mercredi 22 avril 2026
Contact
Malijet

Polémique autour du vote de la nouvelle constitution: Les Maliens encore plus divisés qu’unis

Par Le Nouveau Réveil 1,199 vues
Polémique autour du vote de la nouvelle constitution: Les Maliens encore plus divisés qu’unis

Les Maliens ont vécu leur premier scrutin organisé par les militaires depuis le coup d’État d’août 2020. En effet, le référendum constitutionnel s’est tenu le dimanche 18 juin 2023. Mais force est de constater que  les fils et filles du pays  qui, en pareilles circonstances, doivent  être plus unis que jamais,  sont plutôt divisés sur les résultats qui tombent.

Plusieurs voix  discordantes  se font  déjà entendre, appelant à l’annulation pure et simple de ce scrutin. D’abord, ce sont les indépendantistes et autres milices du Nord du pays qui rejettent ce scrutin au motif que le texte ne prend pas en compte l’accord de paix d’Alger, signé avec le pouvoir d’Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) en 2015. Ensuite, à Bamako,  des  leaders religieux réunis au sein de la ligue malienne des imams et érudits du Mali, s’y opposent ouvertement. Car, selon eux, ce texte  réaffirme l’attachement du Mali à la forme républicaine et à la laïcité de l’État. Autre  motif,   celui-ci ne serait  pas adapté aux valeurs religieuses et sociétales  du Mali. La classe politique n’est pas en reste.

En effet, certains politiques contestent la légitimité du pouvoir de Bamako, affirmant que ce pouvoir  est disqualifié  pour mener une réforme de la loi fondamentale. D’ailleurs,  sur ce sujet,   un acteur politique malien, se prononçant sur la tenue de ce référendum,   dit  en substance  que les scores qui sortiront des urnes, seront dignes de la Corée du Nord, c’est-à-dire qu’ils seront soviétiques. A toute cette vague de mécontents,  s’ajoute  la voix d’une partie de la société civile malienne qui réfute ce référendum.

Tout le mal que l’on souhaite aux  Maliens, c’est  de s’entendre sur l’essentiel

C’est dire qu’avec ce score pharaonique du OUI dans les urnes, plus la polémique ne fait qu’enfler et au vu de tout cela, on peut se demander  si  les Maliens ne courent pas le risque de sortir du référendum encore plus divisés qu’unis.  

Certes, il est  vrai que les militaires ont donné le ton, le 11 juin dernier, en votant  par anticipation partout dans les casernes à l’exception de Kidal où le vote n’a pas eu lieu pour les raisons que l’on sait. Un vote militaire dont on ne se fait guère d’illusion pour ce qui sera du résultat. On devine que le pouvoir malien qui n’avait pas les moyens  financiers pour l’organisation de ce scrutin  et a appelé, pour cela,  à l’aide de nouveaux partenaires  financiers,   est resté droit dans ses bottes  quant au respect  de  la date de ce scrutin. Au risque d’enregistrer, en certains lieux, un faible taux de participation.

En tout cas, du côté de l’opposition politique et  d’une partie de la société civile qui conteste ce référendum,  des  stratégies de lutte  sont mises déjà  en place, pour saboter les résultats de ce scrutin. Celles-ci  invitent déjà leurs  militants et sympathisants  à la contestation. De quoi s’interroger sur la légitimité de ce vote référendaire.

En tous les cas,  tout le mal que l’on souhaite aux  Maliens, c’est  de s’entendre sur l’essentiel, à savoir la survie de la  Nation  qui, depuis plus d’une décennie, est confrontée à une équation difficile : le combat contre  l’hydre terroriste.

