jeudi 23 avril 2026
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Dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Gao : Des milliers de déplacés aux portes de la Cité des Askia

Par Le Wagadu 1,161 vues
Dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Gao : Des milliers de déplacés aux portes de la Cité des Askia

La recrudescence de l’insécurité dans la région de Gao, plus particulièrement dans de nombreuses localités du cercle d’Ansongo, à la suite des multiples violations commises par les terroristes de l’EIGS sur les communautés, engendre des déplacements de populations vers la cité des Askia.

Cette dégradation de la situation a engendré des limitations d’accès aux services sociaux de base comme la santé, l’éducation et l’eau d’une part et d’autre part la réduction de liberté et de circulation des personnes et de leurs biens pour multiples raisons (enlèvements, extorsions, agressions, menaces et souvent assassinats).

Les populations civiles, témoins des multiples exactions commises par les terroristes de l’EIGS, éprouvant peur et angoisse, se sentent menacées et en insécurité. Face à cette situation, des mouvements de populations forcés ont été observés vers certaines grandes agglomérations comme Gao et Ansongo.

Deux localités qui reçoivent ainsi un afflux sans précédent de personnes déplacées internes. Lesquelles viennent s’ajouter à d’autres qui avaient fui les localités de la région de Ménaka frappées de plein fouet par les mêmes types de violences depuis mars dernier.

Il faut reconnaître que dans leur fuite, ces personnes n’ont même pas emporté le strict minimum. Elles sont dans le dénuement le plus total. Pire, cette situation risque de déboucher sur des confrontations puisque les communautés d’accueil vivent également dans une grande détresse à cause de la cherté de la vie.

À noter que, parallèlement à ces faits, l’insécurité urbaine a également connu une recrudescence au niveau de certaines villes comme Gao et Ansongo où les assassinats ciblés et les enlèvements sur fond de revendication de rançon se sont multipliés. C’est dire la nécessité d’une intervention rapide pour éviter une catastrophe humanitaire qui ne fait que se préciser.

À l’allure où les choses évoluent, de nombreuses localités de la région de Gao, plus précisément du cercle d’Ansongo, risquent d’être vidées de leurs populations.

Cheick B. CISSE

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Commentaires (1)

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A
Anonyme il y a 3 ans

L’activisme et le militantisme devraient distinguer deux niveaux de priorité : le niveau de l’urgence est la lutte pour la sécurité ; la lutte anticolonialiste et panafricaniste, lutte pour la liberté, une lutte de longue date qui ne date pas d’aujourd’hui, en est un autre. A considérer la lutte anticolonialiste pour la liberté comme prioritaire et urgente, et à la rabattre sur la lutte pour la sécurité qui devient comme secondaire dans la mesure où l’on soutient que c’est parce que nous ne sommes pas libres que nous ne sommes pas en sécurité (et que celui qui nous tient encore sous sa dépendance est aussi celui qui nous met en insécurité), on ne sait plus finalement pourquoi on lutte : Si nous n’avons plus d’Etat et de territoire, nous ne pouvons plus lutter contre une puissance dominatrice et impérialiste qui les convoite pour en accaparer les ressources et nous en désapproprier ; la résistance suppose un sol à s’approprier et défendre contre tout colonialisme ; mais si ce sol et cette terre sont envahis par d’autres individus qui ne sont pas les colons contre lesquels nous luttons, la sagesse et l’intelligence seraient d’orienter d’abord notre lutte contre les envahisseurs violents. Non pas : il n’y a pas de sécurité sans liberté, mais, dans la situation que nous vivons il n’y a pas de liberté sans sécurité. La lutte actuelle pour la sécurité est tactique, le combat anticolonialiste de toujours pour la liberté est stratégique. Il faut d’abord gagner la première pour se donner les moyens du second. Voyez-vous : si, « indépendants » et « souverains », disposant de territoires et d’Etats avant le terrorisme, nous n’étions déjà pas (complètement) libres, comment pourrions-nous être plus libres sans Etats ni territoires s’ils sont envahis et colonisés par des terroristes ? Donc : un anticolonialiste conséquent, qui n’est pas un agitateur verbal et verbeux, devrait trouver dans la situation d’insécurité actuelle créée par les terroristes les ingrédients et prémices de la véritable lutte anticolonialiste. En ce sens : nous libérer des terroristes, et libérer notre territoire sont l’avant-goût de la libération du colonialisme. Cela suppose que cette libération de l’invasion terroriste soit nôtre, que nous en soyons les premiers acteurs. Si dans la libération de notre territoire nous sommes dépendants et des Français ou des Russes, on ne voit pas comment nous pourrions nous libérer seuls du colonialisme ! Si, indépendants, nous disons que nous ne sommes pas libres, comment pourrions-nous être libres dépendants ?… Il faut dont penser à éviter le scénario afghan : les Afghans qui fuyaient leur pays, en 2021, ne se jetaient pas dans les bras des vainqueurs du moment, les Talibans, mais cherchaient désespérément le secours et la protection des « vaincus », les Américains. On se rappelle ces scènes inédites d’Afghans qui s’accrochaient aux ailes des avions américains pour en retomber morts comme des oiseaux abattus. Les vrais vaincus ne sont pas toujours ceux qu’on croit, ceux qu’on chasse en faisant du bruit (ou alors la victoire est toujours de très courte durée). Toute la force de l’Occident, sa séduction, sa clôture, c’est ceci : il gagne encore en perdant ; plus il perd et plus il gagne… Il faut donc d’abord, si on lutte, lutter pour soi et contre soi, pour sauver sa peau. Cela s’appelle sécurité…