mardi 21 avril 2026
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Le Colonel Assimi Goïta à la cérémonie de clôture du dialogue inter-malien : “L’enjeu était la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire”

Par Aujourd'hui-Mali 1,500 vues
Le Colonel Assimi Goïta à la cérémonie de clôture du dialogue inter-malien : “L’enjeu était la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire”

“Aucun sujet n’a été considéré comme tabou et aucun participant n’a été empêché de s’exprimer”

“Sans nul doute, le Dialogue inter-malien aura tenu toutes ses promesses, et c’est avec un immense espoir que nous envisageons désormais la résolution durable de la problématique de paix et de réconciliation dans notre pays sans ingérence extérieure. Je voudrais lancer un appel à tous ceux qui n’ont pas participé au dialogue afin qu’ils rejoignent les autres Maliens en vue de bâtir une paix durable, condition essentielle de tout développement. Pour ma part, j’engage les organes de la Transition à prendre les dispositions qui s’imposent pour la mise en œuvre diligente et le suivi des recommandations que vous avez formulées au nom du peuple malien, en gardant constamment à l’esprit la défense de ses intérêts vitaux”. Ces propos sont du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta à la clôture de la phase nationale du dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale, le vendredi 10 mai 2024, au CICB, en présence de plusieurs personnalités.

Le Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale vient d’achever sa phase ultime. A cette heureuse occasion, je voudrais, avant tout propos, rendre grâce à Allah le Tout-Puissant de nous avoir aidés à conduire le train de la fraternité et de l’unité nationale à bon port.

Mesdames et Messieurs,

Une fois de plus se jouait notre destin collectif et nous venons de donner la preuve qu’en nous inspirant de nos valeurs séculaires, nous pouvons être à la hauteur des défis historiques. Le mérite revient tout d’abord au peuple malien résiliant qui a su se mobiliser en ayant une conscience claire des enjeux de l’heure.

En effet, face à la gravité de la situation dans laquelle notre pays s’est retrouvé et qui menaçait les fondements mêmes de l’Etat, le peuple malien a opéré une prise de conscience qui lui a permis de s’engager dans la voie de la concrétisation de sa souveraineté. Ainsi, notre armée, reformée et rééquipée, a entrepris l’œuvre salvatrice de récupération et de sécurisation de l’ensemble du territoire de notre pays.

À la suite des fora, des Assises nationales de la Refondation et des réformes institutionnelles qui s’en sont suivies, il devenait impérieux d’entreprendre des actions salutaires pour sauver notre Etat.

Mesdames et Messieurs,

Après le succès de l’opération Dougoukoloko ayant permis la récupération de la région de Kidal et d’autres localités importantes de notre pays après une décennie d’occupation sur fond de séparatisme, il était indispensable de dénoncer l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Cette urgence justifiait à bien des égards, l’initiation d’un dialogue direct entre les Maliens. L’objectif assigné à ce dialogue était de diagnostiquer les causes des conflits intracommunautaires et intercommunautaires afin de tracer une architecture de paix durable, recoudre le tissu social et renforcer le vivre-ensemble.

L’enjeu de ce Dialogue inter-malien était la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire. Je suis heureux de constater que les Maliennes et les Maliens l’ont bien compris et se sont approprié le processus.

La validation des termes de référence, les rencontres dans les communes, les régions et le district de Bamako, les Ambassades et les Consulats, ainsi qu’au niveau national, cette semaine l’ont prouvé à suffisance. C’est donc le peuple dans toute sa diversité ethnique, religieuse et socioprofessionnelle qui s’est exprimé.

Aucun sujet n’a été considéré comme tabou et aucun participant n’a été empêché de s’exprimer. C’est le lieu d’adresser mes remerciements aux membres du Comité de pilotage, à toutes les institutions publiques, ainsi qu’à toutes les personnes de bonne volonté qui n’ont ménagé aucun effort pour la réussite de l’évènement.

