mercredi 22 avril 2026
Contact
Malijet

Décharge de Lafiabougou : Les populations à proximité vivent dans une odeur nauséabonde

Par Lerepublicainmali 1,625 vues

Dans la capitale du Mali, la plus grande ville du pays avec près de 3,5 millions d’habitants, la quantité des déchets ne cesse d’augmenter. Ce qui devient un véritable enjeu de santé publique. C’est le cas de la décharge de Lafiabougou appelée « le Kilimandjaro ». Les populations à proximité de cette décharge vivent dans l’odeur nauséabonde de cette décharge, ce qui peut causer des problèmes de santé. Malgré l’engagement des autorités, elles ont du mal à débarrasser la population de ces déchets. Selon la mairie de la commune IV du district de Bamako, « pour évacuer la décharge, il faut 600 millions de FCFA, et cela incombe à la mairie du district. »

En vue de trouver des solutions durables aux ordures dans la capitale malienne, le ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable, Mamadou Samaké, a effectué, le samedi 8 juillet 2023, une visite sur le dépôt de transit de Lafiabougou, pour voir de de visu la réalité. Selon le ministre, chaque acteur devra jouer son rôle afin de se débarrasser de cette décharge. Face à la lenteur des autorités, les populations à proximité de la décharge, impatientes et agacées, manifestent leur mécontentement. Aliou Cissé, âgé de 32 ans et habitant de Lafiabougou, demande à l’Etat de mettre tout en œuvre « afin de mettre fin à ces ordures qui fatiguent les habitants ».

Pour aider à résoudre le problème d’ordures, des charretiers ont été mis à contribution. Ce qui est pour eux une source de revenus leur permettant de subvenir à leurs besoins quotidiens. Des jeunes hommes âgés de 17 à 29 ans conduisent des charrettes tirées par des ânes. Arouna Diabaté, âgé de19 ans, fait du porte-à-porte pour ramasser les ordures ménagères puis les livrer à un centre local de recyclage des déchets. Il gagne environ 20.612 F CFA par mois. Issa Dougnon ramasse, lui aussi, les ordures à l’aide d’une charrette. « J’aime ce métier, car cela me permet d’acheter des vêtements et de mettre de l’argent de côté. Pour le moment, les gens nous apprécient, car nous aidons à nettoyer les maisons de Bamako », dit-il avec joie.

 Aïssatou Sissoko, âgée de 29 ans, et ces autres compagnons tirent leurs revenus de la collecte et la vente de déchets plastiques. Elles revendent les plastiques à 7000 à 12500F CFA en raison de deux sacs de 50 kilogrammes. Cet argent, selon elles, leur permet de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Elles sont 21 femmes regroupées en coopérative, chaque groupe ayant une tâche spécifique : ramassage, lavage ou séchage des plastiques. En exploitant les opportunités offertes par la collecte et la vente de déchets plastiques, elles se sont engagées dans une double lutte: améliorer leur situation économique et contribuer à la protection de l’environnement.

Bien qu’étant source de revenus pour ces derniers, ces ordures causent plusieurs maladies. C’est ce qu’attestent les propos de Aladji Tounkara, médecin neurologue au CHU Point-G de Bamako. « Problèmes gastro-intestinaux (nausée, vomissement, diarrhée), des maladies de peau, des problèmes respiratoires, des allergies (asthme, rhinite), sont autant de maladies que les populations à proximité des ordures peuvent contracter », dit-il.

Par ailleurs, cette montagne d’ordures qui surplombe le cimetière de Lafiabougou est sur le point de diviser la mairie de la Commune IV du district de Bamako et les populations. D’après ladite mairie, des solutions sont en cours pour que le dépôt soit vidé de son contenu. A en croire la mairie, « pour évacuer la décharge, il faut 600 millions de FCFA et cette responsabilité incombe à la mairie du district.»  

Pour rappel, l’opération An Biko s’était engagée, en avril dernier, à ramasser les ordures. Cette opération est aujourd’hui aux arrêts. Mais le Groupe Toguna-Agro-Industries s’est engagé à évacuer les ordures dans un délai d’un mois. Pour ce faire, il a déployé des moyens, à savoir 15 camions, des pelles et beaucoup d’autres engins qui seront donnés à certains employés.

Awa Toumagnon, stagiaire

 

 

Partager:

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Soyez le premier a commenter cet article.