Mali : L’avis des populations diverge sur le texte relatif à l’ajout de taxes sur les recharges et les transactions de mobile money
Le gouvernement de la transition a annoncé, en Conseil des ministres le mercredi 5 février 2025, l'adoption de trois textes, relatifs à la taxe sur l'accès au réseau des télécommunications (payée par les opérateurs), à la taxe sur les boissons alcoolisées et, enfin, à la contribution sur les recharges et sur les transactions de mobile money. Parmi ces textes, c'est le dernier qui suscite le plus de débats au Mali. Afin d’informer et de sensibiliser la population, le Premier ministre et le ministre en charge de l’Économie et des Finances ont conjointement animé un point de presse le 10 février 2025 à la Primature.
Selon les explications recueillies, le gouvernement entend introduire une contribution spéciale de solidarité, consistant en un prélèvement spécifique sur la consommation des services de communications téléphoniques et les opérations de retrait d’argent via le mobile money. Concrètement, pour chaque recharge de 1 000 FCFA, le consommateur recevra 900 FCFA de crédit, soit une retenue de 10%.
Concernant les transactions de mobile money, le client paiera des frais de retrait de 200 FCFA pour un montant de 10 000 FCFA, contre 100 FCFA précédemment, ce qui correspond à une augmentation de 100%, soit 2% : 1% pour l’opérateur et 1% pour l’État.
Face à cette décision gouvernementale, le quotidien malien en ligne « Malijet.com » a recueilli l’avis de certains citoyens.
Selon un agent de transfert : cette décision serait très bénéfique pour eux, mais ils ignorent l’impact sur les clients vu la conjoncture. Pour lui, l’État devrait sonder l’avis des populations avant de prendre cette décision. De plus, son souhait est que le Mali avance et que les gens ne le prennent pas en mal.
Par contre, le boutiquier Amadi se pose d’entrée la question de savoir quand cette mesure sera appliquée. Sera-t-elle continuelle ?
Il s’est exprimé avec inquiétude en indiquant que si toutefois l’application de cette décision n’impacte pas sur leur bénéfice, il n’y voit pas de problème. Il aimerait que l’État applique doucement cette décision, mais pas à la hâte.
Pour sa part, la cliente Kadi a révélé que le jour où elle a appris cette nouvelle, elle était dans tous ses états, car elle avait mal compris le message. Elle exhorte les autorités à mener une bonne campagne de sensibilisation.
Mme Doumbia voit cette décision sous un autre angle. Elle s’oppose formellement à son application.
En conclusion, la population n’est pas suffisamment informée de cette décision. Le gouvernement doit mener une vraie campagne de communication et de sensibilisation sur ces nouveaux textes adoptés.
Fanta.Diop/Stagiaire/Malijet.com