mardi 21 avril 2026
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Micro-trottoir: Que pensent les Ségoviens de leur festival et que proposent-ils pour les éditions futures ? Nous avons posé la question à des Ségoviens.

Par Mali Tribune 2,200 vues
Micro-trottoir: Que pensent les Ségoviens de leur festival et que proposent-ils pour les éditions futures ? Nous avons posé la question à des Ségoviens.

Zoumana Kané, historien

"L’une des manifestations les plus prestigieuses de la sous-région"

"Je fais partie des gens qui ont participé à la naissance du festival. Le Festival sur le Niger s’est enraciné dans les traditions ségoviennes. Il intègre le "maako ani maaya jamana", comme on dit à Ségou. Ce n’est pas seulement l’aspect folklorique ou ludique mais aussi, tout ce qui est social. Je peux dire que le festival sur le Niger a beaucoup mûri. C’est l’une des manifestations les plus prestigieuses de la sous-région qui a même une dimension internationale.

Je pense qu’il faut davantage réintégrer tout ce qui concerne le local, l’aspect culturel. Tout est culture dans son ensemble, mais l’aspect culturel, c’est de chercher à savoir qui nous sommes à travers nos chants et danses, et qu’on essaye l’expression artistique, scénique que cela soit encore beaucoup plus amélioré comme on a tendance à s’appesantir sur l’expression des arts visuels et l’aspect plastique".

 

Fatoumata Touré, Conseil régional de la jeunesse

"C’est notre fierté"

"Après 20 éditions, il faut croire que le Festival sur le Niger est devenu un véritable moyen de faire connaitre notre valeur culturelle à nous Maliens. C’est un événement culturel majeur d’une ampleur sans précèdent pas seulement au Mali mais partout dans le monde. Au cours de ces deux décennies, le festival a boosté de l’économie régionale et nationale. Il faut noter aussi le nombre d’emploi qui se créée autour du festival sur le Niger.

A mon avis, le Festival sur le Niger est une fierté nationale, une fierté africaine. L’initiative qui est partie du Mali, ne cesse de se perfectionner toutes les années. 20 ans ce n’est pas 20 minutes, en 20 ans, le festival est devenu un grand événement culturel connu, aimé et les échos sont partout dans le monde. Personnellement, je dirais qu’il faut améliorer la sécurité autour de l’événement et de la ville. Parce que pendant la période, il y a beaucoup de monde à Ségou, il faut des mécanismes afin de diminuer les cas d’accidents de la circulation et renforcer la sécurité sur tous les sites du festival".

 

Aboubacar Sidiki Diarra, étudiant à l’Université de Ségou

"Primez les étudiants"

"Le Festival sur le Niger est devenu un événement grandiose. Il a permis à moi et à beaucoup de mes camarades d’être plus proche de certaines personnalités qu’on voyait à la télé comme les artistes de renom et les comédiens. Dans notre apprentissage aussi, "Kôrê Baro" contribue beaucoup à cela.

Si les organisateurs doivent revoir quelque chose, à mon avis c’est vraiment le côté des étudiants, insérer dans le programme quelque chose qui puisse intéresser plus la formation des étudiants de l’Université de Ségou dans leur apprentissage et les conditions d’accès aux différents concerts du festival, faire un prix spécial pour nous les étudiants".

 

Gaoussou Fofana, directeur régional de l’hôtellerie et du tourisme

"Bilan positif"

"Après 20 ans éditions, le Festival sur le Niger s’est imposé comme un événement culturel. Si on me demande de jeter un regard rétrospectif sur les 20 ans, je dirais simplement que le bilan est positif sur tous les plans.

Sur le plan social, le festival a contribué à la création d’emplois et continue à créer. Sur le plan économique, il a contribué à la construction d’infrastructures économiques, notamment les hôtels. Avec la crise qu’a connue notre pays, si aujourd’hui, il y a beaucoup d’hôtels qui sont sur pied, c’est grâce au Festival sur le Niger. Sur le plan culturel, il a contribué au rayonnement de la culture régionale sinon malienne.

Aucune œuvre humaine n’étant parfaite, je pense que le volet culturel peut être amélioré davantage parce que le festival doit contribuer à la préservation de notre patrimoine culturelle ou identité culturelle. Ces derniers temps, je ne dirais pas que le festival est en train de s’éloigner de ça mais, moi je pense qu’il doit mettre un accent particulier sur nos valeurs. Je demanderais aussi d’associer davantage non seulement les services techniques mais aussi les populations locales dans l’organisation de l’événement pour que les locaux se retrouvent dans le contenu de la chose cela ne fera que l’agrémenter.

Il faut aussi réfléchir à faire en sorte que le festival puisse créer des pools impliqués directement au développement de la région. Le festival a aujourd’hui atteint sa maturité, c’est un événement majeur ils peuvent prendre pas mal d’initiatives qui peuvent aller dans le sens du développement de la région".

 

Emmanuel Théra, journaliste

"Revalorisez les journalistes locaux"

"Le Festival sur le Niger a 20 ans. Il est une occasion de partages, de se faire de l’argent. En 20 ans Ségou, a accueilli des millions de personnes. Dans le temps le grand monde venait de l’extérieur mais aujourd’hui le festival est purement malien pour les raisons que tout le monde sait. C’est vraiment un événement qui mérite d’être protégé.

En tant que journaliste local, je parlerais plutôt des conditions de travail des journalistes de Ségou surtout le côté financier. Je demanderais aux organisateurs de revaloriser les journalistes locaux en les mettant dans les conditions qu’il faut pour la couverture. Parce qu’il faut reconnaitre que les journalistes étrangers sont plus considérés que ceux de Ségou alors que c’est pratiquement la même envergure, les mêmes followers, les mêmes capacités de traitement de l’information et même de relais.

Aujourd’hui si les organisateurs parvenaient à revaloriser les médias ségoviens, ça serait une très bonne chose".

 

Bintou Ouologuem, commerçante

"Impliquez les Ségoviens !"

"A mon avis, le pari est gagné par le Festival sur le Niger. 20 ans dans l’organisation de ce grand rendez-vous n’est pas chose facile. Le festival a créé chez moi un temps où je gagne ce que je n’ai pas gagné pendant le reste de l’année. La période du festival est un grand temps de vente pour beaucoup de commerçantes comme moi. Je demande aux organisateurs d’impliquer plus la population ségovienne dans l’organisation du festival car j’ai l’impression que le festival s’éloigne de plus en plus des Ségoviens".

Propos recueillis par

Dieny Albert Kalambry

(correspondant à Ségou)

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