8 MARS 2022 « Pas de processus de dialogue sans les femmes »
Les femmes maliennes ont célébré, le mardi 8 mars, la Journée internationale de la femme, sur fond de plusieurs défis. À la place de l’indépendance, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidié Founè Coulibaly n’a pas manqué de les rappeler devant le président de la transition, représenté par son Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga.
La crise institutionnelle et sécuritaire est le premier défi majeur relevé par Mme la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.
La situation est en effet retracée par le bureau des Nations unies pour la Coordination des Affaires humanitaires dans son rapport : « aperçu sur les besoins humanitaires 2019». Le document affirme que « la crise institutionnelle et sécuritaire affecte 7,2 millions de personnes au Mali, dont environ 50 % de femmes et 19 % des enfants de moins de 5 ans ».
Cette situation préoccupante n’a d’autres alternatives que le dialogue inclusif pour une solution durable, a plaidé Mme Wadidié Founè Coulibaly. « Ce processus de dialogue ne pourrait se développer sans la participation des femmes, des jeunes et des leaders d’opinion », a-t-elle ajouté.
Il devient impératif, aux yeux de Mme la ministre « que tous les Maliens, femmes et hommes, jeunes et vieux se donnent la main afin de s’engager pour la sauvegarde de la paix, de la sécurité et de l’émergence de toute la nation ».
D’autres défis demeurent
La montée des violences basées sur le genre, notamment celles faites aux femmes et aux filles, la diminution voire la perte de revenus des femmes, la problématique de l’accès des femmes rurales et des femmes entrepreneures aux intrants, aux matières premières et au marché et l’insuffisance de l’application de la loi N°2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir l’accès des femmes aux fonctions nominatives et électives sont d’autres défis rencontrés par les femmes maliennes, aux dires de Mme la ministre.
A l’en croire, « dans le contexte de refondation, les préoccupations des femmes et des filles doivent être intégrées dans la formulation et la mise en œuvre des politiques et des programmes dans tous les domaines » et ce, insiste-elle, « pendant tout le processus de la refondation ».
Le département de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, pour sa part, reste fortement engagé dans la mise en œuvre des priorités nationales en matière de genre, a réaffirmé sa locatrice.
A côté de ces défis, Mme la ministre Wadidié Founè Coulibaly a reconnu quelques avancées importantes sur la condition de la femme au Mali.
Au nombre de ces avancées, figurent entre autres la participation des femmes aux Assises nationales de la Refondation, l’intégration des femmes dans le Comité de suivi de l’accord et la mise en œuvre de la loi n°2015-052 du 18 décembre 2015. Cette dernière, s’est f élicitée la ministre a contribué « à améliorer la représentativité des femmes dans les instances de prises de décision ».
Le Mali a célébré cette 28e édition de la Journée internationale des droits de la femme sous thème national : « rôle et place de la Femme dans la refondation du Mali ». Une thématique, qui visait à impliquer les femmes, principales victimes des conflits, dans le processus de la refondation du Mali Koura (Mali nouveau) basée sur nos valeurs cardinales de la citoyenneté.
Le thème international retenu par les Nations unies portait sur : « l’égalité aujourd’hui pour un avenir durable ».
Kadiatou Mouyi Doumbia