mercredi 22 avril 2026
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Les responsables des organisations de la société civile face à la presse : «On n’est pas obligé de faire six grandes élections pour sortir de la transition »

Par Lerepublicainmali 1,135 vues
Les responsables des organisations de la société civile face à la presse : «On n’est pas obligé de faire six grandes élections pour sortir de la transition »
Dr. Ibrahima Sangho, chef de la MOEDELE-Mali.

Les responsables de la Mission d’observation des élections au Mali (MODELE-Mali) regroupés au sein de la Synergie 22 (comprenant 43 organisations de la société civile malienne) étaient face à la presse, le samedi 14 janvier 2023, à Maeva Palace de Bamako pour inviter les autorités de la transition à renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire pour permettre aux citoyennes et citoyens de vaquer librement à leurs occupations quotidiennes et être en mesure de participer pleinement aux prochaines élections. En outre, la MODELE-Mali recommande à l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE), la confirmation de la tenue du référendum constitutionnel le 19 mars 2023, étant donné le retard dans l’installation de ses coordinations. « On n’est pas obligé de faire six grandes élections pour sortir de la transition. On peut faire le referendum, la présidentielle et la législative pour sortir de la transition. S’il y’a un consensus, on peut aller au referendum…s’il y a un consensus politique, on peut tout faire », a souligné Dr. Ibrahima Sangho, chef de la MOEDELE-Mali.

Cette conférence de presse était animée par le chef de la MODELE-Mali, Dr. Ibrahima Sangho, en présence de Abdoulaye Guindo de DONIBLOG (la communauté des Blogueurs du Mali) ; de Mamadou Lassine Diarra du CONSORTIUM ELE-Citoyenneté Droits Humains Inclusifs ; de Fousseini Diop de l’AJCAD (Association des Jeunes pour la Citoyenneté Active et la Démocratie) et d’autres personnalités. Selon le conférencier, Dr. Ibrahima Sangho, la MODELE Mali a déployé ses 75 observatrices et observateurs à long terme (OLT), pour observer la Révision Annuelle des Listes Électorales (RALE). Avant d’ajouter que la MODELE a poursuivi l’observation de la RALE dans la majorité des communes des 49 Cercles et des 6 communes du district de Bamako. Cette révision, dit-il, s’est effectuée en l’absence des Coordinations de l’AIGE au niveau de la région, du district, du cercle, de la commune, et en contradiction avec  l’article 57, alinéa 2 de la Loi électorale qui prévoit que : « En année électorale, l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections assure le suivi et la supervision des opérations de révision des listes électorales». Le conférencier a fait savoir que de façon générale, la RALE s’est déroulée malgré des difficultés liées à la transmission tardive  des documents nécessaires dans certaines localités, notamment à Gourma Rharous lors du démarrage des activités, ainsi qu’à l’insécurité ayant empêché l’opérationnalisation de plusieurs commissions administratives, notamment à Niafunké et à Gourma Rharous. A ces défis, poursuit-il, s’est ajoutée une faible affluence des citoyens lors de cette opération de révision des listes électorales. A l’en croire, les populations font généralement preuve de peu d’engouement pour la RALE et cela s’explique par plusieurs raisons. Il s’agit, entre autres aspects, de l’insuffisance d’informations sur l’importance de ces opérations de révision ; de l’accès difficile à certaines communes pour des raisons de sécurité et d’inondations.

«Dans la plupart des régions, la situation sécuritaire est volatile »