Mesdames et Messieurs,

La sauvegarde de l’unité nationale n’est pas seulement une nécessité historique, c’est surtout un devoir sacré pour chaque Malienne et chaque Malien. En effet, chaque fois que nous avons été unis, nous avons surmonté tous les obstacles, mais chaque fois que nous avons été divisés, nos ennemis ont eu le dessus sur nous. La mobilisation du peuple souverain du Mali demeure à cet effet un bouclier impénétrable pour sa survie.

Aujourd’hui, réconciliés et réunis autour de notre destin commun, nous sommes en train de créer les bases du développement pouvant assurer notre souveraineté politique et économique, conformément aux trois principes qui guident l’action publique au Mali et consacrés par la Constitution du 22 juillet 2023, à savoir : le respect de la souveraineté de l’État, les choix souverains du Peuple et la défense de ses intérêts.

Mesdames et Messieurs,

Sans nul doute, le Dialogue inter-malien aura tenu toutes ses promesses, et c’est avec un immense espoir que nous envisageons désormais la résolution durable de la problématique de paix et de réconciliation dans notre pays sans ingérence extérieure.

Je voudrais lancer un appel à tous ceux qui n’ont pas participé au dialogue afin qu’ils rejoignent les autres Maliens en vue de bâtir une paix durable, condition essentielle de tout développement.

Pour ma part, j’engage les organes de la Transition à prendre les dispositions qui s’imposent pour la mise en œuvre diligente et le suivi des recommandations que vous avez formulées au nom du peuple malien, en gardant constamment à l’esprit la défense de ses intérêts vitaux. Avec le Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale, les Maliennes et les Maliens viennent de poser la pierre angulaire du chantier de l’édification du Mali Kura, c’est-à-dire un Mali en paix, réconcilié, fort et prospère.

Je voudrais exprimer ma gratitude au président du Comité, Monsieur Ousmane Issoufi Maïga, pour avoir réussi à rassembler les Maliens autour de l’essentiel en quelques semaines. C’est sur ces notes d’espoir, et en vous souhaitant à tous un bon retour dans vos foyers respectifs, que je déclare clos, les travaux de la phase nationale du Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale.

Ensemble, nous ferons le Mali Kura !

Qu’Allah bénisse le Mali et protège les Maliens !”

 

 

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Commentaires (1)

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Dr ANASSER AG RHISSA il y a 1 an

