25eme session de l’EID : 280 interpellations, 53 retenues, 74 rejetées et 153 satisfactions
Le Centre international de conférence de Bamako (Cicb) a abrité, le vendredi 10 décembre 2021, la 25ème session de l’Espace d’interpellation démocratique (EID). Le jury d’honneur de cette session était présidé par l’ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Bouaré Bintou Founè Samaké, assistée de huit (8) autres personnalités.
La cérémonie d’ouverture a enregistré la présence du Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, les ambassadeurs accrédités au Mali, les chefs des institutions de la République, les responsables des associations de défense des droits de l’homme et les étudiants en droit.
L’Espace d’interpellation démocratique, tribune de dialogue fécond entre gouvernés et gouvernants, est pratiquement l’unique occasion offerte par l’Etat malien à son peuple pour l’interpeller directement sans intermédiaire sur les questions qui le préoccupe. Le foncier, la réclamation de droits, l’exécution de décisions de justice pour se rendre justice, les citoyens n’hésitent pas à saisir l’EID et dans bien des cas ils sont satisfaits.
“A titre de rappel, la 24ème session de l’Eid en 2019 a enregistré 465 dossiers dont 246 retenus. Sur ces 246, 38 ont fait l’objet d’une lecture publique et 208 classés pour suite à donner. Sur les 246 interpellations traitées, 195, y compris 38 lues le 10 décembre 2019, ont reçu des réponses, soit un taux d’exécution de 93,75%.
Concernant les recommandations du jury d’honneur de la 24ème session, nous notons la réaction positive de 10 départements ministériels sur 12 saisis, soit un taux de réactivité de 83,33%. Les autres recommandations sont toujours en cours d’examen, au niveau de divers ministères et autres organisations publiques”, a expliqué Mme Sanogo Aminata Mallé, Médiateur de la République.
Elle a attiré l’attention du Premier ministre sur les décisions à prendre en vue de la mise en œuvre effective des recommandations en souffrance et des engagements non tenus. “Cela contribuera incontestablement à renforcer les relations de confiance entre l’administration et les usagers d’une part et à promouvoir la bonne gouvernance d’autre part. Pour revenir à a présente session, nous avons enregistré 280 demandes d’Interpellation sur lesquelles 53, soit 18,92% ont été retenues pour lecture. 153, soit 54,66% pour suite à donner et 74, soit 26,42% ont été rejetées car ne remplissant pas les critères définis dans le règlement intérieur de l’Eid”, indique-t-elle.
En termes de contribution, les organisations féminines pour la promotion des droits de l’homme ont saisi l’opportunité pour faire un véritablement plaidoyer en faveur de la promotion de la femme.
“Les Nations Unies ont dénombré, en 2020, que 1047 cas de violences sexuelles sont nées des conflits. Il s’agit de viols, esclavages sexuels, avortements forcés et mariages forcés. Dans le même ordre d’idée, l’Office des Nations Unies pour la Coordination des Actions Humanitaires a estimé, entre janvier et mai 2021, à 386 454, le nombre de personnes déplacées pour les causes de conflit. 57% de ces personnes sont des femmes et 63% des enfants de moins de 18 ans. Ces femmes vivent dans des conditions dégradantes et humiliantes.
Nous voulons obtenir l’engagement des autorités politiques, administratives et communautaires autour de l’adoption d’une loi sur les violences basées sur le genre. D’autre part, obtenir l’engagement des autorités de la Transition sur l’application effective de la loi 20 15 052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures à promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives”, sollicite Mme Sow Kadiatou Togola, porte-parole des organisations féminines pour la promotion des droits de l’homme.
L’accès à l’eau potable fait partie des premiers droits de l’homme mais au Mali, la situation est peu reluisante à ce niveau. “Environ 6 millions de nos compatriotes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, soit le tiers de la population. Plus de 500 villages et fractions n’ont toujours pas accès à l’eau potable. S’agissant de l’assainissement, la situation est encore pire.
Environs 12 millions de Maliens, soit les deux tiers de la population, n’ont pas accès à un système d’assainissement adéquat. Tout de même, je saisis cette opportunité pour saluer l’engagement du président de la Transition pour avoir alloué une partie de ses fonds de souveraineté à l’accès à l’eau potable”, constate Mme Kida Ousmane Moulaye, de la Coalition nationale de la campagne internationale Eau et Assainissement
“Tous les problèmes posés autour de l’EID doivent avoir des réponses claires avant la session édition. Cela permettra d’augmenter la confiance des citoyens en cet exercice démocratique.
Pour ce qui concerne les services sociaux de base, nous soutenons qu’il ne faut pas mettre en veilleuse les droits fondamentaux inscrits dans notre constitution, malgré les difficultés que nous traversons, particulièrement l’insécurité présente sur toute l’étendue de notre territoire, signale Boureima Allaye Touré, président du Conseil national de la société civile.
Cette cérémonie d’ouverture, dirigée par un jury d’honneur composé de neufs personnalités, a pris fin par l’intervention des interpellateurs concernent les litiges fonciers, les difficultés liées à l’exécution des décisions de justice, les réclamations de droits, les demandes de régularisation de situation administrative, les marchés publics et les contrats.
Marie DEMBELE