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Meeting de Tabital Pulaaku à Bamako : «Tout chemin de réconciliation passera par l'abandon de l'instrumentalisation des donzos et l'arrestation de ceux dont les mains sont rouges du sang»

Par Lerepublicainmali 1,258 vues
Meeting de Tabital Pulaaku à Bamako :  «Tout chemin de réconciliation passera par l'abandon de l'instrumentalisation des donzos et l'arrestation de ceux dont les mains sont rouges du sang»

L’Association des amis de la culture Peule (Tabital Pulaaku Mali) a organisé, le dimanche 23 octobre 2022, un meeting au Palais de la Culture de Bamako pour la paix au Mali, l'unité nationale, la refondation de l'État, la réconciliation nationale et la restauration du vivre-ensemble. C’était en présence du président de Tabital Pulaaku Mali, Abou Sow ; du représentant de Tabital Pulaaku international, Razack Bah ; du ministre de l'Artisanat, de la Culture, de l'Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo ; du ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l'Elevage et de la Pêche, Youba Ba ; des anciens ministres et ambassadeurs et de nombreuses autres personnalités. Au cours de ce meeting, le président de Tabital Pulaaku, Abou Sow, a fait savoir que «Tout chemin de réconciliation passera, sous peine de conduire à une impasse, par l'abandon de l'instrumentalisation des donzos et l'arrestation de ceux d'entre eux dont les mains sont rouges du sang d'innocents ».

Après l’exécution de l’hymne national du Mali en peul et les mots de bienvenue de la représentante du maire de la commune V du district de Bamako, Mme Haïdara Oumou Touré, le président de Tabital Pulaaku, Abou Sow, a rappelé que Tabital Pulaaku est créé en 1992 au Mali et existe aujourd'hui dans plus d'une vingtaine de pays d'Afrique et comporte des structures sur les continents européen, américain et asiatique. Toutes ces structures, dit-il, sont regroupées au sein d'une faîtière internationale, appelée Tabital Pulaaku international, dont le siège est à Bamako. « Le moment est venu pour tout le monde, pour nous tous, de nous regarder en face, de nous poser une série de questions à propos justement de la crise que nous vivons. Pourquoi y a-t-il eu cette crise ? Pourquoi tant de tueries ? Pourquoi tant de destructions massives de biens ? Que de sang versé ! Que de villages anéantis ! », s’est-il indigné. Selon lui, le présent meeting s'inscrit dans le programme de Réconciliation Nationale dont la semaine nationale de la réconciliation (SENARE) a eu lieu sur toute l'étendue du territoire national, du 15 au 21 septembre 2022. Pour lui, les membres de la communauté peule ont subi des exactions et des abus de toutes sortes, y compris de la part de ceux qui avaient en charge d'assurer leur protection et leur sécurité : arrestations nombreuses et pour la plupart injustifiées ; enlèvement et disparition ; détention prolongée et non suivie de procès. Et le pire, ajoute-t-il, a été l'instrumentalisation des milices donzos à partir de 2015 et qui se poursuit encore malgré les tueries et les massacres des populations civiles innocentes auxquels ces milices se sont livrées. « Partout, ces prétendus donzos ont semé la terreur et la désolation et continuent à bénéficier d'une grande permissivité, voire, d'une totale impunité. Tout chemin de réconciliation passera, sous peine de conduire à une impasse, par l'abandon de l'instrumentalisation des donzos et l'arrestation de ceux d'entre eux dont les mains sont rouges du sang d'innocents », a déclaré Abou Sow. Selon lui, tous les peuls ne sont pas des djihadistes et les djihadistes ne sont pas tous que peuls. Avant d’ajouter que la communauté peule a payé un lourd tribut à cette guerre contre le terrorisme. Par sa voix, Tabital Pulaaku réaffirme son engagement à contribuer à la recherche d'une solution réelle et durable à la crise que connaît le Mali. « La communauté peule du Mali, toutes zones représentées dans cette salle, proclame haut et fort son appartenance à la Nation malienne, à l'Etat du Mali qu'elle veut un et indivisible et éternel », a-t-il dit. Le Président de Tabital Pulaaku prône le pardon pour la paix au Mali. « Nous sollicitons du Gouvernement et des autorités judiciaires l'élargissement de toutes les personnes en détention et contre lesquelles aucune preuve d'implication dans le terrorisme n'a été établie. Nous sollicitons aussi du Gouvernement une analyse réelle des causes économiques, sociales et sociologiques profondes de la crise. Nous sommes convaincus que les causes de la crise sont loin d'être seulement idéologiques. Elles procèdent de relents économiques et de la non prise en compte de ce que, dans le centre, l'élevage constitue l'activité principale. Nous demandons à l'Etat Malien, de procéder à l'aménagement de pâturages de la même manière qu'il procède, à l'aménagement de casiers rizicoles. Nous sollicitons de l'Etat un appui ponctuel sous forme de subvention pour embouche bovine ou ovine, notamment, au profit des couches vulnérables, dont les femmes. Nous souhaitons un programme spécial d'appui en aliment bétail à titre gratuit à hauteur de 1.200 Tonnes, au profit des communes les plus affectées. Enfin, le renforcement du volet hydraulique pastorale », a souligné Abou Sow. Concernant les personnes déplacées, dit-il, il est essentiel de poursuivre les opérations d'assistance alimentaire à leur profit et de créer les conditions de leur retour à leurs villages d'origine. A sa suite, tous les autres intervenants ont salué l’initiative de Tabital Pulaaku pour la paix au Mali. Ledit meeting a été clôturé par les bénédictions.