Pourquoi pas une négociation globale avec les djihadistes/terroristes au moins au sein de l'AES ? Réponses à certaines questions posées suite à la contribution : Pourquoi pas une négociation globale avec les djihadistes/terroristes au moins au sein de l'AES ? Ci-dessous des questions posées par des Anonymes : Anasser ,les djihadistes ne sont pas maliens. Pourquoi négocier avec des étrangers sur notre territoire ? ... Faut-il accepter que les djihadistes appauvrissent nos populations en leur confisquant leurs animaux (qu'ils vendent et/ou dont ils se nourrissent) ? : cas dans toute la zone des trois frontières et même dans les pays de l'AES et dans certains pays voisins (Nigéria, Bénin, Togo, Côte d'Ivoire, ...). Nous tenterons de donner brièvement des éléments de réponses à ces questions. 1. Anonyme, vous disiez, les djihadistes ne sont pas Maliens. Pourquoi négocier avec des étrangers sur notre territoire ? Vous oubliez que certains d'entre eux sont des Maliens ou des ressortissants des pays du champs ou sont de connivence avec des Maliens si on se réfère aux dernières inculpations par la justice malienne. Nous sommes donc obligés de négocier avec eux car nous sommes ressortissants du même territoire ou nous partageons le même territoire. 2. Anonyme, faut-il accepter que les djihadistes appauvrissent nos populations ? Non, ce phénomène est très grave et se généralise de plus en plus. Depuis plusieurs années ce phénomène se généralise, appauvrit nos populations et les prive de tout. Elles sont obligées de se livrer à l'exode et remplissent les camps de réfugiés dans les pays de l'AES, dans les pays du Sahel et même ailleurs. L'heure de la négociation avec tous les acteurs (djihadistes, terroristes, institutions internationales des droits de l'homme, ...) est donc arrivée pour exiger les souverainetés de nos populations et de nos pays. D'où la question, pourquoi pas une négociation globale avec les djihadistes/terroristes au moins au sein de l'AES ? La conférence d'entente nationale au Mali en 2017, le Dialogue National Inclusif en 2019, les Assises Nationales de la Refondation en 2021 et le Dialogue Inter-Maliens en 2024 avaient recommandé le dialogue avec les djihadistes/terroristes comme une des solutions de sortie de crise. Pourquoi ne pas l'essayer ? En plus, l'orientation militaire n'empêche pas de négocier avec les Djihadistes/terroristes. Depuis 2012, Dr Anasser Ag Rhissa avait proposé la négociation entre le Mali et les Djihadistes. En février 2020, après l'annonce d'IBK de vouloir négocier avec les Djihadistes, j'avais écrit pour le féliciter et rappeler mes propositions précurseurs publiées en 2011, 2012 et 2014, faites à la CEDEAO et au Mali. Le 04 septembre 2012, SEM le Président Malien, Dioncounda Traoré, m'avait écrit pour me féliciter et pour me demander de lui envoyer mes propositions, ce que j'avais fait. Depuis bien avant le dernier voyage de SEM Jean Yves le Drian au Mali, je disais que la NÉGOCIATION entre le Mali et TOUS les Djihadistes (pas seulement le GSIM car les autres vont perturber la négociation : les affrontements récurrents entre GSIM et EIGS constituent des Préludes à cette perturbation) SERA JUDICIEUSE. Je disais que Barkhane profitera de la durée de la trêve (à négocier) pour se retirer graduellement du Sahel. NÉGOCIATION GLOBALE Pour une NÉGOCIATION GLOBALE avec TOUS les Djihadistes AU MALI et au SAHEL. Cette négociation GLOBALE doit se faire sous l'égide de l'ONU, de l'UA, de la CEDEAO et des pays de l'AES. Les partenaires sous certaines conditions pourront y prendre part. Paix, Dialogue et Négociations avec les Djihadistes et Terroristes au Mali Les Présidents IBK, Dioncounda Traoré et les leaders de la transition au Mali en 2020 étaient en phase avec Dr Anasser Ag Rhissa sur ses propositions précurseurs, pour une PAIX DURABLE, datant de 2011/2012/2014 Au Mali, concernant la paix, le dialogue et les négociations avec les Djibadistes/Terroristes, le Président Malien Ibrahim Boubacar Keïta, IBK, avait déclaré, le 10 février 2020, en marge de la 33 ième assemblée générale de l’union africaine, à RFI et France 24 que son Haut Représentant pour le centre du Mali, Dioncounda Traoré est en mission pour lui et qu’il a le devoir d’écouter tout le monde. Ce dernier avait déclaré avoir personnellement envoyé des émissaires, tel que Mahmoud Dicko, en direction d’Amadou Kouffa et Iyad Ag Ghali et qu’il est prêt à dialoguer avec tout le monde. Les leaders de la transition au Mali étaient sur la même longueur d’onde. Ainsi, IBK et Dioncounda Traoré et les leaders de la transition au Mali étaient en phase avec Dr Anasser Ag Rhissa sur ses propositions précurseurs, pour une PAIX DURABLE, datant de 2011/2012/2014 donc bien avant que Mahmoud Dicko n'ait été envoyé au Nord et au centre du Mali. Depuis 2014 et 2015, Dr Anasser Ag Rhisa avait proposé, à travers une lettre ouverte en ligne, un processus et un cadre pour négocier avec les djihadistes Maliens, repentis sincèrement ou souhaitant se repentir ou souhaitant une paix durable, avec la possibilité à l'époque de participer au DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion) sous certaines conditions. Souvent les terminologies Djihadistes et Terroristes se confondent à cause des impacts négatifs générés par les exactions des uns et des autres. Le Burkina Faso et le Niger ne semblent pas non plus réfractaires à la négociation avec les djihadistes/terroristes. Alors pourquoi se priver d'une telle négociation en s'entourant de toutes les sécurités possibles ? Dr Anasser Ag Rhissa Président de l'ONG Tilwat international Expert TIC, Gouvernance et Sécurité Email : [email protected] TEL 00227 81204817