samedi 18 avril 2026
Contact
Malijet

Badalabougou sur la Colline du Savoir : Un dépôt d’ordures, une image dégradante pour la capitale

Par Arc en Ciel 943 vues
Badalabougou sur la Colline du Savoir : Un dépôt d’ordures, une image dégradante pour la capitale

A Badalabougou, au cœur même de la capitale malienne, la « Colline du Savoir » qui abrite plusieurs facultés et instituts d’enseignement supérieur est le théâtre d’un scandale environnemental qui perdure : un immense dépôt d’ordures y brûle à ciel ouvert, dégageant des fumées toxiques et une odeur pestilentielle. Une situation insoutenable pour les étudiants et les riverains, qui en subissent les conséquences au quotidien.

Ce foyer permanent de pollution continue de grossir, en dépit des promesses faites par l’ancien Premier ministre Choguel Maiga d’interdire les dépôts d’ordures finaux dans cette zone emblématique du savoir.

De plusieurs points de Bamako, en particulier depuis les deux ponts, on aperçoit les colonnes de fumée noire s’élevant dans le ciel depuis la Colline du Savoir. Une vision qui ternit gravement l’image de la ville. Les plaintes des étudiants, des enseignants et des résidents se multiplient, mais les autorités semblent sourdes à leurs appels. Ni le ministère de l’Environnement ni celui de l’Enseignement supérieur ne semblent s’emparer de cette urgence.

Pourtant, l’assainissement de Bamako passe nécessairement par la gestion de ces sites de pollution chronique. La combustion des déchets libère des substances nocives qui exposent les populations à de graves risques sanitaires : maladies respiratoires, infections oculaires, allergies, et autres pathologies liées à la pollution atmosphérique.

L’inaction des acteurs clés, un impératif d’agir

Autrefois très active, l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) brille aujourd’hui par son absence. Il y a quelques années, des étudiants avaient organisé une action coup de poing en déversant des ordures dans la cour de la mairie de la Commune V, attirant l’attention des autorités. Mais les promesses d’assainissement qui avaient suivi sont restées lettre morte.

Les étudiants et les riverains lancent un appel pressant aux autorités nationales et locales pour une action immédiate. Il est temps d’éradiquer ce dépôt à ciel ouvert et de mettre en place une véritable politique de gestion des déchets dans cette zone universitaire. Une collecte régulière, un système de tri, un site de traitement adapté, voire un déplacement définitif du dépôt sont des mesures urgentes à envisager.

La Colline du Savoir, qui devrait incarner l’avenir, la recherche et l’espoir, ne peut continuer à être un symbole d’abandon et de pollution. D’autres dépôts comme celui de Lafiabougou « Kilimandjaro », de Niaréla ou de Médina Coura ont été dégagés grâce à une volonté politique forte et à des partenariats efficaces. Il est temps que l’État malien applique la même détermination à Badalabougou.

Mamadou Sidibé

Partager:

Commentaires (2)

Laisser un commentaire

S
Siriki il y a 1 an

Aboubacary Siriki l'a toujours dit : l'union fait la force !! Souvenez-vous du cas de notre compagnie aérienne multinationale, Air Afrique, créée en 1961 et disparue en 2002 (41 ans de vie). Chacun des 11 pays fondateurs détenait 6,54 % du capital ; c'étaient : le Cameroun ; la République Centrafricaine ; le Congo-Brazzaville ; la Côte d'Ivoire ; le Bénin ; le Gabon ; le Burkina ; la Mauritanie ; le Niger ; le Sénégal et le Tchad.  Notre compagnie aérienne multinationale se portait bien et avait dans sa flotte, les plus gros avions commerciaux dans le monde, à cette époque ; notamment, 1 quadri-réacteur Boeing 747 F et des McDonnell Douglas DC-10, un avion tri-réacteur long-courrier américain !!  Puis, le nombrilisme nègre a pris le dessus : le Cameroun (1971) et le Gabon (1976) ont décidé de quitter Air Afrique, pour aller créer leurs propres compagnies aériennes nationales ; comme certains veulent quitter la BCEAO, pour aller créer des monnaies de singe !! Ces 2 retraits et la mauvaise gestion qui a suivi, ont entraîné la mort d'Air Afrique !! Aujoudhui, après plusieurs compagnies aériennes nationales qui ont fait faillite, le Cameroun a une compagnie aérienne nationale dans le coma ; quant au Gabon, sa compagnie nationale a fait faillite en 2005 !! Même cas de figure au Sénégal, où les autorités peinent à mettre sur pied une compagnie aérienne viable !! Aujourd'hui, ce sont les compagnies aériennes européennes (Air France, Bruxelles Airlines...), qui ont récupéré le marché long courrier d'Air Afrique !! Seule, la compagnie aérienne nationale, Air Côte d'Ivoire semble pour le moment être viable et tirer son épingle du jeu ; elle compte même s'attaquer dans quelques mois, au marché long courrier (Paris, Londres, Rome, New York, Montréal, Rio de Janeiro...) !! Nous ne sommes pas condamnés à répéter les mêmes erreurs ; le cas Air Afrique devrait nous servir de leçon !! Merci.

Siriki il y a 1 an

Erreur d'aiguillage !! LOL !! Désolé ; mais, c'était un commentaire destiné à l'article intitulé AES : "Nous ne pouvons pas rester dans cette affaire de CFA" !! Merci.