Difficile quête d'emploi pour les personnes vivant avec un handicap au Mali
De manière générale, le handicap se traduit la plupart du temps par des difficultés de déplacement, d'expression ou de compréhension chez la personne atteinte. Nous constatons que la majeure partie des personnes en situation de handicap sont privées d’emploi à cause de leur statut, et pourtant, « nous naissons tous libres et égaux en droit et en devoir ».
La Fédération Malienne des Personnes Handicapées (FEMAPH) estime à plus de 2 millions de personnes souffrant de handicap au Mali, en 2019.
Des statistiques alarmantes qui dénotent de la gravité de la situation et surtout de l’urgence à y faire face. En effet, les personnes vivant avec un handicap au Mali souffrent de nos jours, de barrières institutionnelles, d’exclusion socio-économique et professionnelle.
Sur le plan professionnel, la vision du handicap reste très stigmatisée. La fédération malienne des associations des personnes handicapées indique que l'on dénombre, « en 2021, 724 jeunes handicapés en recherche d'emplois ».
En réalité, la vie socioprofessionnelle des personnes handicapées est très difficile. La majeure partie de ces personnes n'est pas instruite et la plupart d'entre elles qui ont leurs diplômes sont en chômage. Situation qui les met sur la voie de la mendicité pour gagner leur pain quotidien.
Quel traitement réserve-t-on aux personnes vivant avec un handicap en quête d’emploi ?
Le gouvernement du Mali a signé la Convention sur le travail décent de l'Organisation internationale du travail, qui définit les droits des personnes handicapées en matière d'emploi, et le Mali est le septième pays africain à avoir signé la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Lors des concours d’entrée à la fonction publique, le gouvernement applique la discrimination positive pour engager des personnes handicapées et les encourage à passer les examens. Le taux d’admission, bien évidemment reste peu par rapport à la demande, et souvent à cause des obstacles de formation des personnes en situation de handicap au Mali.
Par conséquent, dans le secteur privé, les préjugés sont omniprésents et nombreux sont les entreprises qui évitent d'engager des personnes handicapées.
Arouna Samaké, entrepreneur, affirme que « Les employeurs ont tendance à ne pas voir la valeur intérieure d'une personne et ne voient que son handicap, ce qui est dommage... La plupart des personnes handicapées ne peuvent pas trouver d'emploi dans le secteur privé, car la plupart des entreprises pensent qu'elles ne peuvent pas travailler ».
Et pourtant Fadouba Samaké, un élève amputé, fait partie de ceux qui n’ont pas baissé les bras. Élève au lycée, pendant les vacances, il suit un apprentissage pour devenir soudeur dans le garage de son père. Selon lui, « bien vrai que certains handicapés ont du mal à trouver du travail, beaucoup aiment gagner leur vie facilement. Ils ne font plus d’efforts pour chercher à travailler ».
Il faut dire que l’emploi est fondamental pour permettre aux personnes vivant avec un handicap de maintenir un niveau de vie décent pour elles-mêmes et leurs familles. Elles ont aussi droit à une éducation, une formation et une insertion professionnelle.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com