. Nous fêtenons les numéros des véhicules empruntés. Les transferts se sont produits lors des événements 20a12, Katile étant chargé de verser les fonds de la Douane à la JUNTE.

A
Anonyme il y a 5 ans

Il faut maintenant appliquer la justice en toute impartialité et en indépendance! Ce sont ces syndicats indignes des fonctionnaires qui pillent en toute impunité les ressources financières du Mali! Ce ne sont vos agissements sordides qui vont effrayer qui que ce soit en ce moment!

S
silazh il y a 5 ans

mais vraiment c'est impensable un syndicat qui couvre des voleurs le ridicule ne tue plus dans ce pays c'est pas possible donc le syntade est constitué de voleurs comment comprendre qu'on puisse defendre des fonctionnaires qui ont volé des milliards et possèdent 15 20 ou 30maisons tous ces sommes volées par ces trois fonctionnaires et beaucoup d'autres pouvaient entretenir plusieurs routes quand on sait qu'elles constituent la base du developpement .syntade tu es la honte un syndicat qui se laisse acheter par des voleurs il faut un changement très rapide de ce bureau

A
Anonyme il y a 5 ans

Un syndicat est sensé protéger et défendre les intérêts des travailleurs pas ceux des voleurs.

A
Anonyme il y a 5 ans

Karine veut mettre fin aux travaux de la structure parce qu'il est trempé. Tout le monde malien avisé se rappelle des fonds transféré au Sénégal lors des événements de 2012 sur les ressources financières de la Douane malienne. Sa femme était chargé du transport. OCLEI courage