mercredi 22 avril 2026
Contact
Malijet

Le Mali à la croisée des chemins : Peut-on sauver un pays alors que l’élite ne rêve que de luxe sans efforts ?

Par Le Matin 1,498 vues
Le Mali à la croisée des chemins : Peut-on sauver un pays alors que l’élite ne rêve que de luxe sans efforts ?

Depuis mai 2021 (début de la rectification de la Transition), le peuple malien fait preuve d’une étonnante résilience dans l’espoir que les réformes annoncées puissent aboutir à une véritable refondation de la gouvernance du pays. Pour une fois, les Maliens semblent être déterminés à payer le prix du changement. Cela sera-t-il pour autant payant pour une fois dans un pays où la volonté de changement a toujours été noyée par la cupidité des élites, la mégalomanie et la démagogie des politiciens ? Tout dépendra en fait de l’attitude de l’élite nationale qui, après la transition, aura la lourde responsabilité de maintenir l’appareil d’Etat sur les rails de cette gouvernance vertueuse. Saura-t-elle enfin oublier son confort et ses intérêts au profit du développement du pays, de la répartition des richesses au bénéfice de toute la nation ? Peut-on instaurer une gouvernance vertueuse alors que l’élite ne rêve que de luxe et de jouissance sans fournir d’efforts ?

 

«Il existe deux ensembles de principes. Les principes de pouvoir et de privilège et les principes de vérité et de justice. Si vous courez après le pouvoir et les privilèges, ce sera toujours au détriment de la vérité et de la justice» ! Telle est la conviction de Noam Chomsky ! On pourrait aussi ajouter que si vous courez après le pouvoir et les privilèges, votre réflexion risque de faire de vous un danger permanent pour votre pays. En effet, votre préoccupation risque d’être votre seul confort au mépris de votre mission, de votre devoir…

Depuis l’interruption du 19 novembre 1968, le cadre malien est devenu en général un aliéné mental au point de devenir un poids, un handicap énorme pour le développement du pays. Et comme l’a une fois mentionné l’ancien président et homme politique ivoirien, Laurent Gbagbo, «c’est ce qu’on a dans la tête qui fait qu’on se développe ou pas». Ce n’est pas loin de ce que pensait également le regretté président du Faso, Thomas Sankara, pour qui «la domination culturelle (mentale) est la plus souple, la moins coûteuse, la plus efficace». Ne pouvant pas s’opposer à l’indépendance, le colon a pris le contrôle de notre mental afin de nous orienter vers des futilités et continuer à se développer à partir de nos richesses.

Quand on confie une quelconque responsabilité à un cadre de ce pays, il est rarement préoccupé par comment être à la hauteur de cette mission pour apporter sa petite pierre à l’édification d’un Etat émancipé et développé. Sa préoccupation, c’est comment en tirer le meilleur parti pour sa propre ascension sociale, économique… ; pour réaliser son rêve de villas et de voitures luxueuses, de belles et coûteuses maîtresses à collectionner…

Au lieu de réfléchir à la prospérité de l’entreprise ou du service, il planifie sa propre réussite en termes de propriétés privées… Comment lui en vouloir si la société elle aussi fait de cette possession (généralement mal acquise) le critère principal de considération pour un fils ou une fille du pays ? C’est le terreau fertile qu’elle (société) a ainsi offert à la corruption, à la délinquance et à toutes les autres formes de malversations financières aux dépens de son propre épanouissement. Et c’est de cette triste réalité qu’il faut se débarrasser si l’on veut que le «Mali Kura» tienne ses promesses à l’égard des futures générations

La «Charte d’éthique et des valeurs» comme pierre angulaire du vaste chantier institutionnel ouvert par la transition

«…Les initiatives qui matérialisent nos ambitions naissent avant tout de la pensée», écrivait récemment un jeune confrère. Autrement, pour paraphraser un jeune cadre, point de salut donc pour «un pays où les gens préfèrent aller voir le sorcier pour éliminer les esprits savants au lieu d’encourager la recherche…». Ainsi, tant que l’intérêt général n’est pas au centre de notre pensée, de notre réflexion, nous ne pouvons pas contribuer à briser la chaîne des mauvaises pratiques qui hypothèquent nos efforts collectifs de développement. Une réalité qui fait que le Mali est encore englué dans «une crise sans précédent sapant les fondamentaux de notre nation».

