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La Fédération Nationale des Associations de Femmes Rurales (FENAFER) du Mali plaide pour une application effective des lois en faveur des femmes rurales.

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La Fédération Nationale des Associations de Femmes Rurales (FENAFER) du Mali plaide pour une application effective des lois en faveur des femmes rurales.

Ce mardi 10 Octobre 2023 à la direction nationale de la promotion de la femme de Sabalibougou, la Fédération Nationale des Associations de Femmes Rurales (FENAFER) du Mali a organisé une conférence de presse sur les difficultés liées à l’application effective de la loi sur le Foncier agricole au Mali et la loi n°2015-052/du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives.

Modérée par M.Siriman SACKO, près d’une trentaine de représentantes des femmes rurales ont pris part à la rencontre. Elle a été présidée par Mme NIANGATÉ N’Goundo KAMISSOKO, Présidente de la FENAFER, assistée de Mme MAIGA Aissata TOLOFOUDIE, du Secrétariat Permanent du Comité Exécutif National du Conseil Supérieur de l’Agriculture, Mme TOUNKARA Sophie SOUKO, Directrice nationale de la Promotion de la Femme de Sabalibougou, et son adjoint M.Boubacar CAMARA.

Première du genre, cette activité rentre dans le cadre de la Journée Internationale de la femme Rurale célébrée le 15 octobre. Les échanges ont essentiellement porté sur l’état de la mise en œuvre de la loi sur le Foncier agricole et la loi n°2015-052/du 18 décembre 2015, les avancées, les initiatives et les obstacles qui entravent le processus pour une application effective.

Malgré le nombre important de législations et de textes nationaux et internationaux ratifiés par le Mali pour protéger les droits des femmes, la réalisation de ces droits demeure un défi d’autant plus que la mise en application effective de la parité telle que voulu par la Convention de 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) tarde à se concrétiser.

Selon Mme NIANGATÉ N’Goundo KAMISSOKO, les actions de la FENAFER œuvrent à encourager une meilleure implication des femmes rurales dans le processus du développement, influencer les politiques afin de traduire les engagements en action concrète en mettant l’accent sur les difficultés rencontrées. D’une part, la loi foncière agricole, adoptée en avril 2017, donnant plus d’opportunités aux femmes et aux jeunes d’avoir 15 % des terres aménagées n’est pas respectée. A ses dires, cette situation est due à un manque de volonté et à nos réalités socioculturelles qui n’autorisent pas « une femme à être propriétaire de parcelle de quelle nature que ce soit ». D’autre part, elle a plaidé pour la participation des femmes aux instances de décision ou de gestion des organisations professionnelles Agricoles (interprofessions, CRACNOPAPCAM) car la loi n°2015-052/du 18 décembre 2015 n’est pas que politique, elle intervient dans d’autres domaines et a pour objectif d’améliorer la représentativité des femmes dans les instances de prise de décisions.

A sa suite, l’Experte de la loi d’orientation agricole, Mme MAIGA Aissata TOLOFOUDIE a expliqué la loi foncière agricole et ses avantages. Cette loi est un cadre juridique qui renforce les droits fonciers coutumiers, améliore la gouvernance, renforce les droits des femmes. Elle attribue 15 % des aménagements fonciers de l’Etat ou des Collectivités territoriales aux groupements et associations de femmes, de jeunes situés dans la zone concernée.

Toutefois, Mme MAIGA Aissata TOLOFOUDIE a affirmé que l’application de cette loi ne sera effective que si les femmes s’unissent et veillent de près les commissions foncières villageoises.

Quant à Mme TOUNKARA Sophie SOUKO, Directrice nationale de la Promotion de la Femme de Sabalibougou a également souligné un manque de volonté dans l’application de la loi n°2015-052/du 18 décembre 2015. Selon un constat, l’application de cette loi est visible au niveau électoral, toutefois, il existe un véritable obstacle concernant les postes nominatifs qui sont souvent en faveur des hommes et qui ne peuvent pas être contrôlés. A ce jour, moins de 18 % des femmes sont nommées. «

Les femmes doivent s’organiser pour défendre leur droit et chaque décideur est responsable de l’application de cette loi » dixit-elle.

Notons que les travaux ont abouti à des recommandations claires et précises pour un plaidoyer efficace sur la mise en œuvre effective de ces lois en faveur des femmes.

Pour rappel, la FENAFER a pour mission de renforcer les capacités et les moyens d'actions des femmes rurales pour leur participation effective aux prises de décisions, à la gestion et au contrôle des facteurs de production (terre, intrants, équipements), aux finances, aux marchés pour faciliter leur autonomisation et le respect de leur droit politique, social, économique et culturel. Ainsi, elle comprend (09) Associations professionnelles des femmes rurales des régions (46) associations de femmes rurales des cercles, et 703 associations communales de femmes rurales en perspectives.

AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com

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