mercredi 22 avril 2026
Contact
Malijet

Nouvelle constitution du Mali : Le Collectif des associations musulmanes du Mali entend « user de tous les moyens légaux reconnus pour le retrait d’une laïcité plagiée »

Par Lerepublicainmali 1,158 vues
Nouvelle constitution du Mali : Le  Collectif des associations musulmanes du Mali entend « user de tous les moyens légaux reconnus pour le retrait d’une laïcité plagiée »

Le Collectif des Associations Musulmanes du Mali (CSMM) a animé, le 7 janvier 2023, à la Maison de la presse, une conférence de presse sur le thème : « Laïcité : problème ou opportunité ? » Dr. Ahmad Bolly, universitaire et Dr. Mohamed Kimbiry, Directeur de la Radio Dambé, étaient les principaux conférenciers. Dans la déclaration liminaire lue par Dr. Mohamed Kimbiry, le collectif dénonce le rejet et l’exclusion, la marginalisation de la communauté musulmane du Mali dans presque toutes les instances de décisions de notre pays au nom d’une compréhension exacerbée et erronée d’une laïcité négative sectaire, agressive, et intolérante. Et d’ajouter que ces rejets et exclusions délibérées relèvent d’une stigmatisation injurieuse, portant gravement atteinte à l’honorabilité de toute la communauté musulmane du Mali. Selon le collectif, les pouvoirs publics doivent se ressaisir pour ne pas entrainer le peuple malien, au bord du précipice au nom de valeurs et intérêts qui ne sont pas les leurs. Avant de prévenir qu’ « il se réserve le droit d’user de tous les moyens légaux reconnus pour le retrait d’une laïcité plagiée ».

Selon Mohamed Kimbiry, à la veille de la fin de la colonisation au Mali, la religion musulmane a connu de façon récurrente des dispositions d’exclusion et de spoliation. A cet effet, dit-il, nous citerons l’ordonnance N°59-42PCG du 28 Mars 1959 relative aux  associations culturelles et les congrégations religieuses  dans la République soudanaise  dans son article 3 qui stipule : « Aucun culte ne peut  être reconnu  comme culte  de l’Etat. La République  ne subventionne aucun sauf pour des  œuvres  de biens  déterminés  et dans l’intérêt général. Elle ne rémunère  pas les ministres des cultes ». Et  aussi, poursuit  Dr. Kimbiry, l’article 25  qui  indique : « L’enseignement religieux ne peut être donné aux enfants inscrits dans les écoles  publiques  qu’en dehors des heures de cours». Constatant avec regret et amertume  que même après  l’accession de notre pays à l’indépendance, déplore Dr. Kimbiry, l’islam fut la même cible à travers d’autres mesures plagiées, conduisant à des entorses graves en sa pratique normale.  Nous citerons quelques articles de la loi n°86/AN-RM du 21 juillet 1961 portant organisation de la liberté religieuse et  de l’exercice  du culte  dans la République du Mali : l’article 3 : «La République laïque ne rétribue les ministres d’aucun culte » ; l’article 20 : « Les réunions culturelles ne peuvent être tenues que dans les  édifices du culte»; et l’article 25 : « L’enseignement religieux ne peut  être donné aux enfants inscrits dans les écoles publiques qu’en dehors des heures de cours ».  Conscients  de  la dégradation  gravissime  de la situation religieuse dans le Mali nouveau, caractérisée par  la perturbation  des  normes  exclusives  sous couvert  d’une laïcité négative, sectaire, et agressive, dont  la réalité actuelle  de l’islam ne peut s’accommoder, parce qu’elles sont contraires à nos  valeurs religieuses, et de sacrifice,  avertit Dr.  Mohamed Kimbiry,  s’arc-bouter sur une ligne rouge est  suicidaire pour  un pouvoir  transitoire. C’est la raison pour la quelle, dit-il, nous sommes disposés à collaborer  étroitement  et  efficacement  avec  tous  les segments de la société  civile pour un Mali apaisé et serein. « Félicitions toutes les associations et organisations musulmanes, pour l’engagement civique dont elles ont fait montre à travers l’observation civique, et l’information  citoyenne  face à la reforme constitutionnelle  en cours… Condamnons avec regret, amertume, fermeté et avec la dernière rigueur : une marginalisation atroce, une exclusion  délibérée de la  communauté musulmane  dans presque toutes les instances de décisions de notre pays au nom d’une compréhension exacerbée  et erronée  d’une laïcité négative sectaire, agressive, et intolérante», a-t-il martelé. Et comme illustration de la mise à l’écart des musulmans, dit Dr. Mohamed Kimbiry, le décret portant  désignation  des membres du Comité d’Observation stratégique (COS) , de la Commission  de rédaction de la nouvelle  constitution (CRNC), de  l’Autorité indépendante de  gestion des élections (AIGE), la liste  additive des membres du CNT, et  plus récemment  la commission  de finalisation  du projet de constitution.  Selon Dr. Kimbiry, ces  rejets et exclusions délibérés relèvent  d’une stigmatisation  injurieuse, portant gravement atteinte à l’honorabilité de toute une communauté : la communauté musulmane du Mali. Le CAMM, poursuit Dr. Kimbiry, estime que les pouvoirs publics doivent se ressaisir pour ne pas entrainer le peuple malien, au bord du précipice au nom  de valeurs et intérêts  qui ne sont pas les leurs. A cet effet, avertit Kimbiry,  il se réserve le droit d’user de tous les moyens légaux reconnus pour le retrait d’une laïcité plagiée.  «Nous rassurons les citoyens et les citoyennes que nous assumerons toute notre responsabilité pour  la défense et la sauvegarde des valeurs de l’islam dans ce Mali en refondation», a conclu  Dr. Mohamed Kimbiry.

  1. B. FOFANA

 

 

Partager:

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Soyez le premier a commenter cet article.