Les autorités de Transition ont compris que le coup d’Etat du 18 août 2020 n’aurait servi a rien s’il fallait opter pour un retour à l’ordre constitutionnel sans crever l’abcès de la mauvaise gouvernance nous condamnant au sous-développement comme une éternelle malédiction. C’est pourquoi elles ont engagé un mouvement de refondation nationale axé sur des réformes audacieuses et soutenu par des mesures concrètes dont la restauration de nos valeurs culturelles Celle-ci (restauration) est la pierre angulaire de ce vaste chantier institutionnel à travers la «Charte d’éthique et des valeurs» en gestation.

Elle se greffe à la prise de conscience qui s’est déjà concrétisée par l’instauration du Service national des jeunes (SNJ) faisant de la formation militaire et citoyenne le passage obligé de l’intégration dans la Fonction publique. Mais, n’oublions pas surtout que l’éducation demeure la vraie moule pour façonner des citoyens responsables engagés pour la patrie. «Partout où ça dégénéré dans le monde, ça commence par un groupe de personnes majoritairement composé d’ignorants qui s’arroge des titres, qui confond son intérêt et celui du pays et qui qualifie tous ceux qui ne suivent pas la même logique de traîtres», rappelait récemment un intellectuel du pays pour mettre l’accent sur l’éducation et le culte de l’excellence !

Une exhortation à faire de l’éducation une priorité des priorités dans notre quête du changement. Fermer les yeux sur les lacunes et les incohérences d’un système éducatif est à nos yeux l’une des pires trahisons d’une génération vis-à-vis du futur de la nation.

L’éducation, une priorité des priorités pour façonner les citoyens du Mali Kura

C’est la bonne éducation (à la maison et à l’école) qui nous conduira à comprendre que, pour que la résilience actuelle du peuple malien aboutisse au changement et au développement, il faudrait désormais que la composante majeure de l’élite nationale réfléchisse comme Alioune Badara Thiam dit Akon. «J’ai investi 1 milliard de dollars en Chine pour fournir de l’électricité en Afrique. Le continent manque d’électricité, d’eau, d’infrastructures de bases… Il y a beaucoup de progrès à faire», a récemment déclaré le chanteur de R’n’B sénégalo-américain (né en 1973 à Saint-Louis, au Sénégal)…

Et d’ajouter, «quand tu voyages et que tu vois la misère, tu as juste envie d’apporter ton aide. Frimer n’est plus mon délire, je ne porte plus de bijoux. J’ai vu tellement de gens dans le besoin, jusqu’à me sentir coupable en visitant des villages. Débarquer avec des boucles d’oreilles à 50 000 dollars est inutile. C’est juste une tape à l’œil qui ne sert qu’à faire le beau devant les autres. C’est pour cela j’ai décidé d’utiliser mon argent pour aider les autres».

Le Mali Kura ne peut pas s’accommoder de ceux qui ne rêvent que de bâtir des îlots de prospérité dans des océans de misère. Il a surtout besoin d’hommes et de femmes politiques engagés, au service de tous et défenseurs de l’inclusion ! Et non de singes qui imitent et de perroquets qui répètent.

Si la majorité des cadres du Mali décident aujourd’hui d’utiliser leurs connaissances, leur expertise, leur expérience, leur savoir et leur savoir-faire au service exclusif du pays, le Mali Kura aura plus de chance de combler les attentes, l’essentiel des attentes nationales !

