Journalisme et réseaux sociaux: Une combinaison avec ses désavantages
Le journalisme est défini comme le métier de l’information. Ces informations ont pour objectifs d’informer un public aussi vaste que possible, à cet effet, les réseaux sociaux conçus comme des médias sans frontière, peuvent être un avantage ou un inconvénient pour le journalisme, son étique et sa déontologie. Abdourahamane Sacko, journaliste et professeur en communication politique, en communication de crises et des enjeux de la télé, donne son avis.
« Le journaliste c’est tout d’abord quelqu’un qui consacre l’essentiel de son temps voire les 90 % de son temps au métier du journalisme. C’est-à-dire à donner l’information. C’est quelqu’un qui n’a d’autre source de revenu à part ce métier. Officiellement, on dit que pour se dire journaliste, il faut avoir étudié le métier du journalisme ou avoir une carte de presse. Il faut aussi avoir travaillé dans un organe de presse », explique-t-il.
Selon M. Sacko, avant les réseaux sociaux au Mali, on disait que : la radio annonce, la télé montre et la presse écrite commente. Pour lui, cette phrase n’a plus tous ses sens avec la venue des réseaux sociaux, ‘’aujourd’hui, les réseaux sociaux ont presque pris la place de la radio en matière de diffusion d’information instantanée. De ce fait, la radio est le premier media victime des réseaux sociaux’’, affirme-t-il.
Dans le temps, c’est la radio qui faisait office de média le plus rapide en matière de diffusion d’information et maintenant les réseaux sociaux ont pris cette place. Pour Abdourahamane Sacko, ce changement est un impact négatif. ‘’Un journaliste est censé donner l’information, mais si maintenant quelqu’un d’autre peut le faire via les réseaux sociaux sans problème, cela entache le devoir du journaliste et je trouve que c’est aussi l’un des plus grands impacts négatifs des réseaux sur le journalisme’’, dit-t-il.
De ce qui est de la partie positive, il explique que c’est le fait qu’ils informent eux aussi même si la véracité des informations reste souvent à désirer. Même dans les cas d’accident et autres, il fait savoir qu’avec les réseaux, on apprend vite donc c’est un avantage très positif aussi. Les 5 critères auxquelles une information doit répondre dans la règle journalistique sont : l’information doit être actuelle (un fait nouveau), objective (elle doit avoir un objectif bien défini qui est d’informer), intéressante (ça doit intéresser le public), significative (parce qu’elle peut avoir un impact sur le quotidien voire la vie du public informé) et communicative (il communique, véhicule un message qui a un intérêt public).
Même si effectivement il y a des gens qui sont là pour lutter contre ça et aussi des sanctions pour certaines fautes actuellement comme l’atteinte à la vie privée d’autrui, injures grave à l’encontre d’une personnalité publique etc., selon lui, les médias sociaux n’ont ni règle, ni interdiction et ni loi car on peut balancer tout ce qu’on veut sans contrainte. Ceci détermine la première différence.
‘’Pour connaître la deuxième différence, il faut savoir qui est derrière les réseaux sociaux et qui est derrière les médias. Ce qui est très important car tenant compte de l’éthique et de la déontologie du journalisme, un journaliste ne pourra jamais se permettre d’écrire comme une personne lambda que ça soit sur les réseaux sociaux comme dans la presse.
Après, il faut admettre qu’ils décrédibilisent les journalistes car pour quelqu’un qui ne sait pas faire la différence entre les deux mettrait tout le monde dans un même bateau et tout ce que les utilisateurs de réseaux sociaux feront de mauvais seront mis sur le compte des journalistes dans la tête de cette dernière puisque pour lui, information égale journaliste. De ce fait, tout ceux-ci se répercutent sur les journalistes’’, explique le journaliste Abdourahamane Sacko.
Il termine en affirmant que le journalisme et les réseaux sociaux ne font pas bon ménage parce que le métier du journalisme requiert une vérification des informations tandis que les réseaux sociaux sont des media libres.
Assétou Traoré
(stagiaire)