Aguibou Sogodogo

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Commentaires (1)

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A
Amagara il y a 3 ans

Bonjour, Le problème demeure entier si on ne désarme que les Donzos. Ce ne sont pas seulement les peuls qui ont souffert de l'insécurité. Taire les noms des autres communautés fait partie aussi du problème. Les Bambaras, les Bozos, les dogons....n'ont pas été victimes? Le malheur est que selon ces communautés sans les donzos, elles n'existeraient plus. La cause profonde s'appelle Kouffa qui a recruté massivement parmi les peuls et par l'action de son groupe, l'amalgame a été fait souvent, les peuls ont payé un lourd tribu et d'ailleurs moins que les autres communautés souvent. Le problème reste entier si on veut coller une ethnie aux victimes de l'insécurité. Cette communautarisation du conflit divise le Mali. Vous Tapital Pulaku, votre approche pose problème. Une attaque contre l'armée malienne, une autre communauté ne vous concerne pas. Oui peut être elle vous concerne mais nous ne le sentons pas. Le Mali unit que vous prônez a besoin que les exactions cessent contre tout le monde, pas les peuls seulement. Dites à Kouffa d'arrêter son massacre et de semer du désordre qui ne profite pas à la communauté peule. Celui qui a imaginé le plan a bien réfléchi. Oui, je dirais que pour diviser le Mali, il faut passer par la communauté la plus présente dans toutes les sphères socio-économiques du pays et à tort ou à raison je pense que c'est la communauté peule. Le problème du centre, aussi bien que les peuls soient parmi les victimes, les peuls sont la solution aussi. Oui, gouvernement ou pas si les peuls veulent que la paix revienne au centre, elle reviendra. Diminuer ou limiter l'accès des groupes à la jeunesse peule, nous avons un début de solution au centre. Mais ici vous ne lancez aucun message ni à Kouffa ni à ces jeunes qui de leur côté font pire que les donzos. Le début de solution doit être global. Aussi, il faut diminuer l’influence de Kouffa sur les jeunes peuls, il faut désarmer toutes les communautés et lancer des programmes d’occupation des jeunes. A ce niveau, je serai d’accord avec vous qu’il faut même faire une discrimination positive en ciblant les communautés peules pour qu’elles puissent bénéficier de l’appui conséquent en matière d’élevage. Oui, les terroristes vous trouverez qu'ils ne sont pas tous peuls et c'est vrai mais d'autres trouvent qu'ils sont majoritairement peuls. Ils trouvent que ce qu'ils font, ce sont aussi des peuls qui le font. Donc merci d'approfondir l'analyse et tenir compte de la souffrance des habitants de Farabougou et d'autres.