Moussa Bolly

 

 

Partager:

Commentaires (32)

Laisser un commentaire

A
Anonyme il y a 2 ans

L'azavad est une équation impossible à poser au Mali. Que les soi disants intelligents touareg le chassent !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Si le touareg était intelligent,il aurait sû que son azawad,est une équation impossible à poser au Mali !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Ah nos touareg répugnent de cultiver le coton,pourtant ils adorent se prélasser dans du coton ! Sur la tête,comme boubou ample pour de l'air en temps de chaleur .Pour aimer le produit,il faut avoir du respect pour les producteurs !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Pouvez vous m'expliquer, pourquoi les touareg ont besoin d'être pris en main ! Pour aller au foyer de la rue Barrat ,il suffit de prendre ,tout seul le métro. Croyez moi ,les gens qui sont là bas,sont fraternels.

A
Anonyme il y a 2 ans

Les intelligents touareg,tu n'en fait pas partie !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Le Boulot au Mali,n'est fait que par les maliens,pas par d'autres !

A
Anonyme il y a 2 ans

Jusqu'à preuve du contraire ce sont les maliens qui cultivent les champs de coton on y a jamais vu un Targui ! car c'est dur de cultiver le coton!

A
Anonyme il y a 2 ans

non, je ne suis pas un touareg, hélas pour moi. je suis un keita, et comme tous les keita, je suis limité.

A
Anonyme il y a 2 ans

Oui tu n'en fais pas partie des touareg brillants que j'ai rencontrés !

A
Anonyme il y a 2 ans

Oui ce que tu appelles le foyer bara

A
Anonyme il y a 2 ans

Oh pardon...

A
Anonyme il y a 2 ans

Opardon,tu n'en fais pas partie/ erreur de frappe

A
Anonyme il y a 2 ans

Espèce d'idiot moi je vis au Mali. Tu veux faire le malin,ici personne n'a parlé d'élite,mais toi, dès le départ tu t'es engagé dans une voie sans issue,car tu affirmes l'intelligence supérieure des touareg. Les subtilités de ta langue ne sont pas enseignées,n'accuse personne de ne pas les connaître ! Pour ce qui est de ce que ,tu appelle le foyer "bara" ,c'est plutôt le foyer de la rue Barrat ! Tout malien y est accueilli,et tous les autres aussi. Moi j'ai croisé des touareg brillants ,mais toi tu n'en fait pas partie !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Les nègres eux, ont trouvé la solution ; ils font faire la besogne par les autres !

A
Anonyme il y a 2 ans

je comprends ! tu ne devais de ton côté pas faire partie de l'élite, car des touareg (pluriel du singulier targui) ne prend pas de s). mais au fait, y a-t-il beaucoup de touareg en france ? si oui, connaissent - ils le foyer bara ? sinon, tu pourrais avoir l'obligeance de leur indiquer le chemin, vu que c'est là où tu passes ton temps. salutations.

A
Anonyme il y a 2 ans

Moi j'ai connu des Touaregs au lycée,qui ne valaient pas un clou !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Pauvre con tu te crois plus intelligent que les nègres ! Alors pourquoi,depuis des siècles vous êtes aussi pauvres que vos chèvres ? S'il y avait de l'intelligence vous seriez la Corée du sud du Mali,mais pour cela il faut de la besogne,et ça,vous n'aimez pas !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Oh le tartempion, ta jalousie vis-à-vis des uns ou des autres te perdra.

A
Anonyme il y a 2 ans

c'est dommage et méchant de dire ça, parce que les touareg sont beaucoup plus intelligents que le reste de la population malienne. il suffit de demander aux instits des écoles pour s'en rendre compte. c'est se voiler la face que de ne pas le reconnaitre. je sais que vous n'aimez pas les touareg car vous avez la revanche qui vous hante, mais de là à refuser les faits, c'est de la discrimination.

A
Anonyme il y a 2 ans

L'intelligence c'est faire des rapports entre les choses. A part aérer ses c.o.u.i.l.l.e.s ,que sait faire un touareg ? Chier dans les rues de Tombouctou la nuit !