«Étant donné les difficultés récurrentes rencontrées par les commissions administratives ainsi que par les populations lors des périodes de RALE, il serait utile pour l’administration comme pour les partis politiques et la société civile de réfléchir à des modifications à ce sujet. Dans la plupart des régions observées, la situation sécuritaire est volatile. Les forces de défense effectuent des passages sporadiques suivis par ceux des groupes terroristes présents de manière permanente et qui disent vouloir se venger de la prétendue collaboration des populations avec l’armée malienne », a indiqué Dr. Sangho. A l’issue de l’observation de la RALE (du 1er octobre au 31 décembre 2022), et en vue des prochains scrutins, la MODELE recommande aux autorités de la transition le nécessaire renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, pour permettre aux citoyennes et citoyens de vaquer librement à leurs occupations quotidiennes et être en mesure de participer pleinement aux prochaines élections. Ensuite, la MODELE-Mali recommande à l’AIGE l’accélération du processus d’installation de ses coordinations (démembrements) dans les régions, cercles, communes, ambassades et consulats, conformément aux articles 22, 23 et 24 de la Loi électorale ; la confirmation de la tenue du référendum constitutionnel le 19 mars 2023, étant donné le retard dans l’installation de ses coordinations; la mise en place dans les meilleurs délais du cadre de concertation permanent avec l’administration, les partis politiques et la société civile tel que prévu à l’article 4 de la Loi électorale ; la mise en place dans les meilleurs délais du processus d’accréditation des observateurs tel que prévu à l’article 39 de la Loi électorale. En outre, la MODELE-Mali recommande au Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, la révision du mandat et des missions des commissions administratives chargées de l’élaboration des listes électorales afin d’aboutir à des commissions plus professionnelles ; l’adoption de stratégies de prise en compte, dans le fichier électoral, des nouveaux majeurs ainsi que des populations déplacées internes; la mise en place d’une véritable politique de communication autour de l’importance des listes électorales et du fichier électoral. Par ailleurs, la MODELE-Mali invite les partis politiques à la redéfinition du mandat et des missions des commissions administratives chargées de l’élaboration des listes électorales afin d’aboutir à des commissions plus professionnelles ; à l’intensification des activités d’information autour de la loi électorale pour son appropriation ; à l’intensification des activités de sensibilisation et de mobilisation en faveur de l’organisation d’élections libres, transparentes, crédibles et sans violences.

Répondant aux questions des journalistes, le conférencier Ibrahima Sangho a fait savoir que le chronogramme des élections publié par le gouvernement n’a pas été remis en cause. Selon lui, ce chronogramme prévoit six grandes élections dont cinq en 2023 et la présidentielle en 2024. A cet effet, il a invité l’AIGE à édifier le peuple sur ce qui peut être tenu parmi ces différentes élections. « On n’est pas obligé de faire six grandes élections pour sortir de la transition. On peut faire le referendum, la présidentielle et la législative pour sortir de la transition. S’il y’a un consensus politique ont peut aller au referendum…s’il ya un consensus politique, on peut tout faire », a conclu le conférencier, Dr. Ibrahima Sangho, chef de MODELE-Mali.

Aguibou Sogodogo

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Commentaires (1)

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C
cissé il y a 3 ans

Maintenant que le chronogramme des échéances électorales est connu, certains partis politiques, se focalisent sur le projet de la nouvelle Constitution, pour tenter de retarder l'échéance de celle-ci en demandant son retrait. Dans quel but ? C'est leur droit d'avoir leur propre analyse. Malheureusement, certains politiques dévoilent plus leur instinct de pérennisation du pouvoir que de réalisations de projets concrets pour le bien être des populations. Les nombreuses élections organisées de 1992 à 2018 n'ont pas permis d'éviter la mauvaise gestion de l'ETAT, avec en ligne de mire, les détournements impunis de deniers publics. Je partage l'avis du président du MODELE-MALI qui invite les partis politiques à la redéfinition du mandat et missions des commissions administratives, chargées de l'élaboration des listes électorales. En réalité, celles-ci travaillent pour la plupart, disséminées à travers le territoire national, dans des conditions qui jurent avec la transparence à cause de faibles moyens financiers de son organisation. Qu'ont fait les partis politiques au plus fort de leurs règnes pour améliorer l'environnement de celles-ci ? Mieux, le résultat de travail final de celles-ci doivent servir de toilettage et transparence au fichier électoral. Donc, elles sont indispensables au fonctionnement de la bonne gouvernance. Le référendum se définit par le choix des électeurs à travers deux bulletins de vote "OUI et NON". Dans cette perspective, il revient aux citoyens possédant leurs cartes électorales, de faire leur choix définitif, dont le résultat final engagera toute la nation. En amont, il ne revient à aucun parti politique, membre de la société civile ou autre, dans le respect des règles démocratiques, d'anticiper pour éviter la tenue de celui-ci. Que DIEU continue de veiller sur le MALI. MALIBA