Affaire Joliba TV News : Soutien unanime des acteurs médiatiques maliens
La convocation du directeur général de Joliba TV News et du journaliste Mohamed Attaher Halidou par la Haute Autorité de la Communication (HAC) du Mali continue de susciter des réactions dans le paysage médiatique malien. À l’origine de cette audition tenue le 14 novembre 2024, une plainte déposée par le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) du Burkina Faso concernant une émission diffusée le 10 novembre dernier. Une affaire qui met en lumière les tensions autour de la liberté d’expression dans la sous-région.
La Maison de la Presse du Mali a rapidement réagi à cette situation par un communiqué publié le 15 novembre 2024. « La Maison de la Presse déplore la démarche entreprise par le régulateur burkinabé », a déclaré son président, Bandiougou Danté. L'organisation s’interroge également sur la diffusion rapide de la correspondance burkinabè sur les réseaux sociaux, le jour même de sa rédaction.
L’association rappelle un précédent récent : une publication du journal burkinabè L’Observateur Paalga en octobre dernier, intitulée Armée malienne : Des généraux, comme s’il en pleuvait. Ce titre, jugé tendancieux, n’a donné lieu à aucune réaction officielle du CSC burkinabé. « Quelles dispositions le Conseil Supérieur de la Communication du Burkina Faso a-t-il prises après cette publication ? », s’interroge la Maison de la Presse.
Appels à l’apaisement et au respect des textes
L’Association Malienne des Télévisions Libres (AMATEL) a également publié une déclaration, soulignant l’importance de préserver la liberté d’expression, tout en appelant à l’apaisement. « L’AMATEL réitère sa confiance au collège de la HAC et exhorte l’ensemble de la presse malienne à un traitement patriotique de l’information, dans l’intérêt supérieur de la nation », peut-on lire dans leur communiqué.
De son côté, l’Union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM) a exprimé sa surprise face à cette convocation, la qualifiant d’atteinte à la souveraineté nationale. « La HAC ne doit recevoir d’instructions de la part d’aucun pays dans le but de punir l’un de nos concitoyens », a affirmé le président de l’UJRM, Boubacar Kanouté. L’organisation a dénoncé toute tentative de museler les voix discordantes de la presse malienne, soulignant qu’ « une presse monotone ne sert ni le Mali, ni la transition ».
Un soutien unanime à Joliba TV News
Dans leurs déclarations respectives, les trois organisations médiatiques ont exprimé un soutien sans réserve à Joliba TV News et à son journaliste Mohamed Attaher Halidou. Elles exhortent la HAC à privilégier des démarches pédagogiques dans le traitement de cette affaire et rappellent l’importance du respect des règles d’éthique et de déontologie dans le travail des médias.
Pour Bandiougou Danté, cette affaire met en lumière la nécessité de défendre la liberté de la presse, essentielle au droit des citoyens à l’information. « La Maison de la Presse rassure les médias de son engagement à défendre la liberté d’expression et de presse », a-t-il affirmé.
Madiassa Kaba Diakité