 Arouna Traoré

Partager:

Commentaires (3)

Laisser un commentaire

C
cissé il y a 2 ans

Monsieur KASSIM, le temps divin saura contredire votre interrogation. Le Mali fut et demeurera une nation en paix, en dépit des gesticulations au quotidien et agendas inavoués exogènes, qui complotent contre les autorités actuelles de la transition. Que DIEU continue de veiller sur le Mali. MALIBA

K
Kassin il y a 2 ans

Mali: la transition militaire dans le piège référendaire La transition militaire avait tenté avec les supplétifs du CNT et de quelques hommes politiques alimentaires mais ils ont mordu la poussière de Yirimadjo. L’échec patent du camp névrosé du OUI au référendum constitutionnel devant permettre aux putschistes du 18 août 2020 et de mai 2021 de s’auto amnistier à remplir le stade du 26 mars pour un simple meeting alors que le rappeur Adji centhiago (Fatô Jama Tigui) le remplit aisément et sans coup férir est un désaveu cinglant qui a piqué l’orgueil des colonels climatisés de bamako et Kati. Pour remonter la pente après la bérézina de Yirimadjo, les colonels climatisés ont sorti leur Joker féminin: Lady Batouly Niang, profil Jolie fille très généreuse avec l’argent de source inconnue probablement avec l’argent du trésor malien détourné massivement par le jeu des marchés publics truqués et des rétro commissions et autres pots de vins associés pour permettre à cette dame de s’aventurer dans l’humanitaire politique au profit exclusif de la transition militaire. Batouly en mode première de la classe des voyous, rectifie le tir raté du CNT de Malik Diaw et du ministère de l’administration territoriale du colonel ultra climatisé Abdoulaye Maïga, en remplissant à coup de millions de francs CFA et de dollars sonnants et trébuchants pour mobiliser au delà de bamako et finir par remplir le stade du 26 mars à 80% seulement. Peu mieux faire Lady Batouly, élève intelligente de rassemblement politique très disciplinée et travailleuse, classe : jolie fille. Au delà du rassemblement pénible du camp du OUI autour de ce projet controversé de nouvelle constitution, le NON reste une menace certaine d’autant plus que l’iman Wahabiste de badalabougou sort de sa Tanière de la Sema Gesco, et électrise les foules du NON religieuses et politiques sur l’esplanade du palais de la culture Bazouma Ba Cissoko de Bamako. La laïcité semble cristalliser les colères des religieux musulmans qui se sentent abandonnés en plein vol par les clans unifiés des Cherif autour de Lady Batouly Niang (Chérif Ousmane Madane Haidara président du Haut conseil islamique du Mali et le Chérif de Nioro fils du célèbre Cheik Hamala Haidara). Les politiciens du NON cristallisent les autres griefs contre cette nouvelle constitution taillée sur mesure pour que les colonels Climatisés de bamako et environs confisquent définitivement le pouvoir politique et militaire au Mali. Les enjeux politiques sont donc énormes et le risque de déstabilisation sociale par la fracture religieuse guette les colonels climatisés et leurs valets alimentaires et opportunistes. Si jamais le résultat du vote populaire du 18 juin 2023 serait défavorable pour les colonels climatisés c’est à dire NON, ils ne pourront que tripatouiller les résultats à la manière de Manassa Daniogo, ex présidente de la cour constitutionnelle du Mali. Mais la détermination du camp du NON serait un élément déterminant pour écarter tout tripatouillage et risque de verser le pays dans l’incertitude d’une crise post électorale référendaire. C’est par là que les colonels climatisés déjà sous la menace d’une poursuite pénale internationale de la CPI pour les massacres de Moura, leur récente attitude onusienne pour remercier sans délai la mission onusienne de la Minusma et leur rapprochement de plus en plus accentué avec la Russie de Poutine au moment où les USA et l’Union européenne mettent le groupe paramilitaire russe Wagner présent au Mali sur la liste des organisations terroristes et impliqué selon le département d’état américain aux trafic d’armes dans le conflit Ukrainien via le Mali des colonels climatisés, pourraient se faire RATTRAPER par la communauté internationale qui leurs a dans le viseur depuis un bon moment. Le piège référendaire des colonels climatisés serait-il une crise post référendum sanglante qui déclencherait les poursuites à la CPI? Seul le temps est juge! Wa salam

A
Anonyme il y a 2 ans

" Mais force est de constater que les fils et filles du pays qui, en pareilles circonstances, doivent être plus unis que jamais, sont plutôt divisés sur les résultats qui tombent." Arouna Traoré, TOUT VOTE EST UNE UNION DANS LA MULTIPLICITÉ. ICI, LE OUI ET LE NON SE COMPLETENT POUR FAIRE LA NATION MALIENNE.