Grande mobilisation populaire contre les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA: Ce qui vous a sûrement échappé lors de la manifestation
Suite aux graves sanctions de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Économique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) le 9 Janvier 2022 lors d’un sommet extraordinaire sur la situation du Mali, le gouvernement avait lancé un appel à une grande mobilisation ce vendredi 14 Janvier 2022 au boulevard de l’indépendance ainsi que dans les régions.
En effet, le boulevard de l’indépendance avait refusé du monde ce vendredi 14 janvier 2022, suite à une grande mobilisation de milliers de maliens venus manifester leur soutien au gouvernement et leur mécontentement face aux sanctions jugées « illégales et illégitimes ». Lors de cette manifestation, nous avons pris le soin de prendre de nombreux détails que vous n’avez sûrement pas remarqué.
Cette journée de vendredi aurait été une double mission pour les forces de sécurité puisque déjà dans la matinée, en plus de mettre des dispositifs sécuritaires pour la grande mobilisation, la prière du vendredi saint était également à surveiller dû à la circulation qui était bondée. D’ailleurs, lors de notre passage devant une mosquée, nous avons aperçu un croyant qui priait avec son drapeau. L’on s’est demandé s’il priait pour le Mali, ou bien il avait déjà mis son plus beau habit pour la manifestation de l’après midi.
Toujours sur la route vers le boulevard, nous avons constaté que certains taximen étaient habillés en couleur du drapeau et d’autres en ont même fait des boubous pour femme et avaient attaché des foulards.
Aussi, des motocyclistes avait utilisé le trou de leurs rétroviseurs pour planter des drapeaux flottants de même que des voitures personnelles qui laissaient flotter le drapeau en conduisant.
Des écoliers quant à eux, ont utilisé le moyen le plus facile pour manifester leur solidarité à la cause. Trois craies significatives ont été utilisées sur les visages et ou les bras : il s’agit du Vert, du Jaune et du Rouge.
Vous vous demandez si jusqu’alors nous n’étions pas arrivés sur le lieu de la manifestation, eh bien nous étions presque.
Toutefois, sur les façades de certains bâtiments, le drapeau malien flottait. Ce qui nous avait étonné sur notre trajet, c’était de voir des maillots de foot de l’équipe nationale du Mali. Selon les porteurs, cela représentait pour eux une double signification : leur soutien aux aigles du Mali à la CAN 2022 et leur soutien au plan de riposte du gouvernement.
Enfin arrivés sur le lieu, ou du moins presque, nous nous sommes faufilés dans la masse qui avait pris d’assaut le boulevard de l’indépendance.
Sur place nous avions vu des femmes avec des trompettes à la bouche, habillées en couleur du drapeau, et d’autres portaient « Fali galaka » ou « yôrô ». Bon, nous nous sommes privés de leur poser la question de savoir pourquoi porter de telles chaussures.
Dans notre traversée de marrée humaine, nous n’étions pas au bout de nos surprises.
Si certains brandissaient des pancartes de liberté, des drapeaux flottants, d’autres par contre sont venus avec des mobylettes peintes à la couleur du drapeau qu’ils brandissaient de temps en temps. Cependant, d’autres étaient en haut des voitures garées sur le lieu.
Venons aux accoutrements : cette fois-ci le pagne tissé n’était plus à la mode, mais les tenues militaires. L’on s’est demandé comment de nombreux manifestants ont pu s’en procurer ces tenues si précieuses. Quant au respect du port des masques, eh bien ce n’était pas une priorité, la distanciation sociale n’en parlons pas. Imaginez un seul instant la flèche grimpante des nombres de cas de Covid- 19.
Pour ce qui était de l’ambiance, elle était plutôt bonne. D’ailleurs, les organisateurs n’ont invité que des artistes qui ont chanté en faveur de la paix, de la souveraineté, des militaires (des chansons Patriotiques). Ceux qui chantent d’autres genres musicaux, n’étaient visiblement pas les bienvenus.
Au fur à mesure, des membres du gouvernement arrivaient sur le lieu. Toutefois, le cortège du Premier Ministre a rencontré des difficultés d’accès dû au beau monde invité par celui-ci. A 16h22, il a finalement rejoint le présidium habillé lui aussi en tenue militaire, masque et turban au cou. Il saluait avec un petit sourire léger le peuple, comme s’il reconnaissait tous les visages présents.
Puis la cérémonie officielle avait commencé par l’hymne national uniquement en bambara et presque toutes les interventions. C’était une revendication de la foule, qui hua à chaque fois qu’un intervenant parlait en français mais finalement elle a toléré quelques uns et pratiquement tous les discours étaient écrits à main levée sur des bouts de feuilles volantes. Même pour le Premier Ministre était sur des petits carres de feuilles. Donc, c’est à 17h45, que le numéro deux du gouvernement s’était adressé au peuple qui était debout depuis des heures sur la place publique. A 18h 12, il but un peu d’eau, histoire de reprendre un peu son souffle et finit à 18h21.
Ainsi s’achevait cette grande mobilisation, qui restera graver dans les esprits et dans l’histoire.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com