Le souvenir de la Traite négrière commémoré ce 23 août : L’esclavage moderne toujours d’actualité
Ce mardi 23 août 2022 est la journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. Une commémoration qui remonte à 1998. Cette date a été choisie par l’UNESCO, car c’est dans la nuit du 22 au 23 août 1791 qu’a commencé, à Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), l’insurrection qui devait jouer un rôle décisif dans l’abolition de la traite négrière.
En effet, la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition vise à inscrire la tragédie de la Traite dans la mémoire de tous les peuples. Aussi, elle doit être l'occasion d'une réflexion commune sur les causes historiques, les modalités et les conséquences de cette tragédie, ainsi que d'une analyse des interactions qu'elle a généré entre l'Afrique, l'Europe, l'Amérique et les Caraïbes.
Pour rappel, cette révolte de femmes et hommes mis en esclavage porte une revendication universelle de liberté qui dépasse les limites du temps et de l'espace. Cette revendication parle à l’humanité tout entière, sans distinction d’origine, de religion ou de sexe, et résonne aujourd’hui encore avec l’existence de l’esclavage moderne.
L’UNESCO entend ainsi rappeler l’importance capitale de la transmission de cette histoire pour éclairer le combat contre toutes les formes d’oppression et de racisme aujourd’hui. « Il est temps d’abolir définitivement l’exploitation humaine et de faire reconnaître en tout lieu l’égale et inconditionnelle dignité des individus. Souvenons-nous aujourd’hui des victimes et des combattants d’hier, pour que les générations futures viennent y puiser le courage nécessaire à la construction de sociétés justes » a affirmé Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.
Par ailleurs, la Directrice générale de l'UNESCO invite les Ministres de la culture de tous les États membres à organiser des actions en associant l'ensemble des populations de leurs pays et en particulier les jeunes, les éducateurs, les artistes, les intellectuels, mais aussi les sportifs et la société civile.
L'esclavage par ascendance, une pratique courante au Mali
En effet, l'esclavage par ascendance est une pratique courante au Mali malgré son abolition par l'administration coloniale en 1905. Plusieurs milliers de personnes victimes du phénomène ont trouvé refuge à Bamako. Elles sont majoritairement originaires de la région de Kayes, dans l'ouest. Face à la persistance de l’esclavage par ascendance et au regain de violences, caractérisées parfois par des crimes crapuleux, dans la région de Kayes au sud du pays, les organisations de défense des droits de l’homme estiment que cette pratique pourrait être considérée comme crime contre l’Humanité et ont mené plusieurs actions pour punir les coupables et mettre fin à la pratique.
Il faut dire que les formes de l'esclavage ont varié selon les temps et les cultures. Mais depuis la ratification des instruments juridiques internationaux qui visent la promotion et la protection des droits humains, des définitions précises de la pratique ont été adoptées par l’État. « Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs » et « toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée ».
Des sanctions doivent être donc préconisées, car l’impunité dont bénéficient les féodaux encourage ces derniers à perpétuer leurs pratiques qui dénient à l’être humain sa dignité et sa part d’humanité.
Il faut donc dire que la lutte contre l’esclavage n’a pas été atteinte avec son abolition, des mécanismes forts doivent être mis en application pour lutter efficacement contre ce phénomène.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com